ces garçons qui venaient du bresil

Genre : thriller, fantastique, drame (interdit aux - 16 ans)
Année : 1978

Durée : 2h04

Synopsis : Ezra Lieberman, célèbre chasseur de nazis, reçoit un étrange appel en provenance du Paraguay. Son correspondant l'informe qu'un complot se prépare. A sa tête, le sinistre docteur Mengele, terrifiant médecin nazi recherché par toutes les polices. Son objectif : assassiner 94 hommes à travers le monde. Quel est le but de ce complot ? Quel point commun réunit les 94 victimes ? Lieberman se lance dans une enquête, dont la solution est au-delà de ses pires cauchemars.  

La critique :

La carrière cinématographique de Franklin J. Schaffner démarre dès 1963 avec Les Loups et l'Agneau. Pour le cinéaste et producteur, il faudra patienter jusqu'en 1968 pour connaître enfin la consécration avec La Planète des Singes, film dans lequel il retrouve Charlton Heston, un acteur avec qui il avait déjà collaboré dans Le Seigneur de la Guerre (1965). Viennent également s'ajouter d'autres classiques incontournables, notamment Patton (1970) et Papillon (1973).
Attention à ne pas euphémiser non plus l'impact de Ces Garçons qui Venaient du Brésil, sorti en 1978, et injustement méconnu du grand public et pour cause... Puisque ce long-métrage aux allures fantastiques et science-fictionnelles aborde un sujet à la fois tabou et spinescent : le retour de l'idéologie "nazillarde" et donc l'avènement d'un Quatrième Reich.

Voilà un sujet qui a le mérite d'attiser la curiosité ! A l'origine, le film est l'adaptation d'un opuscule éponyme d'Ira Levin. Le roman originel s'inspire par ailleurs de l'histoire de Josef Mengele, un ancien tortionnaire nazi exilé à Sao Paolo au Brésil, et poursuivi par les autorités internationales pour crimes contre l'Humanité. Pour mémoire, rappelons que le médicastre azimuté a exercé, testé et pratiqué des expériences chimiques et médicales dans son laboratoire secret dans le camp de concentration d'Auschwitz durant la Seconde Guerre Mondiale. Aidé par un réseau d'anciens SS, il parvient à s'expatrier à Buenos Aires et à mener une autre vie au Paraguay, puis au Brésil, pays dans lequel il exhalera finalement son dernier soupir.
Pour la petite anecdote, Josef Mengele décédera peu de temps après la sortie du film de Franklin J. Schaffner.

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Certes, au moment de sa distribution en salles, Ces Garçons qui Venaient du Brésil ne remportera qu'un succès d'estime. A contrario, le long-métrage est adoubé et encensé par les critiques et la presse cinéma. Il faudra donc plusieurs décennies pour que le film conquière enfin les cinéphiles et soit reconnu à sa juste valeur, celui d'un classique du thriller fantastique, un genre en pleine ascension à l'époque. Par ailleurs, le métrage sera nominé pour les Saturn Awards dans plusieurs catégories (meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario, entre autres), mais ne remportera aucune récompense.
La distribution de ce thriller fantastique réunit Laurence Olivier, Gregory Peck, James Mason, Lilli Palmer, Uta Hagen, Steve Guttenberg, Denholm Elliott, Rosemary Harris, John Rubinstein et Bruno Ganz. 

Dans Marathon Man (John Schlesinger, 1976), Laurence Olivier interprétait un ancien criminel de guerre nazi. Pour les besoins de ce nouveau film, il incarne un personnage aux antipodes, un certain Ezra Lieberman, dont la cause n'est pas sans rappeler celle des époux Klarsfeld, deux militants de la mémoire de la Shoah. Quant à James Mason, le comédien a déjà incarné les "nazillons" de service en la personne - tristement célèbre - d'Erwin Rommel dans Le Renard du Désert (Henry Hathaway, 1951) et Les Rats du Désert (Robert Wise, 1953).
Attention, SPOILERS ! Ezra Lieberman, célèbre chasseur de nazis, reçoit un étrange appel en provenance du Paraguay. Son correspondant l'informe qu'un complot se prépare. A sa tête, le sinistre docteur Mengele, terrifiant médecin nazi recherché par toutes les polices. 

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Son objectif : assassiner 94 hommes à travers le monde. Quel est le but de ce complot ? Quel point commun réunit les 94 victimes ? Lieberman se lance dans une enquête, dont la solution est au-delà de ses pires cauchemars. A l'époque, Ces Garçons qui Venaient du Brésil sort dans la foulée de Stars Wars - Chapitre 4 : Un Nouvel Espoir et subit le diktat imposé par George Lucas et sa société de production. De facto, le film de Franklin J. Schaffner sort peu ou prou dans l'indifférence générale. Pourtant, la grande force du long-métrage repose à la fois sur son concept hétéroclite puisqu'il mélange savamment thriller, fantastique, le drame et même l'anticipation.
De surcroît, le film peut également s'appuyer sur le scénario griffonné par les soins d'Heywood Gould qui s'inspire, encore une fois, du roman d'Ira Levin.

Surtout, Ces Garçons qui venaient du Brésil s'inscrit dans la dialectique et la rhétorique de tous ces films de science-fiction des années 1970, avec une tonalité eschatologique. Si, de prime abord, le scénario peut paraître un tantinet fantaisiste, il reste néanmoins plausible. Plus qu'une diatribe du nazisme et de ses corollaires, même plusieurs décennies après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le film reste avant tout une allégorie sur la perniciosité et la réminiscence des dictatures.
En Amérique du Sud, les anciens criminels nazis ne sont nullement inquiétés et peuvent donc sévir en toute impunité. Une didactique qui n'échappe pas à Josef Mengele, qui a prêté allégeance à l'idéologie d'Adolf Hitler. Pour faire renaître le Troisième Reich de ses cendres et ériger un Quatrième Reich, le médicastre fait appel à la technologie moderne.

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Ainsi, le film pose la question du clonage et surtout comment cette nouvelle science pourrait servir les vils desseins d'un régime autocratique et autoritaire. Franklin J. Schaffner réalise un film malicieux qui nous embarque sur plusieurs pays de la planète, du Paraguay à la Suède, en passant par l'Allemagne de l'Ouest. Le scénario du film fonctionne comme une enquête policière révélant peu à peu ses arcanes en fonction des recherches et des pérégrinations d'Erza Lieberman.
En outre, le cinéaste exploite à merveille la confrontation entre Gregory Peck, plus terrifiant et sournois que jamais, et Laurence Olivier. Vous l'avez donc compris. 
On tient là un thriller fantastique d'une étonnante sagacité et qui se démarque par ses innovations et son originalité. Seul petit bémol, on regrettera un script parfois un peu trop décousu et alambiqué s'adressant, de ce fait, à un public plutôt avisé. Toutefois, rien de grave et le film mérite largement les félicitations dans nos colonnes !

Note : 16/20

 

sparklehorse2 Alice In Oliver