wolf creek

Genre : horreur, gore (interdit aux - 16 ans)
Année : 2005

Durée : 1h35

Synopsis : Trois jeunes randonneurs partent pour trois semaines de trekking dans le désert australien. Ils en profitent pour aller admirer Wolf Creek, un cratère causé par un météorite vieux de plusieurs milliers d'années. Cette nuit-là, ils retrouvent leur voiture en panne. Lorsqu'un autochtone leur propose de l'aide, ils se croient sauvés. Pourtant, le vrai cauchemar commence... 

La critique :

Toujours la même ritournelle. Les sorties quasi simultanées de Saw (James Wan, 2004) et de Hostel (Eli Roth, 2006) marquent une rupture rédhibitoire dans le cinéma gore et horrifique. Le premier film crée et invente un nouveau genre de sociopathe, celui qui s'ébaudit de ses victimes en les confrontant à leurs propres pulsions archaïques via des pièges habilement ratiocinés. Le second s'inspirerait de faits réels. Une didactique à minorer mais qui va devenir le nouvel apanage du torture porn.
Bientôt, Saw et Hostel inspirent et engendrent de nombreux épigones. Qu'ils se nomment Hoboken Hollow (Glen Stephens, 2006), See No Evil (Jen Soska, 2006), Broken (Simon Boyes, 2006), Captivity (Roland Joffé, 2007), ou encore Borderland (2008), tous marchent dans le sillage et le continuum des longs-métrages de James Wan et d'Eli Roth.

Vient également s'ajouter Wolf Creek, réalisé par Greg McLean en 2005. La carrière cinématographique du réalisateur australien démarre en 2001 avec le méconnu ICQ. Avec Wolf Creek, Greg McLean signe donc son deuxième long-métrage. Le film est présenté lors de la sélection de la Quinzaine des réalisateurs, section parallèle du Festival de Cannes en 2005. Parallèlement, le métrage concoure, en tant que premier film, à la Caméra d'or (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Wolf_Creek).
C'est ainsi que Wolf Creek se taille une solide réputation lors de sa présentation dans divers festivals, notamment celui de Sundance. Rapidement, le film acquiert une certaine notoriété et se démarque justement des tortures porn habituels. Pourtant, lui aussi se nimbe de la mention "inspiré d'un fait réel".

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En vérité, le scénario de Wolf Creek s'inspire du "rapt d'un couple de touristes, Peter Falconio et Joanne Lees, victimes d'un tueur qui avait proposé de dépanner leur véhicule, tombé en panne, alors qu'ils parcouraient le bush en touristes. Falconio a été abattu, tandis que Lees a réussi à s'échapper" (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Wolf_Creek). Le psychopathe se nomme Bradley John Murdoch, qui sera finalement arrêté par la police, puis condamné à une lourde peine de prison.
Wolf Creek premier du nom s'arroge rapidement le statut de film culte. Il sera suivi par un second chapitre, Wolf Creek 2 (Greg McLean, 2013), puis par une série télévisée éponyme (Greg McLean, 2016). En Australie, le film de Greg McLean est donc devenu un véritable phénomène.

De surcroît, le long-métrage connaît un certain succès à l'étranger. Même les critiques et la presse cinéma se montrent unanimement panégyriques. Reste à savoir si Wolf Creek mérite de tels dithyrambes. Réponse dans les lignes à venir... La distribution du film réunit John Jarratt, Nathan Phillips, Cassandra Magrath et Kestie Morassi. Attention, SPOILERS ! (1) Broome, Australie, 1999. Ben, un surfeur de Sydney, et deux jeunes anglaises, Liz et Kristy, se rendent en voiture dans le désert d'Australie pour admirer l'immense cratère Wolfe Creek, causé par une énorme météorite tombé plusieurs milliers d'années auparavant. Au moment de repartir, ils retrouvent leur voiture en panne.
La nuit tombée, ils voient arriver un homme d'un certain âge au volant d'une dépanneuse, qui leur offre de remorquer leur automobile jusque chez lui, afin de remplacer la pièce en mauvais état.

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Mais une fois sur place, les trois jeunes se retrouvent prisonniers par cette inquiétante personne, qui est en réalité un meurtrier psychopathe et sadique. Liz et Kristy parviennent à prendre la fuite, mais cet étrange individu se lance tout de suite à leur recherche... (1) Indubitablement, l'originalité de Wolf Creek ne se situe pas dans son scénario, mais plutôt dans sa mise en scène à la fois éthérée et comminatoire. Greg McLean opacifie cette ambiance mortifère et anxiogène via de nombreux paysages panoramiques. Ce qui explique probablement la lenteur et la morosité de la première partie.
Le cinéaste australien prend son temps pour planter le décor et ses différents protagonistes. Au moins, le metteur en scène a le mérite de sortir des poncifs et des stéréotypes habituels.

Ben, Liz et Kristie sont donc de jeunes touristes qui viennent se ressourcer dans les territoires désertiques de l'Australie. Greg McLean présente des contrées sauvages et aux antipodes de notre société consumériste. Après 45 longues minutes de présentation et d'atermoiements, le réalisateur lance enfin les inimitiés. Evidemment, la rencontre avec Mick Taylor marque un tournant fatidique. C'est la seconde partie de Wolf Creek, cette fois-ci beaucoup plus oppressante.
Contre toute attente, Mick Taylor n'est pas un nouvel avatar de Jigsaw mais une sorte de cul-terreux qui, derrière un sourire angélique et des rodomontades, cache un comportement obscène et vicieux. Dans son antre, le tortionnaire collectionne les cadavres de touristes qu'il s'amuse à supplicier et à disséquer.

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Ainsi, Greg McLean opte pour une horreur frontale à la lisière du thriller et du fantastique. Par certaines accointances, le scénario de Wolf Creek n'est pas sans rappeler celui de Hitcher (Robert Harmon, 1986). A l'instar de Rutger Hauer qui campait un psychopathe effrayant, Mick Taylor semble lui aussi débarquer de nulle part. Dans un premier temps affable et avenant, le sociopathe ne tarde pas à afficher ses véritables velléités, celui d'un chasseur, d'un prédateur et d'un transgresseur.
Certes, Kristie et ses amis tenteront bien de lutter. Une chimère. Rien ni personne ne semble effaroucher Mick Taylor, interprété par l'excellent John Jarratt, plus terrifiant que jamais. La solitude des paysages désertiques et la réalisation en mode stratosphérique renforcent cette impression de malaise, habilement disséminée tout au long de cette pellicule. Néanmoins, Wolf Creek n'est pas exempt de tout reproche. Si le long-métrage a le mérite de se démarquer des tortures porn habituels, il reste, en dépit des apparences, de facture classique et conventionnelle.
In fine, la première partie du film pourra décontenancer ou ennuyer les plus aguerris.

Note : 13/20

sparklehorse2 Alice In Oliver