all night long 3

Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 18 ans)
Année : 1996

Durée : 1h25

Synopsis : (1) Un étudiant du secondaire développe une obsession malsaine pour sa voisine. Très vite il se met à fouiller dans ses ordures à la recherche d’informations sur ses habitudes de vie, son intimité et ses mensurations. Épaulé par un adulte qui s’autoproclame "chasseur de poussière", le garçon s’enfonce dans son obsession, déterminé à tout connaître de sa voisine. Il collectionne ses vieilles serviettes sanitaires, pouvant ainsi établir son cycle menstruel, en plus de ses restes de nourriture et ses articles de salle de bain jetés au fil des jours. Ce n’est que la pointe de l’iceberg puisque le garçon, déjà fragile psychologiquement, perdra complètement la boule et sombrera dans un jeu de torture et d’humiliation. (1)

La critique :

Le nom de Katsuya Matsumura n'est certes pas très populaire dans nos contrées occidentales. Pourtant, son nom reste encore imprimé au Japon. Et pour cause... Le nom du cinéaste nippon reste intrinsèquement relié à l'affaire de Junko Furuta, un crime sordide, barbare et abominable que nous avons évoqué à maintes reprises sur le blog, et encore récemment dans la chronique de All Night Long 2 - Atrocity, par ailleurs réalisé par Katsuya Matsumura en 1995.
Toutefois, la nocuité d'un tel acte de sauvagerie nécessite, à notre avis, un rapide récapitulatif. 
Junko Furuta, une lycéenne âgée de 16 ans, est kidnappée par trois individus, des étudiants transformés en yakuzas. La jeune éphèbe sera séquestrée, humiliée, violée, torturée et rudoyée durant un long supplice qui va s'étaler sur 44 jours de diverses impudicités. 

Alors que Junko Furuta agonise, la jeune femme exhale son dernier soupir sous le regard hébété de ses tortionnaires. Sa dépouille est alors immergée dans un bidon rempli de ciment. Le container morbide est laissé à l'abandon quelque part dans la ville de Tokyo. Ce fait divers sordide suscite à la fois l'incompréhension et une certaine fascination morbide. Comment ces trois jouvenceaux sociopathiques ont-ils pu se fourvoyer dans de telles lubricités sans éprouver, à aucun moment, une once de remord ou d'humanisme ? Evidemment, une telle affaire va largement inspirer le Septième Art et en particulier le cinéma gore, trash et extrême.
Déjà en 1992, à travers All Night Long, un film de la catégorie III, Katsuya Matsumura signe une allégorie sur une jeunesse nippone en décrépitude.

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Toutefois, le réalisateur est prié d'euphémiser ses ardeurs sanguinolentes. Contre toute attente, la réputation sulfureuse du premier All Night Long est totalement usurpée. Qu'à cela ne tienne. Bilieux, Katsuya Matsumura réplique de manière âpre et brutale avec All Night Long 2 - Atrocity et Concrete-Encased High School Girl Murder Case la même année, soit en 1995. Les deux films érubescents sont nimbés par le spectre ensanglanté de Junko Furuta et véhiculent doctement le même message, celle d'éphèbes japonais qui s'adonnent aux pires lubricités sur des victimes frêles et impuissantes.
La filmographie de Katsuya Matsumura se résume donc à une analyse sociologique et documentée d'une jeunesse asiatique qui s'est confinée dans la violence. Une analyse corroborée par ses films suivants, notamment Ki-re-i? (2004) et Dark Love: Rape (2008).

Parallèlement, le metteur en scène transmute All Night Long en une hexalogie rutilante. Aujourd'hui, c'est le cas de All Night Long 3 : The Final Chapter qui fait l'objet d'une chronique dans nos colonnes. A priori, ce troisième volet doit conclure la franchise en apothéose. Pourtant, par la suite, Katsuya Matsumura poursuivra les animosités avec All Night Long R (2002), All Night Long: Initial O (2003) et All Night Long: Anyone Would Have Done (2009).
Le concept ? Toujours la même ritournelle. Un ou plusieurs étudiants, transformés en yakuzas, kidnappent au hasard une jeune femme qu'ils rudoient, torturent, briment, violent et supplicient. 
Hélas, All Night Long 3 n'échappe pas à cette dialectique morbide. Attention, SPOILERS ! Un étudiant du secondaire développe une obsession malsaine pour sa voisine.

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Très vite il se met à fouiller dans ses ordures à la recherche d’informations sur ses habitudes de vie, son intimité et ses mensurations. Épaulé par un adulte qui s’autoproclame "chasseur de poussière", le garçon s’enfonce dans son obsession, déterminé à tout connaître de sa voisine. Il collectionne ses vieilles serviettes sanitaires, pouvant ainsi établir son cycle menstruel, en plus de ses restes de nourriture et ses articles de salle de bain jetés au fil des jours.
Ce n’est que la pointe de l’iceberg puisque le garçon, déjà fragile psychologiquement, perdra complètement la boule et sombrera dans un jeu de torture et d’humiliation
. Certes, ceux qui ont vu les deux précédents chapitres ne seront pas surpris par les directions spinescentes de All Night Long 3.

Le scénario reste invariablement identique, à la seule différence que l'histoire se centre sur un étudiant à priori sans histoire, une sorte de vulgaire quidam binoclard qui affectionne néanmoins le voyeurisme. Non content d'épier ses voisines, le jeune homme fouille également leurs poubelles et collectionne leurs poils pubiens. Puis, peu à peu, ce rituel crasseux et ordurier se transmute en une folie inextinguible. L'étudiant, par ailleurs anonyme, commet l'irréparable et capture une jeune femme qu'il transforme en l'objet de tous ses sévices. Au programme des tristes réjouissances : un sèche-cheveu introduit dans la cavité uro-génitale, des membres déchiquetés et savamment dispersés quelque part dans les rues de Tokyo. Clairement, All Night Long 3 n'a pas usurpé son interdiction aux moins de 18 ans.
Katsuya Matsumura n'hésite pas à verser dans la surenchère et la complaisance en multipliant les viols, les exactions et les ignominies. En revanche, la mise en scène s'est nettement améliorée. Même remarque concernant le jeu des comédiens, enfin à la hauteur des inimitiés. Il était temps ! Par exemple, Yuujin Kitagawa, le héros psychopathologique et central de ce troisième opus, campe un psychopathe terrifiant. Un troisième chapitre légèrement supérieur à son illustre épigone, donc ! Toutefois, et vous vous en doutez, le film est à réserver à un public particulièrement averti.

 

Note : 11.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film : http://horreur-web.com/allnightlong3.html