jour d'après 2004

 

Genre : action, catastrophe 
Année : 2004

Durée : 2 heures

Synopsis : Le climatologue Jack Hall avait prédit l'arrivée d'un autre âge de glace, mais n'avait jamais pensé que cela se produirait de son vivant. Un changement climatique imprévu et violent à l'échelle mondiale entraîne à travers toute la planète de gigantesques ravages : inondations, grêle, tornades et températures d'une magnitude inédite. Jack a peu de temps pour convaincre le Président des Etats-Unis d'évacuer le pays pour sauver des millions de personnes en danger, dont son fils Sam. A New York où la température est inférieure à - 20° C, Jack entreprend une périlleuse course contre la montre pour sauver son fils. 

La critique :

On ne présente plus Roland Emmerich, désormais considéré comme le parangon du cinéma popcorn hollywoodien, ce qui n'est pas forcément un gage de qualité, loin de là. Autant adulé que vitupéré, le cinéaste a connu la consécration avec Universal Soldier (1992) et Stargate, la porte des étoiles (1994), avant de se fourvoyer dans d'autres productions aussi fastidieuses que dispendieuses. Au hasard, comment ne pas évoquer les cas pathologiques d'Independence Day (1996), le remake de Godzilla en 1998, 2012 (2009) et dernièrement Independence Day : Resurgence (2016) ?
Vient également s'ajouter Le Jour d'Après, sorti en 2004, qui marque l'engouement du réalisateur pour la fin du monde et des temps plus eschatologiques. Attention à ne pas confondre Le Jour d'Après avec le film homonyme de 1983 et réalisé par les soins de Nicholas Meyer, qui portait lui aussi sur la fin de notre société contemporaine !

Seule différence et pas des moindres, The Day After s'ingéniait à décortiquer une fin du monde via la bombe nucléaire, affectant entre autres le territoire américain. 
Avec Le Jour d'Après, Roland Emmerich affirme son engagement pour la cause écologique, thématique sur laquelle nous reviendrons ultérieurement. Surtout, le cinéaste allemand corrobore cette fascination pour le cinéma catastrophe et spectaculaire, un genre qui a connu son apogée durant les années 1970 avec plusieurs films notoires, notamment Tremblement de Terre (Mark Robson, 1974), L'Aventure du Poséidon (Irwin Allen et Ronald Neame, 1972), ou encore La Tour Infernale (Irwin Allen et John Guillermin, 1974).
A l'origine, Le Jour d'Après est l'adaptation libre d'un opuscule, Le Grand Dérèglement du Climat, publié en 1999. Le livre originel marque surtout la quintessence de cette obsession pour la cause écologique et ses impondérables, opposant deux grandes formes d'intelligentsia : les climatologues farouchement engagés pour préserver notre planète transformée en poubelle et les climatosceptiques qui voient dans cette cause une nouvelle forme de capitalisme, celui qui doit culpabiliser les pays industriels pour leur hédonisme et leur consumérisme ad nauseam.

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Que soit. La cause soutenue par Roland Emmerich sera bel et bien entendue par les spectateurs qui se précipitent dans les salles obscures. Le Jour d'Après se solde logiquement par un plébiscite commercial. En revanche, les critiques se montrent beaucoup plus pondérées, fustigeant à juste titre un long-métrage acquis à la cause et à la politique défendues par Al Gore au début des années 2000. La distribution du film réunit Dennis Quaid, Jake Gyllenhaal, Ian Holm, Emmy Rossum, Sela Ward, Dash Mihok, Jay O. Sanders, Austin Nichols, Arjay Smith et Perry King.
Attention, SPOILERS ! Le climatologue Jack Hall avait prédit l'arrivée d'un autre âge de glace, mais n'avait jamais pensé que cela se produirait de son vivant. Un changement climatique imprévu et violent à l'échelle mondiale entraîne à travers toute la planète de gigantesques ravages : inondations, grêle, tornades et températures d'une magnitude inédite.

Jack a peu de temps pour convaincre le Président des Etats-Unis d'évacuer le pays pour sauver des millions de personnes en danger, dont son fils Sam. A New York où la température est inférieure à - 20° C, Jack entreprend une périlleuse course contre la montre pour sauver son fils. Premier constat, Le Jour d'Après n'est pas vraiment un film sur la fin du monde, mais plutôt sur la fin d'un monde, celui régenté justement par le monde Occidental (les Etats-Unis principalement et ses fidèles prosélytes) au profit d'un Tiers-Monde agonisant et réclamant à son tour sa période des Trente Glorieuses.
Malicieux, Roland Emmerich émet une telle hypothèse sans néanmoins se soucier des changements politiques, économiques, financiers et idéologiques qui en découlent. Le metteur en scène semble davantage s'interroger sur les principaux bouleversements climatiques qui nous menacent.

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Attention, ces profondes mutations ne vont pas s'opérer sur plusieurs siècles ni sur plusieurs millénaires, mais seulement en l'espace de quelques semaines, changeant à tout jamais la cartographie de notre monde ! Evidemment, une telle rhétorique ne manquera pas de faire sourire béatement les géologues et les climatologues les plus érudits. Mais Roland Emmerich n'en a cure, s'échinant à analyser un monde capitaliste en déliquescence, pour décrire une nouvelle forme de crise.
Celle-ci, à défaut d'être économique et financière, sera glaciaire, plongeant les citoyens américains et en particulier la ville de New-York à moins de 65 degrés Celsius, au grand dam d'un Dennis Quaid à la recherche de son fiston indocile. Pour les besoins du film et ses longues homélies emphatiques, Perry King se voit affublé des oripeaux du Président Américain version Al Gore.

Hélas, Roland Emmerich n'est pas un extralucide, loin de là. Al Gore ne remportera pas la présidence des Etats-Unis et devra céder sa place à George W. Bush Jr. L'ère glaciaire sera donc supplantée par la guerre en Irak et contre le terrorisme. Rarement, un blockbuster n'aura autant ressemblé à une série B lucrative. Dénué de toute tension politique et idéologique, Le Jour d'Après se révèle rapidement obsolète, la faute à des personnages sans relief (c'est le cas de le dire).
Difficile, par exemple, de s'extasier devant ce long périple forcené d'un Dennis Quaid sous la neige et un froid digne des pires glaciations de Sibérie. 
Son fils ? Lui aussi devra défier des loups affamés et en images de synthèse sous le regard hébété de sa fiancée. Une nouvelle séquence qui finira de parachever un film catastrophe de facture conventionnelle. Toutes ces intrigues parallèles ne parviennent pas à faire oublier la vacuité et l'inanité de cette production anomique.
Comme quoi, de bonnes intentions n'ont jamais garanti un bon film, la preuve ! Pas nul, pas forcément le pire cru de Roland Emmerich, mais ô combien dispensable, voire chimérique...

Note : 09/20

sparklehorse2 Alice In Oliver