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Genre : horreur, épouvante
Année : 2016

Durée : 1h25

Synopsis : Frappée par une tragédie familiale, Emma Drakeford, une jeune adolescente, commence à documenter sa vie sur vidéo pour un projet d’école. Sa vie est totalement chamboulée lorsqu’un terrible virus sévit dans sa petite ville, transformant ses amis et ses voisins en monstres vicieux. Prise au piège d’une ville en quarantaine, Emma et sa famille pensent être à l’abri du danger, mais lorsque le virus se fraye un chemin dans leur maison, ils doivent prendre une décision impossible – si une personne que vous aimez devient une menace, est-ce-que vous la tuez de sang froid ou est-ce-que vous mettez votre propre vie en danger ? 

La critique :

Depuis l'immense succès de la saga Paranormal Activity, le cinéma horrifique américain semble désormais s'orienter vers nos chers éphèbes indociles. Telle est la cible privilégiée du cinéma d'épouvante actuel. Une didactique que ne risque pas de démentir Viral, réalisé par Ariel Schulman et Henry Joost en 2016. Pour information, le long-métrage n'a pas bénéficié d'une distribution dans les salles obscures. Le film est donc sorti directement en vidéo.
Derrière Viral, on retrouve par ailleurs deux cinéastes bien connus du public juvénile puisque les deux comparses ont déjà signé Paranormal Activity 3 (2011), Paranormal Activity 4 (2013) et Nerve (2016), autant de productions qui ne laisseront pas un souvenir impérissable. Autant dire que l'on ne frémissait pas d'impatience à l'annonce de la sortie de Viral.

De surcroît, le métrage a été présenté en compétition lors du festival de Gérardmer en 2017, laissant les spectateurs hagards. Reste à savoir si Viral mérite une telle rebuffade. Réponse dans les lignes à venir... De facto, ce n'est pas la première fois qu'un film d'épouvante, à tendance eschatologique, aborde le thème, toujours spinescent, d'une contamination exponentielle et irréfragable. Les adulateurs du cinéma d'horreur citeront aisément Rec (Jaume Balaguero et Paco Plaza, 2007), Dernier Train pour Busan (Yeon Sang-Ho, 2016), L'Enfer des Zombies (Lucio Fulci, 1979), La Nuit des Morts-Vivants (George A. Romero, 1968), ou encore The Thing (John Carpenter, 1982).
Pour le cinéma d'épouvante, l'infection rime souvent avec une humanité vouée à sa perte et condamnée à se transformer en créatures cannibales.

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Point d'anthropophagie dans Viral ni de saynètes particulièrement érubescentes puisque le film n'a pas bénéficié de la moindre interdiction. Dans la lignée d'un World War Z (Marc Forster, 2013), néanmoins avec un budget beaucoup moins dispendieux, Viral se veut résolument tout public. La distribution du film réunit Analeigh Tipton, Sophia Black D'Elia, Michael Kelly et Travis Tope. Attention, SPOILERS ! Frappée par une tragédie familiale, Emma Drakeford, une jeune adolescente, commence à documenter sa vie sur vidéo pour un projet d’école. Sa vie est totalement chamboulée lorsqu’un terrible virus sévit dans sa petite ville, transformant ses amis et ses voisins en monstres vicieux.
Prise au piège d’une ville en quarantaine, Emma et sa famille pensent être à l’abri du danger, mais lorsque le virus se fraye un chemin dans leur maison, ils doivent prendre une décision impossible – si une personne que vous aimez devient une menace, est-ce-que vous la tuez de sang froid ou est-ce-que vous mettez votre propre vie en danger ? 

A l'aune de ce synopsis, difficile de ne pas songer à une sorte de nouvel avatar de La Nuit des Fous Vivants (George A. Romero, 1973). Hélas, la comparaison s'arrête bien là. Contrairement au film de George A. Romero, Viral n'a aucune velléité politique, idéologique ni sociologique. Iconoclastes, Ariel Schulman et Henry Joost tancent et vitupèrent le cinéma horrifique de jadis pour une pellicule résolument moderne, centrée sur deux jouvencelles hédonistes.
En outre, difficile de ne pas tiquer devant ce scénario de facture basique et conventionnelle. Premier constat, Ariel Schulman et Henry Joost éludent prestement la profusion d'informations sur cette nouvelle forme de contamination, claustrant rapidement ses principaux protagonistes. D'ailleurs, ces derniers se comptent sur les doigts d'une main atrophiée puisque le film se polarise presque exclusivement sur deux soeurs aux personnalités antagonistes, Stacey et Emma. 

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Si la première se montre peu farouche, la seconde est beaucoup plus pudibonde. Certes, Emma s'acoquine et s'énamoure de son voisin mais n'ose pas réellement franchir le rubicond. Parallèlement, une de ses camarades de lycée tombe en pamoison dans la cour de récréation avant d'éructer sur le faciès d'un autre lycéen. C'est sans doute l'une des rares digressions de Viral, un peu trop timoré pour convaincre sur sa courte durée, à peine une heure et 25 minutes de bobine.
Dans Viral, les adultes sont rapidement évincés au profit d'une pellicule clairement orientée vers et pour le public juvénile en manque de sensations fortes. Hélas, le suspense et la tension sont les grands absents de cette pellicule fauchée comme les blés. Il faudra donc s'armer de patience avant d'assister à une première saynète d'action et/ou d'épouvante.

Plutôt pingres, Ariel Schulman et Henry Joost nous servent une vieille séquence de belligérance en pleine fête estudiantine, avant de transformer leur pellicule en huis clos horrifique. Toutefois, pas de quoi pavoiser ! Ne vous attendez donc pas à tressaillir sur votre siège, à moins d'être totalement réfractaire à la vision de parasites, par ailleurs réalisés en images de synthèse. Une question reste toujours au suspend. Viral est-il aussi laborieux que le laisse envisager cette chronique ?
Exempt de tous ces défauts, hélas préjudiciables à la qualité du film, Viral possède quelques atouts dans sa besace. En l'occurrence, les deux comédiennes principales, Sophia Black D'Elia et Analeigh Tipton en tête, tirent leur épingle du jeu.
Mieux, les actrices sauvent carrément le long-métrage de l'anémie généralisée. Beaucoup trop timoré dans ces saynètes horrifiques, le film s'extirpe avec difficulté de la médiocrité uniquement lorsqu'il se focalise sur cet amour indéfectible entre deux soeurs que tout oppose. Chronique courte aujourd'hui mais sincèrement, je ne vois pas quoi dire de plus sur ce film.

Note : 08/20

sparklehorse2 Alice In Oliver