the belko experiment

Genre : horreur, gore, thriller (interdit aux - 16 ans)
Année : 2016

Durée : 1h28

Synopsis : Une entreprise américaine d'Amérique du Sud est mystérieusement scellée, et ses employés dévoilent leurs vraies natures lorsqu'il leur est ordonnés de s'entretuer sous peine de mort. 

La critique :

Scénariste, producteur et cinéaste australien, Greg McLean démarre sa carrière cinématographique à l'orée des années 2000 via deux courts-métrages, Plead (2000) et ICQ (2001), qui se distinguent dans divers festivals en remportant plusieurs récompenses, notamment celui du meilleur réalisateur au festival international du film indépendant de New York. En 2005, Greg McLean se lance dans son tout premier long-métrage horrifique, Wolf Creek, un torture porn qui se démarque de la concurrence habituelle. Certes, le film s'inspire d'une histoire bien réelle (jusque-là, rien de nouveau), mais la pellicule nous transporte dans les territoires éculés de l'Australie, à la rencontre d'un certain Mick Taylor, une sorte de chasseur et de cul-terreux qui arpente les déserts et les longues routes perdues à la recherche de nouvelles proies.

Pour les touristes infortunés, gare à ne pas croiser la route de ce prédateur effréné ! Avec Wolf Creek, Greg McLean parvient à créer un climat éthéré et mortifère, régulièrement émaillé par des paysages naturels et curieusement sinistrés. Par certaines accointances, le film n'est pas sans rappeler l'ambiance également moribonde de Massacre à la Tronçonneuse. Non seulement Wolf Creek s'impose rapidement sur ses terres australiennes, mais le long-métrage parvient aussi à s'expatrier à l'étranger.
Une suite, Wolf Creek 2, sort donc en 2013. 
Cette fois-ci, Greg McLean opte pour une ambiance beaucoup plus viscérale et comminatoire. Le spectateur est prié de visiter la cave putride et méphitique de Mick Taylor, qui continue de collectionner les cadavres. Toutefois, en dépit des apparences, Wolf Creek 2 se révèle inférieur à son auguste prédécesseur. 

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Même remarque concernant Solitaire, un film de crocodile qui marche directement dans le sillage et le continuum de Black Water (Andrew Traucki, 2007). Indubitablement, le metteur en scène australien possède un potentiel. Il sait qu'il est attendu par les fans pour son sixième long-métrage, intitulé The Belko Experiment, et sorti en 2016. Cette fois-ci, pas question de filmer ni de visiter les territoires claustrés et paumés de l'immense territoire australien !
Certes, Greg McLean n'a jamais tari d'éloges pour les grands classiques horrifiques. Mais depuis plusieurs années, le cinéaste rêve de réaliser un grand thriller horrifique qui s'apparenterait davantage à un huis clos anxiogène. Reste à savoir si The Belko Experiment remplit (ou non) son office. Réponse dans les lignes à venir...

La distribution du film réunit John Gallagher Jr., Tony Goldwyn, Adria Arjona, John C. McGinley, Melonie Diaz, Josh Brener, Sean Gunn et Michael Rooker. Attention, SPOILERS ! 
Dans un immeuble de bureaux à Bogota, en Colombie, 80 travailleurs américains sont horrifiés lorsqu'ils découvrent qu'ils sont les cobayes d'une expérience sociale qui les amènera à tuer leurs collègues ou à se faire tuer. Tout d'abord rétifs et dubitatifs, plusieurs d'entre eux sont assassinés par un curieux dispositif implanté dans leur nuque. Les employés n'ont donc pas d'autre choix que d'obéir docilement à cette mystérieuse expérience...
A l'aune de ce synopsis, difficile de ne pas songer au script de Battle Royale (Kinji Fukasaku, 2001) tant les analogies sont évidentes. 
A la seule différence que le film de Greg McLean ne se polarise pas sur cette dichotomie qui existe entre le monde juvénile et celui des adultes. 

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En vérité, The Belko Experiment s'apparente à une critique acerbe et jubilatoire du capitalisme actuel. Toutefois, depuis les travaux de Karl Marx, la dialectique de la globalisation et de ses corollaires a bien changé pour se transmuter en une compétition féroce, meurtrière et forcenée entre les employés. Jadis, ces derniers se regimbaient contre une hiérarchie jugée trop autocratique et omnipotente. Désormais, ce sont les salariés, devenus trop dociles, qui sont les fruits d'étranges expériences menées par une oligarchie composée de militaires, de financiers et de scientifiques.
Pourtant, ces derniers sont censés scander et glorifier l'idéologie séditieuse d'une entreprise américaine : "Bringing the world together" scande une oriflamme placardée sur un mur. La grande originalité de The Belko Experiment tient justement dans ce concept novateur.

Dès lors, le jeu de massacres peut enfin commencer ! Les employés se divisent alors en deux catégories bien distinctes. Si certains tentent de se regimber contre cette expérience criminelle, les autres se charcutent, se laminent, se cisaillent et se dilapident sous les cris d'orfraie. Greg McLean s'amuse comme un gosse derrière sa caméra ensanglantée et nous gratifie de plusieurs séquences délicieusement érubescentes. Après Wolf Creek et Solitaire, le cinéaste australien signe tout simplement son meilleur film. Néanmoins, en dépit des apparences, The Belko Experiment n'est pas exempt de tout reproche.
Certes, les amateurs de tripailles et de barbaque seront en terrain connu et quasiment conquis. Certes, The Belko Experiment a le mérite de se démarquer de la litanie actuelle et surtout de Battle Royale (déjà précité), un film asiatique auquel il fait directement référence. 
Mais comme tout huis clos anxiogène, certains protagonistes sont évidemment privilégiés pendant que d'autres ne constituent que de vulgaires quidams. Nul doute qu'un tel concept, aussi ingénieux que condescendant, peut être exploité sur plusieurs épisodes ou via une série télévisée.
En quelques mots : une très bonne surprise, surtout pour un direct-to-video (DTV) !

Note : 15/20

sparklehorse2 Alice In Oliver