rogue a star wars story

Genre : science-fiction
Année : 2016

Durée : 2h14

Synopsis : Situé entre les épisodes III et IV de la saga Star Wars, le film nous entraîne aux côtés d’individus ordinaires qui, pour rester fidèles à leurs valeurs, vont tenter l’impossible au péril de leur vie. Ils n’avaient pas prévu de devenir des héros, mais dans une époque de plus en plus sombre, ils vont devoir dérober les plans de l’Étoile de la Mort, l’arme de destruction ultime de l’Empire. 

La critique :

Tout commence en 2012. La société de production Walt Disney souhaite s'accaparer la saga Star Wars créée, produite, réalisée et scénarisée par les soins de George Lucas. Depuis 1977 et la sortie de Star Wars Episode 4 : Un Nouvel Espoir, la franchise est devenue, au fil des décennies, un phénomène mondial, se transmutant peu à peu en produits dérivés. Pour la modique somme (sic) de plus de quatre milliards de dollars, Walt Disney rachète Lucasfilms et annonce, d'ores et déjà, la mise en chantier de trois nouveaux épisodes sous un nouvel intitulé, "A Star Wars Story".
Les fans de la saga jubilent et de nombreuses galéjades annoncent un premier épisode qui se polariserait sur les aventures de Han Solo, de Yoda et de Boba Fett. Pour la réalisation de ce chapitre alternatif, le nom de Gareth Edwards est rapidement confirmé.

Le cinéaste et scénariste britannique s'est illustré avec Monsters en 2010 avant de se fourvoyer dans le remake fastidieux et mercantile, avec Godzilla (2014), une production dispendieuse et hollywoodienne. Le metteur en scène n'a pas vraiment suscité l'enthousiasme sur ce second remake américain du célèbre film d'Ishiro Honda. Les adulateurs de Star Wars trépignent néanmoins d'impatience. A quoi va bien pouvoir ressembler Rogue One : A Star Wars Story, sorti en décembre 2016 ?
Le scénario de cet épisode alternatif se situera donc entre l'épisode III et IV, soit avant la rencontre entre Obi-Wan Kenobi et Luke Skywalker, mais après la transformation d'Anakin Skywalker en Dark Vador, un jedi qui a sombré dans le côté obscur de la Force. Dès la sortie de Rogue One, deux nouveaux opus sont déjà annoncés pour 2018 et 2020.

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Parallèlement, les chapitres VIII et IX sortiront eux aussi dans la foulée. A juste titre, certains fans se montrent suspicieux et dubitatifs. Quel peut être l'intérêt de cet épisode dérivé, si ce n'est de poursuivre cette opération lucrative et marketing ? Non seulement, Rogue One : A Star Wars Story se solde par un succès colossal lors sa sortie en salles, mais le film est unanimement salué par les critiques et la presse cinéma. Mieux, certains thuriféraires de la franchise affectionnent davantage ce volet alternatif au dernier chapitre en date, Star Wars Episode 7 : Le Réveil de la Force (J.J. Abrams, 2015).
La distribution de Rogue One réunit Felicity Jones, Diego Luna, Donnie Yen, Ben Mendelsohn, Jiang Wen, Forest Whitaker et Mads Mikkelsen. Fidèle à la saga, l'acteur James Earl Jones prête toujours sa voix rauque et comminatoire au personnage de Dark Vador.

Grâce aux techniques modernes, entre autres la performance capture, Peter Cushing, pourtant décédé en 1994, apparaît également dans le film. Attention, SPOILERS ! Situé entre les épisodes III et IV de la saga Star Wars, Rogue One nous entraîne aux côtés d’individus ordinaires qui, pour rester fidèles à leurs valeurs, vont tenter l’impossible au péril de leur vie. Ils n’avaient pas prévu de devenir des héros, mais dans une époque de plus en plus sombre, ils vont devoir dérober les plans de l’Étoile de la Mort, l’arme de destruction ultime de l’Empire.
On pouvait légitimement s'interroger sur les véritables intentions de Walt Disney et donc sur la nécessité de cet épisode dérivé. D'autant plus que les chevaliers Jedi sont les grands absents de Rogue One, de quoi désarçonner les adulateurs de la première heure !

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Et pourtant... Gareth Edwards réussit à conter une histoire crédible et d'une étonnante sagacité. Gareth Edwards parvient à se démarquer de ses augustes prédécesseurs. Une gageure que le cinéaste réussit à tenir, là où George Lucas a échoué par le passé avec les épisodes I, II et III. Même J.J. Abrams avait laissé une impression mitigée lors du générique final de Le Réveil de la Force. La saga était-elle en mesure de renaître de ses cendres et retrouver cette fougue de jadis, celle des chapitres IV, V et VI ? Contre toute attente, c'est Gareth Edwards qui délivre la meilleure des réponses avec Rogue One.
Le temps de deux heures et 15 minutes de bobine, le cinéaste retrouve cette fulgurance et cette tonitruance de naguère. La genèse primordiale de Star Wars se nourrit de cette impuissance de personnages à la merci de leur propre destinée.

Ainsi, dans Un Nouvel Espoir, la princesse Leïa assiste béate à la destruction de sa planète d'origine. 
Luke Skywalker doit accepter de marcher dans le sillage et le continuum de son patriarche. Rogue One s'appuie lui aussi sur cette même didactique. Ainsi, nous découvrons une nouvelle héroïne, Jyn Erso qui doit, bon gré mal gré, dérober les plans de l'Etoile de la mort, une arme de destruction massive, capable d'anéantir plusieurs planètes, et donc de menacer la paix intergalactique.
A l'inverse de Luke Skywalker, la jeune femme intrépide n'est pas un chevalier Jedi. 
Ses compagnons d'infortune non plus. Toutefois, pour réussir leur mission et déjouer les roueries de l'Empire, Jyn Erso et ses acolytes devront recourir à la Force et comprendre son essence, pour parvenir à contrecarrer les vils desseins d'un système despotique. 

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Jamais, l'Empire ne s'est autant apparenté à une allégorie du régime nazi, avec ses exécutions sommaires, ses soldats dociles et autocratiques, qui massacrent les populations et les Résistants sur diverses planètes. La longue introduction de Rogue One nous propose donc un périple à travers l'univers. Ainsi, le spectateur est convié à visiter plusieurs systèmes solaires. C'est peut-être le seul défaut de Rogue One. Durant sa première demi-heure, le film tergiverse et nous balade à travers les nombreuses anfractuosités de l'univers. D'ailleurs, Gareth Edwards lui-même confiera que le scénario sera modifié, raturé et rectifié à moult reprises. Ce qui se ressent parfois dans la première partie du film.
On pourra aussi tonner et clabauder après les maigres apparitions de Dark Vador, plus hiératique que jamais. Mais ne soyons pas trop sévères. Rogue One remplit largement son office, sans néanmoins retrouver la frénésie d'Un Nouvel Espoir et de Le Retour du Jedi. Cependant, cet épisode alternatif n'a pas à rougir de la comparaison avec les meilleurs moments de la franchise. Par instants, Rogue One retrouve cette ingénuité et cette flamboyance de jadis.

Note : 14.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver