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Genre : horreur, thriller (interdit aux - 12 ans)
Année : 2016

Durée : 1h38

Synopsis : Seth, trentenaire maladroit et inquiétant, tente de séduire Holly, une serveuse, mais échoue lamentablement. De plus en plus obsédé par la jeune fille, Seth kidnappe Holly et l’enferme dans une cage au refuge animalier où il travaille. 

La critique :

Le nom de Carles Torrens ne doit pas vous évoquer grand-chose et pour cause... Puisque le cinéaste ibérique a essentiellement oeuvré en tant qu'assistant-réalisateur. C'est ainsi qu'il se distingue en collaborant avec Brian Yuzna pendant le tournage de Beyond Re-Animator (2003). En 2011, Carles Torrens signe son tout premier long-métrage, Apartment 143, qui s'illustre par l'intermédiaire de la vidéo, sans néanmoins laisser un souvenir indélébile. Avec Pet, sorti en 2016, le metteur en scène espagnol confirme cet engouement pour le thriller, le torture porn et le genre horrifique.
Est-il réellement nécessaire de rappeler que le torture porn a connu ses lettres de noblesse avec Saw (James Wan, 2004) et Hostel (Eli Roth, 2006) avant de s'enliser dans des productions absconses et amphigouriques par la suite ?

En l'occurrence, Pet est une production américano-espagnole qui n'a pas vraiment pour vocation de marcher dans le sillage des films réalisés par James Wan et Eli Roth. Toutefois, cette nouvelle pellicule horrifique a de grandes ambitions. Avec Pet, Carles Torrens a bien l'intention de renouveler un genre en désuétude. A ce sujet, on ne compte même plus toutes ces séries B dispendieuses qui pullulent dans le rayon des DTV (direct-to-video). Par ailleurs, Pet a connu plus ou moins le même sort puisque le long-métrage n'a pas bénéficié d'une sortie dans les salles obscures, tout du moins en France.
Reste à savoir si le film remplit ou non son office et que ce Pet, délivré par Carles Torrens, ne soit pas une de ces nombreuses flatulences un peu foireuses qui sortent ponctuellement en dvd et en Blu-ray.

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Réponse dans les lignes à venir... La distribution du film réunit Ksenia Solo, Dominic Monaghan, Jennette McCurdy, Nathan Parsons et Da'Vone McDonald. Attention, SPOILERS ! Seth, trentenaire maladroit et inquiétant, tente de séduire Holly, une serveuse, mais échoue lamentablement. De plus en plus obsédé par la jeune fille, Seth kidnappe Holly et l’enferme dans une cage au refuge animalier où il travaille. Au regard de ce synopsis, il n'est pas surprenant que Pet se soit illustré dans les divers festivals où il a été présenté. En l'état, le film risque, malencontreusement, de rester dans les affres des oubliettes.
Non pas qu'il soit foncièrement médiocre ni honteux, mais le long-métrage oscille entre différents registres : le thriller psychologique, le torture porn et le huis-clos anxiogène.

Visiblement, le film n'a pas spécialement marqué les persistances rétiniennes aux Etats-Unis. Lors de ses premiers jours d'exploitation en salles, Pet ameute à peine trois cents personnes qui ressortent dépitées de la séance, avec cette étrange impression d'avoir assisté à une série B quelconque et inoffensive. C'est par ailleurs l'étrange impression qui se dégage lors du générique final, cette incapacité à nous surprendre malgré des ficelles plus ou moins bien exploitées.
Ainsi, dans sa première partie, le script de Pet est de facture conventionnelle, s'échinant à suivre le quotidien fastidieux et anomique de Seth (Dominic Monaghan), un trentenaire qui s'éprend de la belle Holly (Ksenia Solo). L'homme séquestre la jeune femme et le huis clos se transmute prestement en romance amoureuse.

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"Accepter qui tu es vraiment" déclame la prisonnière à son bourreau. On croit alors ingénument à une nouvelle variation du Syndrome de Stockholm, mais Carles Torrens élude de se glisser sur ce chemin escarpé. Le metteur en scène ibérique multiplie les révélations nébuleuses. Le psychopathe n'est pas forcément celui que l'on croit. S'ensuit alors un étonnant jeu du chat et de la souris, en sachant que cette dialectique tend à s'intervertir, au grand dam de Seth.
C'est en effet la grande révélation de Pet. Holly n'est pas la jeune femme timide et pudibonde qu'elle laisse transparaître. Pis, la mijaurée souffre de schizophrénie latente et massacre de nombreuses victimes lors de ses escapades nocturnes. Contre toute attente, Seth vient de kidnapper le pendant féminin d'Hannibal Lecter, l'anthropophagie et le magnétisme animal en moins.

Un bel oxymore surtout pour un film s'intitulant Pet, soit "animal" en français. Le long-métrage ne mise donc pas vraiment - du tout - sur ce sentiment d'oppressement, mais plutôt sur la relation alambiquée et ambiguë qui se noue entre les deux protagonistes. Hélas, Carles Torrens ne parvient jamais à transcender un scénario famélique. Même la conclusion finale, par ailleurs déroutante, vient semer le trouble et confirme toute la fastidiosité de cette vaine entreprise. 
A cela, s'ajoutent de nombreuses ellipses et incohérences. Par exemple, on se demande comment cette jeune femme turpide et fallacieuse, décrite comme une génie du mal, a pu se laisser appâter aussi aisément par un vulgaire quidam. De surcroît, l'interprétation est en demi-teinte, à l'image d'un Dominic Monaghan un peu trop pusillanime, pour réellement susciter l'enthousiasme. 
Seule Ksenia Solo et son joli minois relèvent un tantinet le niveau. Bref, un Pet pas vraiment foireux mais qui ne marquera pas non plus la sphère du cinéma, et encore moins le genre horrifique. 

Note : 08/20

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