BENEATH2013

Genre : horreur (interdit aux - 12 ans)
Année : 2013

Durée : 1h30

Synopsis : Six camarades de lycée partent se balader sur une barque. Hélàs, ils ignorent que l'eau sur laquelle ils voguent est investée de poissons carnivores ! Trop lourds pour ce petit bateau, ils doivent prendre la terrible décision de qui va se sacrifier afin de pouvoir regagner les berges.  

La critique :

Certes, le nom de Larry Fessenden ne doit pas vous évoquer grand-chose. Pourtant, le cinéaste, producteur, scénariste et acteur affectionne tout particulièrement l'épouvante et l'horreur. C'est ainsi qu'il contribue et collabore à l'un des nombreux segments de ABC's Of Death 2 (Rodney Ascher, Julian Barratt, Vincenzo Natali, Aharon Keshales, E.L. Katz, Bill Plympton et Alexandre Bustillo, 2013). Viennent également s'ajouter The Last Winter (2006) et Wendigo (2001).
Le dernier long-métrage en date de Larry Fessenden se nomme donc Beneath, une série B famélique n'a pas bénéficié d'une distribution dans les salles osbcures. Le film a donc dû se contenter d'une sortie discrète et furtive en vidéo (DTV). Parallèlement, Beneath concourt dans divers festivals sans néanmoins laisser un souvenir indélébile.

Il faut dire que le film s'inscrit dans la catégorie, toujours spinescente et difficile, de ces poissons voraces et mangeurs d'hommes. Les thuriféraires du genre citeront évidemment les grands classiques indémodables, notamment Les Dents de la Mer (Steven Spielberg, 1975), Piranhas (Joe Dante, 1978), Orca (Michael Anderson, 1977), The Reef (Andrew Traucki, 2009), ou encore Open Waters : En Eaux Pronfondes (Chris Kentis, 2005). Certes, à priori, Beneath ne risque pas de marquer durablement les persistances rétiniennes. Nanti d'un budget impécunieux, cette série B horrifique est-elle capable de renouveler avec un genre en désuétude depuis belle lurette ?
Réponse à venir dans cette chronique... La distribution du film réunit Daniel Zovatto, Bonnie Dennison, Chris Conroy, MacKenzie Rosman et Mark Margolis.

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Parmi ce casting famélique, les cinéphiles les plus avisés reconnaîtront peut-être le joli minois de Bonnie Dennison. De 2000 à 2005, la comédienne apparaît ponctuellement dans la série télévisée New York 911. En revanche, Mark Margolis possède une filmographie foisonnante et exhaustive, souvent dans des seconds rôles. Les amateurs ont notamment pu découvrir l'acteur dans Scarface (Brian de Palma, 1983), 1492 : Christophe Colomb (Ridley Scott, 1992), Ace Ventura : détective chiens et chats (Tom Shadyac, 1994), Les Pleins Pouvoirs (Clint Eastwood, 1997), Requiem For A Dream (Darren Aronofsky, 2000), Hannibal (Ridley Scott, 2001), ou encore Daredevil (Mark Steven Johnson 2003).
Mais ne nous égarons pas et revenons au synopsis de Beneath, pour le moins laconique. Le speech est donc le suivant.

Attention, SPOILERS ! Six camarades de lycée partent se balader sur une barque. Hélàs, ils ignorent que l'eau sur laquelle ils voguent est investée de poissons carnivores ! Trop lourds pour ce petit bateau, ils doivent prendre la terrible décision de qui va se sacrifier afin de pouvoir regagner les berges. Certes, à priori, le scénario de Beneath est de facture basique et conventionnelle. Pourtant, par certaines accointances, il n'est pas sans rappeler le script de L'Etrange Créature du Lac Noir (Jack Arnold, 1954). D'ailleurs, le poisson aux yeux globuleux de Beneath est appelé le monstre du lac noir par les habitants d'une petite communauté. Apparemment, la créature aquatique est précédée d'une légende maléfique et séculaire. En résumé, gare à ne pas effaroucher à l'animal ni à batifoler impunément dans le lac sous risque de susciter les furibonderies du poisson gargantuesque !

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Hélas, et vous vous en doutez, la comparaison avec le petit bijou de Jack Arnold s'arrête bien là. De surcroît, le film de Larry Fessenden n'a pas de telles velléités scénaristiques. En outre, le ton adopté par le cinéaste se veut résolument iconoclaste. Le film joue donc davantage sur un aspect huis clos et anxiogène. C'est tout l'intérêt de Beneath, à savoir proposer un cadre rudimentaire, un lac cloîtré au beau milieu de nulle part, six lycéens isolés dans une barque et un gros poisson vorace qui vient régulièrement les tarabuster. Le prétexte ? Les six étudiants ne peuvent plus rejoindre la terre ferme.
Assaillis par la créature, ils ont cassé les deux rames. Il faut donc occuper le monstre pour espérer regagner le rivage. Ainsi, plusieurs d'entre eux sont sacrifiés et jetés en pature - enfin dans le lac... - pour satisfaire l'appétit insatiable de l'animal aquatique.

A partir de ce concept anémique, Larry Fessenden tente, tant bien que mal, de nous divertir et de combler la courte durée de sa pellicule. Malheureusement, Beneath est victime de son propre concept. En l'occurrence, difficile de s'émouvoir pour ses six lycéens cupides et factieux, qui passent leur temps à s'injurier et à se gourmander. Le long-métrage se résume donc à toute une série de révélations et de facondes anônnées par des étudiants en déliquescence.
En l'état, leur amitié, à priori indéfectible, est mise à rude épreuve. Il faudra donc se contenter d'une pauvre mijaurée qui passe son temps à copuler avec le reste de la planète et de cinq autres protagonistes qui ne présentent pas la moindre once d'humanité. Tout un programme ! De surcroît, Larry Fessenden ne peut pas non plus s'appuyer sur son casting, qui frise souvent l'indigence.

Tous se font chiper la vedette par le poisson aux incroyables rotondités. Hélas, le design cartonneux et en plastique de la créature laisse lui aussi sacrément à désirer... Bref, il semblerait que Beneath soit condamné à s'enliser parmi ces nanars désargentés et à écumer les bacs à dvd. Et pourtant...Contre toute attente, le film parvient parfois à divertir et se suit donc avec un ennui poli. Le seul véritable argument de Beneath, c'est de renouer avec toutes ces séries B horrifiques de jadis, celles qui pullulaient entre le milieu des années 1970 et le début des années 1980 avec une grande ingénuité.
Avec un scénario beaucoup mieux griffonné, de meilleurs acteurs et surtout une créature un peu plus terrifiante, Beneath aurait pu aisément s'inscrire dans le haut du panier. Nul doute que le film possède un réel potentiel. Ma note finale pourra donc paraître d'une étonnante mansuétude.

Note : 10/20

sparklehorse2 Alice In Oliver