frankenstein's army

Genre : horreur, gore (interdit aux - 16 ans)
Année : 2013

Durée : 1h24

Synopsis : Allemagne, 1945. La fin de la Guerre est proche… Partis en reconnaissance, des soldats russes découvrent un laboratoire secret nazi. A l’intérieur, un savant fou dénommé Viktor Frankenstein est parvenu à créer une armée invincible de soldats morts-vivants qui menace de déferler sur le monde. Dans ce repaire de l’horreur, le dernier stratagème d’Hitler doit être définitivement stoppé.  

La critique :

Paru en 1818, le célèbre opuscule de Mary Shelley a inscrit le docteur Frankenstein et sa créature putrescente dans la culture populaire. Le scientifique azimuté et le monstre en putréfaction vont évidemment inspirer le noble Septième Art avec le bien nommé Frankenstein (J. Searle Dowley, 1910), qui est donc la toute première adaptation cinématographique du matériel d'origine. Viennent également s'ajouter Il Mostro Di Frankenstein (Eugenio Testa, 1920), La Fiancée de Frankenstein (James Whale, 1935), Le Spectre de Frankenstein (Erle C. Kenton, 1942), Frankenstein S'est Echappé (Terence Fisher, 1957), L'Empreinte de Frankenstein (Freddie Francis, 1964), Les Horreurs de Frankenstein (Jimmy Sangster, 1970), ou encore Chair pour Frankenstein (Paul Morrissey, 1973).
Tous ces titres ne représentent qu'un petit panel des aventures du docteur et de sa créature au cinéma.

De surcroît, c'est surtout la firme britannique, la Hammer, qui prodiguera ses lettres de noblesse à ce monstre d'infortune via plusieurs titres majeurs et incontournables, entre autres La Revanche de Frankenstein (Terence Fisher, 1958), Frankenstein créa la femme (Terence Fisher, 1967), Le retour de Frankenstein (Terence Fisher, 1969), ou encore Frankenstein et le monstre de l'enfer (Terence Fisher, 1974). Un univers aussi foisonnant qu'exhaustif qui n'a pas échappé à l'oeil narquois et avisé de Richard Raaphorst avec Frankenstein's Army, sorti en 2013.
Il faut se rendre sur le site IMDb (source : http://www.imdb.com/name/nm0704675/) pour trouver des informations élusives sur ce cinéaste. En outre, Frankenstein's Army est le tout premier long-métrage de Richard Raaphorst.

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Au fil des années, ce dernier s'est surtout aguerri en participant aux effets visuels de plusieurs films notables, notamment Dagon (Stuart Gordon, 2001), Beyond Re-Animator (Brian Yuzna, 2003) et Slaughter Night (Frank van Geloven et Edwin Visser, 2008). Inutile alors de préciser que le bonhomme est un fan irréductible du cinéma bis. Il n'est donc pas surprenant de le retrouver derrière une série B impécunieuse. En l'occurrence, Frankenstein's Army ne bénéficiera pas d'une sortie dans les salles de cinéma. C'est par l'intermédiaire du marché vidéo - le DTV (direct-to-video) - que Frankenstein's Army va tenter de flagorner les amateurs du cinéma horrifique.
Une gageure que le long-métrage a essayé de tenir en concourant dans divers festivals, notamment celui de Sydney et celui de Tribeca, sans laisser néanmoins un souvenir indélébile.

La distribution du film réunit Karel Roden, Joshua Sasse, Robert Gwilym, Alexander Mercury, Luke Newberry et Hon Ping Tang. Attention, SPOILERS ! Allemagne, 1945. La fin de la Guerre est proche… Partis en reconnaissance, des soldats russes découvrent un laboratoire secret nazi. A l’intérieur, un savant fou dénommé Viktor Frankenstein est parvenu à créer une armée invincible de soldats morts-vivants qui menace de déferler sur le monde. Dans ce repaire de l’horreur, le dernier stratagème d’Hitler doit être définitivement stoppé. A travers Frankenstein's Army, Richard Raaphorst vient bouffer un peu... beaucoup... énormément à tous les râteliers. Si le film s'inspire évidemment du mythe du docteur Frankenstein, toujours aussi factieux par ailleurs, Frankenstein's Army renifle essentiellement du côté du cinéma horrifique moderne. Certes, on décèle ici et là une influence non dissimulée pour les séries B des années 1980.

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Nul doute que le cinéaste affectionne tout particulièrement les univers gothiques et érubescents de Stuart Gordon et de Brian Yuzna, deux parangons du cinéma bis avec qui il a déjà collaboré. Hélas, la comparaison avec ces augustes épigones s'arrête bien là. En outre, Richard Raaphorst vient également renifler du côté du found footage, un genre qui semble renaître de ses cendres depuis une dizaine d'années et surtout depuis le plébiscite de la saga Paranormal Activity.
Dès l'introduction, Frankenstein's Army montre d'emblée ses écueils, ses errances et ses faiblesses via une présentation des personnages longue, laborieuse et fastidieuse. Le caméraman, qui filme les belligérances, est un soviétique. Ses compagnons d'infortune aussi. Pourtant, pour une raison totalement inconnue, nos héros parlent anglais avec un accent russe à coucher dehors !

Ainsi, la première demi-heure du film se résume à toute une série d'homélies et d'emphases interminables, de quoi désarçonner un public averti. Puis, dans sa seconde partie, Frankenstein's Army accélère enfin les animosités ! Après toute une série de pérégrinations, les militaires débarquent enfin dans ce qui ressemble à un laboratoire scientifique. Sur place, ils découvrent les abominations et les aberrations médicales pratiquées par un certain Viktor Frankenstein, un médecin atteint par le Complexe d'Icare et nouvelle variation du Docteur Josef Mengele.
En vérité, le long-métrage justifie uniquement son visionnage pour sa galerie impressionnante de créatures, à savoir des soldats "nazillards" métamorphosés en zombies robotiques. Certaines saynètes de chirurgie cérébrale méritent elles aussi qu'on s'y attarde quelque peu. Toutefois, pas de quoi pavoiser ni se relever la nuit ! En l'état, Frankenstein's Army séduira peut-être les aficionados du cinéma gore, à condition de fermer les yeux sur l'inanité et la vacuité de la première partie du film, ainsi que sur les conversations absconses et sibyllines. Indubitablement, Frankenstein's Army possède un sérieux potentiel. Hélas, Richard Raaphorst n'est pas le cinéaste de la situation.

Note : 07/20

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