gutterballs

 

Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 18 ans)
Année : 2008

Durée : 1h31

Synopsis : Un viol particulièrement sadique ouvre la voie à une série de meurtres sanglants lors d'une soirée bowling entre deux équipes concurrentes. Un par un, tous les joueurs vont être massacrés par un étrange tueur masqué, armé entre autres de quilles de bowling un peu spéciales... Sexualité dépravée, têtes arrachées, membres écrasés, corps mutilés : le meurtrier ne s'arrêtera qu'une fois les dix têtes tombées. Strike ! 

La critique :

Le nom de Ryan Nicholson est bien connu des amateurs du cinéma trash et extrême. La carrière cinématographique du réalisateur indépendant débute en 2004 avec le bien nommé Torched. Viennent également s'ajouter Necrophagia (2006), Live Feed (2006), Famine (2012) et Collar (2014). Toutefois, c'est avec Gutterballs, sorti en 2008, que Ryan Nicholson va écrire ses lettres de noblesse dans le cinéma gore. A tel point qu'une suite, donc Gutterballs 2 : Balls Deep, vient de débarquer en France en cette année 2017. Mais aujourd'hui, c'est le cas du premier chapitre qui nous intéresse !
Reste à savoir pourquoi Gutterballs s'est adjugé le titre de film culte au fil des années. Réponse dans les lignes à venir... Ensuite, le long-métrage de Ryan Nicholson mérite-t-il un tel dithyrambe ?

Toujours la même antienne... La présente chronique va tenter de décortiquer Gutterballs à travers ses références pléthoriques. Inutile de mentionner le casting à moins que vous connaissiez les noms de Nathan Witte, Alastair Gamble, Jeremy Beland, Mihola Terzic et Saraphina Bardeaux, mais j'en doute... Mais en fait, c'est quoi le speech de Gutterballs ? En vérité, le film de Ryan Nicholson ne brille pas vraiment par ses complexités scénaristiques.
Inutile ici de rechercher le moindre discours ou idéologie politique. Ryan Nicholson n'en a cure et cherche avant tout à signer une pellicule gore qui délivre à la fois la barbaque et la tripaille. Mission réussie en l'occurrence. Mais place au synopsis du film ! Un viol particulièrement sadique ouvre la voie à une série de meurtres sanglants lors d'une soirée bowling entre deux équipes concurrentes.

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Un par un, tous les joueurs vont être massacrés par un étrange tueur masqué, armé entre autres de quilles de bowling un peu spéciales... Sexualité dépravée, têtes arrachées, membres écrasés, corps mutilés : le meurtrier ne s'arrêtera qu'une fois les dix têtes tombées. Strike ! A notre connaissance, Gutterballs est le premier film d'horreur à se dérouler dans une salle de bowling. Sur la forme, le film de Ryan Nicholson s'apparente à un quasi huis clos horrifique puisque les divers protagonistes ne ressortiront jamais du Xcalibur, un endroit plutôt glauque et inconvenant où se retrouvent deux bandes rivales d'étudiants libidineux. Mais nos joyeux lurons ne sont pas seulement là pour ripailler, festoyer et badiner. En effet, dès l'introduction, Ryan Nicholson a le mérite de présenter les inimitiés.
Un travesti au physique ingrat et ventripotent est assailli par de jeunes délinquants et échappe de peu à leurs jeux sadomasochistes.

Ce sera pour la séquence suivante. Cette fois, c'est une jeune femme au corps aguichant et à la tenue dépoitraillée qui doit subir les lubricités d'une bande de sauvageons. Ce viol, qui se transforme rapidement en supplice et en diverses ignominies, constitue la séquence majeure de Gutterballs. Alors qu'elle agonit sur la table des tristes réjouissances, la jeune femme s'évanouit lorsque l'un des tortionnaires la pénètre avec une quille de bowling ! Paradoxalement, la tonalité de Gutterballs, plutôt pittoresque par ailleurs, rompt littéralement avec cette saynète outrageante, et n'est pas sans rappeler le martyr d'Alex (Monicca Bellucci) dans Irréversible (Gaspar Noé, 2002).
Toutefois, la comparaison avec le film traumatique de Gaspar Noé s'arrête bien là. De surcroît, Gutterballs n'a pas de telles prétentions scénaristiques.

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En vérité, Gutterballs s'apparente davantage à un hommage appuyé à tous ces slashers et pellicules gore qui ont pullulé entre le milieu des années 1970 et le début des années 1980. Par certaines accointances et notamment cette férocité brute de décoffrage, on pense au tout premier Vendredi 13. A l'instar de la franchise amorcée par Sean S. Cunningham, Gutterballs possède lui aussi son propre croquemitaine. A la seule différence que le sociopathe ne se tapit pas derrière un masque de hockey, mais derrière une tenue aux couleurs éparses et bigarrées.
De prime abord, ce tueur énigmatique ne suscite pas spécialement l'effroi ni les cris d'orfraie, mais davantage la curiosité. Mais gare à ne pas effaroucher le criminel sous peine de subir sa vindicte et ses furibonderies !

Sur ce dernier point, le film fait preuve d'une grande inventivité et ingéniosité, notamment lors de ses saynètes outrageantes. Le mystérieux assassin s'en prend à un couple en plein ébat sexuel et en particulier, en plein "69". La victime au sexe turgescent meurt étouffée dans la cavité rectale de sa partenaire pendant que cette dernière exhale son dernier soupir en pleine séance d'excitation buccale. Clairement, Ryan Nicholson ne manque pas d'imagination et propose un spectacle morbide qui ne se refuse aucune excentricité. Les amateurs de prothèses arrachées dans tous les sens et de séquences sanguinolentes en auront pour leur frais ! 
Indubitablement, Ryan Nicholson fait preuve de mansuétude et délivre largement la barbaque et la marchandise !  

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Mais Gutterballs, ce n'est pas seulement un hommage ou un cri d'amour à tous ces slashers des années 1980. Le long-métrage est un savant mélange entre l'horreur débridée et le rape and revenge. Nanti d'un budget impécunieux, Gutterballs doit composer avec des moyens drastiques. Cependant, un gros travail a été effectué au niveau des maquillages et des effets spéciaux. Hélas, le long-métrage de Ryan Nicholson n'est pas exempt de tout reproche.
En l'état, son statut de film culte est légèrement - et même outrageusement - exagéré. Force est de constater que cette production anémique ne possède aucun scénario digne de nom. Ensuite, les dialogues abscons se résument à toute une série de gauloiseries et de grivoiseries entre les divers protagonistes. En outre, ces derniers passent leur temps à s'injurier et à s'invectiver. 

De surcroît, la mise en scène et le montage sont loin d'être irréprochables. La qualité de l'image et le choix des couleurs, affreuses par ailleurs, sont assez préjudiciables au film lui-même. En vérité, Gutterballs s'apparente essentiellement à un long-métrage quasi amateur et bricolé de toute pièce par un passionné du genre. Nul doute que Ryan Nicholson est un grand amoureux du cinéma trash. En ce sens, Gutterballs constitue un vibrant hommage à Maniac (William Lustig, 1980), Day of the Woman (Meir Zarchi, 1978), ainsi qu'à d'autres pellicules azimutées.
Malencontreusement, Ryan Nicholson ne possède pas l'érudition d'un John Carpenter ni d'un William Lustig pour transcender réellement son récit. Un avis en demi-teinte, donc. Ma note finale pourra paraître, aux yeux de certain(e)s, particulièrement clémente.

Note : 10/20

sparklehorse2 Alice In Oliver