the punisher 2004

Genre : action (interdit aux - 16 ans)
Année : 2004

Durée : 2h04

Synopsis : Ancien membre de la Delta Force, puis agent spécial au FBI, Frank Castle s'apprête à se retirer pour mener une existence paisible auprès de sa femme et de son jeune fils. Lors de son ultime mission, les choses tournent mal et le fils de Howard Saint, puissant businessman et magnat de la pègre, est tué. Ivre de vengeance, Saint organise le massacre de Frank et de toute sa famille. Mais ce dernier survit. Désormais, il n'a plus qu'un but : faire payer le coupable à hauteur de son crime. Il va mettre tous ses talents au service de sa mission la plus personnelle et la plus destructrice.

La critique :

Bis repetita. La sortie de X-Men, réalisé par Bryan Singer en 2000, relance l'engouement des producteurs et de la vulgate populaire pour les super-héros. Ainsi, les franchises Marvel et DC Comics nous affublent et nous assomment de toute une pléthore de super-héros vêtus de capes, d'armures ou de divers collants souvent extravagants. Batman connaît une étonnante métamorphose sous l'égide de Christopher Nolan avec Batman Begins (2005), The Dark Knight, le chevalier noir (2008) et The Dark Knight Rises (2012). Sam Raimi prodigue à son tour ses savoirs et ses lettres de noblesse à l'homme-araignée via sa trilogie Spider-Man. Captain America, Hulk, Iron Man, Thor, La Veuve Noire et Oeil de Faucon se coalisent le temps de combattre les forces extraterrestres et lucifériennes d'Avengers (Joss Whedon, 2012), puis d'Avengers : l'ère d'Ultron (Joss Whedon, 2015).

Mais l'univers Marvel ou DC Comics est un macrocosme aussi imaginatif qu'exhaustif qui se polarise parfois sur des justiciers totalement humains et qui n'appartiennent donc pas à cette catégorie de mutants ostracisés par la société. C'est par exemple le cas de Frank Castle, alias le Punisher. A l'origine, le film homonyme, réalisé par les soins de Jonathan Hensleigh en 2004, est l'adaptation d'une série de comics créée par Gerry Conway, Ross Andru et John Romita Sr.
Pour l'anecdote, The Punisher a déjà connu une première adaptation, sobrement intitulée Punisher (Mark Goldblatt (1989) et avec Dolph Lundgren, qui avait unanimement désappointé les adulateurs du matériel originel. Hélas, les fans seront à nouveau désarçonnés par cette seconde adaptation cinématographique, à son tour unanimement tancée et répudiée par les critiques et la presse cinéma.

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Même le site Nanarland a consacré une chronique dans ses colonnes. Au box-office, le long-métrage s'immiscera furtivement à la seconde place du box-office américain, puis réalisera des scores décevants par la suite, avant de s'enliser rapidement dans les affres des oubliettes. En France, le film réunit péniblement un peu plus de 150 000 spectateurs dans les salles. The Punisher version Jonathan Hensleigh est-il la déconvenue décriée par ses nombreux contempteurs ?
Réponse dans les lignes à venir... Le cas de Frank Castle n'est pas sans rappeler les vigilante movies qui ont pullulé entre le début des années 1970 (L'Inspecteur Harry en 1971 et Un Justicier dans la Ville en 1974) et le milieu des années 1980 (Exterminator - Le droit de tuer en 1980 et L'Ange de la Vengeance en 1981).

La distribution de The Punisher réunit Thomas Janes, John Travolta, Rebecca Romijn, Will Patton, Roy Scheider, Samantha Mathis, Eddie Jamison et Ben Foster. Plusieurs acteurs seront approchés pour interpréter le rôle de Frank Castle. Dans un premier temps, la producteur fait appel aux services et à l'érudition de Vin Diesel, mais Jonathan Heinsleigh préfère se diriger vers un acteur à la fois charismatique et plus émotionnel. Le cinéaste se tourne alors vers Thomas Jane, chargé de revêtir les oripeaux martiaux de ce justicier expéditif. Quant à Jonathan Heinsleigh, le réalisateur a surtout officié en tant que scénariste, participant à plusieurs oeuvres notables et notoires, entre autres Une Journée en Enfer (John McTiernan, 1995), Armageddon (Michael Bay, 1998), Le Saint (Phillip Noyce, 1997), ou encore Next (Lee Tamahori, 2007). Bref, hormis le troisième chapitre de la saga Die Hard, Jonathan Heinsleigh ne laissera pas dans le Septième Art une trace impérissable.

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Attention, SPOILERS ! Ancien membre de la Delta Force, puis agent spécial au FBI, Frank Castle s'apprête à se retirer pour mener une existence paisible auprès de sa femme et de son jeune fils. Lors de son ultime mission, les choses tournent mal et le fils de Howard Saint, puissant businessman et magnat de la pègre, est tué. Ivre de vengeance, Saint organise le massacre de Frank et de toute sa famille. Mais ce dernier survit. Désormais, il n'a plus qu'un but : faire payer le coupable à hauteur de son crime. Il va mettre tous ses talents au service de sa mission la plus personnelle et la plus destructrice.
En vérité, The Punisher se divise en plusieurs parties bien distinctes. La première se focalise sur les activités professionnelles de Frank Castle, un agent spécial du FBI qui, suite à une rixe, démantèle un trafic d'armes. Bien que grimé en blondinet et affublé d'un accent soviétique à coucher dehors, Frank Castle ne parvient pas à masquer son identité.

Howard Saint, un vil entrepreneur et banquier à ses heures perdues, a juré et crié haro sur la tête de Castle. Or, cette mission doit marquer la retraite définitive et méritée de l'agent pour le compte du FBI. Frank Castle aspire à des jours meilleurs et à des temps plus cléments avec sa femme et son fils. Alors qu'il sirote des cocktails avec sa famille à Acapulco, Castle est hélas retrouvé par les sbires d'Howard Saint. C'est la seconde partie du film. Certes, l'ancien militaire est rudoyé, molesté, criblé de balles, soufflé par une explosion puis noyé. Mais l'homme survit miraculeusement à ses blessures et est secouru par une sorte de rebouteux de passage. Ravagé par la perte de sa femme et de son enfant, Frank Castle peut enfin entreprendre sa terrible vengeance. C'est la troisième et dernière partie de The Punisher.
Voilà pour les velléités ! Sur la forme, le film de Jonathan Heinsleigh s'apparente à un énième vigilante movie, dans la pure tradition du genre. 

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Ainsi, The Punisher repose essentiellement sur la confrontation entre un Thomas Jane vindicatif et un John Travolta à la chevelure plus gominée que jamais. Hélas, cette étonnante capillarité ne parvient pas endiguer l'inanité et la vacuité de cette seconde adaptation des aventures de Frank Castle au cinéma. Ainsi, prière de fermer les esgourdes sur la cancrerie des dialogues ! En effet, difficile de ne pas pouffer devant un John Travolta endeuillé par le décès de son fils : "Vous savez que je l'ai habillé moi-même jusqu'à ses 13 ans ? Je lui attachais ses lacets, je le coiffais...".
Au grand dam du comédien, Thomas Jane ne fait pas beaucoup mieux. L'acteur campe donc un Frank Castle tourmenté, régulièrement aviné et pleurnichant sur la mort de sa femme et de son fils. A aucun moment, l'interprète ne parvient à insuffler la moindre once d'empathie et d'émotion à son personnage.

En soi, le scénario s'apparente à toute une série de conspirations savamment ourdies par Frank Castle. Le justicier se balade ainsi avec des bornes d'incendie factices, fait payer des contraventions cette fois-ci bien réelles à Howard Saint. Ce dernier croit ingénument aux roueries de son épouse infidèle et la précipite du haut d'un pont sous le regard hébété de Frank Castle. On croit fabuler... De surcroît, le film n'échappe pas aux poncifs et aux stéréotypes habituels. Quentin Glass, le meilleur ami d'Howard Saint, est décrit comme un sadique et donc comme un homosexuel refoulé !
Viennent également s'ajouter des Portoricains fumeurs de cigares, un bibendum cuisinier et chanteur d'opérette, un geek fan de jeux vidéos et une blondinette tarabustée par son ex-fiancée. Et comment ne pas citer cet histrion qui tente de fuir dans un voilier lors d'une fusillade ou encore ces mannequins en mousse projetés lors des nombreuses conflagrations du film ? Bref, je n'en finirais pas de citer des séquences complètement nazebroques de ce genre ! 

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Dès lors, inutile de préciser que les saynètes d'action sont au mieux élusives et de qualité erratique. Le film est fréquemment entrecoupé par des baisses de rythme, hélas préjudiciables à la maigre qualité de cette adaptation cinématographique. Seul le combat contre le Russe, une sorte d'haltérophile quasiment invulnérable et la conclusion finale, elle aussi en apothéose, justifient - c'est un bien grand mot - le visionnage de ce nanar, néanmoins sympathique. 
Les bonus du film méritent eux aussi qu'on s'y attarde quelque peu puisque Jonathan Heinsleigh et son équipe tentent sournoisement de dissimuler l'échec presque avéré de cette vaine entreprise. Ainsi, The Punisher, une production Lions Gate et Marvel Enterprises, serait une sorte de série B impécunieuse, qui se paie tout de même le luxe de réunir Thomas Jane et John Travolta sur le haut de l'affiche. Sous l'égide de Lexi Alexander, le justicier tentera un retour impromptu dans Punisher : Zone de Guerre en 2008. Nouvelle déconvenue pour Frank Castle !

Côte : Nanar

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