commando

Genre : action (interdit aux - 12 ans)
Année : 1985
Durée : 1h28

Synopsis : Après avoir mené de nombreuses missions périlleuses, le colonel John Matrix, un ancien combattant d'élite, coule des jours heureux avec sa fille Jenny, âgée de 12 ans. Mais le général Arius, dictateur déchu, fait kidnapper celle-ci et charge Matrix d'assassiner l'actuel Président du Valverde. Ce qui n'est pas dans les plans de notre héros... 

La critique :

Si la carrière cinématographique de Mark L. Lester débute dès 1971 avec le méconnu Twilight of the Mayas, pour le cinéaste, scénariste et producteur, il lui faudra patienter jusqu'en 1982 pour connaître enfin son premier grand succès, avec Class 1984, un drame anticipationnel qui renâcle du côté de Stanley Kubrick avec le non moins sulfureux Orange Mécanique (1971). Par la suite, Mark L. Lester se spécialise essentiellement dans le cinéma bis et devient l'un des parangons de la série B, notamment avec Charlie - Firestarter (1984), Armé et dangereux (1986), Dans les griffes du dragon rouge (1991), Class of 1999 (1990) et Ptérodactyles (2005).
Vient également s'ajouter Commando, sorti en 1985, et qui reste probablement son film le plus proverbial. Commando, c'est avant tout un acteur, Arnold Schwarzenegger, en plein essor à l'époque.

En effet, le comédien musculeux et opiniâtre ressort des tournages successifs de Conan le barbare (John Milius, 1982) et de Terminator (James Cameron, 1984) qui l'ont propulsé sur les feux de la rampe. En dépit de l'immense succès du premier Terminator, Arnold Schwarzenegger reste encore confiné dans l'univers étriqué du cinéma bis. Par ailleurs, rappelons que Terminator est une série B. Abonné aux rôles de dur à cuire, Arnold Schwarzenegger accepte d'interpréter le personnage de John Matrix, un ancien soldat des commandos d'élite, et surtout un as de la gonflette.
Nanti d'un budget plutôt modeste (environ 10 millions de dollars), Commando devient l'un des films les plus rentables d'Arnold Schwarzenegger, confirmant l'hégémonie de l'acteur sur le cinéma d'action. Toutefois, Commando appartient à une autre catégorie, celle des nanars azimutés, celle qui a vu Charles Bronson triompher dans Le Justicier de New York (Michael Winner, 1985) à la même époque.

commando_photo

Si par leurs thématiques (la vengeance expéditive pour le film avec Bronson et le sauvetage de sa fille pour celui avec Schwarzy), les deux longs-métrages divergent sur de nombreux points. A contrario, ils partagent de nombreuses accointances, ne serait-ce que par leur volonté farouche de présenter un héros invariablement impavide, stoïque, invulnérable, invincible et curieusement insensible aux balles. Qu'ils se nomment John Matrix ou Paul Kersey, ces justiciers au grand coeur exterminent la racaille, la pègre, les voyous, la mafia locale, les terroristes et même la planète entière si nécessaire, qui plus est, à eux tous seuls ! Hormis Arnold Schwarzenegger, la distribution de Commando réunit Alyssa Milano, Rae Dawn Chong, Dan Hedaya, Vernon Wells, James Olson, David Patrick Kelly et Bill Duke.
A noter aussi l'apparition furtive de Bill Paxton dans le rôle d'un intercepteur.

Commando tient aussi une place idoine et méritée sur le site Nanarland (source : http://www.nanarland.com/Chroniques/chronique-commando-commando.html) pour moult raisons. Car Commando, c'est aussi un méchant, ici incarné par Vernon Wells qui campe un certain Bennett, lui aussi un ancien soldat d'élite grimé en sosie de Freddie Mercury, et arborant une tenue à la limite du sadomasochiste pervers ! Viennent aussi s'ajouter des répliques ubuesques : "Crache ta vapeur, sale pourriture !", ou encore cet incroyable dialogue entre une Alyssa Milano rogue et son ravisseur :
Le ravisseur : Ton père semble se montrer coopératif, tu vas le retrouver très bientôt ! Ca sera chouette pour toi hein ? 
Alyssa Milano : Oui mais ça sera encore plus chouette de le voir buter votre sale gueule !

commando (1)

Dès le générique d'introduction, Mark L. Lester a le mérite de présenter les inimitiés via un Arnold Schwarzenegger déguisé en bûcheron. Dans sa main droite, une tronçonneuse. Dans l'autre, un arbre tout entier ! Indubitablement, Commando joue sur la figure du Terminator, sur cet acteur invincible qui doit décimer tout sur son passage, et en particulier les portes du cinéma d'Hollywood. Certes, Schwarzy n'incarne pas ici un cyborg. Toutefois, sa prestesse et sa robustesse sont mises à rude épreuve. Flanqué d'une hôtesse de l'air, Cindy (Rae Dawn Chong), qui passe son temps à jacter et à pousser des cris d'orfraie, l'ancien militaire reste imperturbable et massacre ses assaillants avec une remarquable dextérité.
Au détour d'une conversation oiseuse, Schwarzy renverse une voiture à main nue, manie le lance-rocket sans barguigner et extermine toute une armée à lui tout seul.

Alors qu'il croupit au fond d'une cabane en bois, l'ex-soldat est bientôt menacé par une escouade de soldats. Pas de problème ! Muni d'un couteau, de quelques grenades et d'une hache acérée pour l'occasion, Matrix déglingue, assomme, étrille, flingue et explose tout un tas de bâtiments dans un camp en pleine effervescence. Toutefois, dans cette frénésie généralisée, l'omnipotence de Schwarzy est contrariée par la prestation stratosphérique de Vernon Wells.
Exempt sa tenue de militaire pour le moins funambulesque, l'acteur nous gratifie de mimiques forcées, surjouant son personnage de sociopathe jusqu'à la nausée ! Comprenez bien : Bennett veut la peau de Matrix. Il veut sa revanche et lui prouver qu'il est le meilleur ! Pourtant, l'ex-militaire a au moins dix occasions de buter Matrix sans coup férir.

commando7

Faraud, Bennett fait parler la testostérone. Rien que pour le pugilat final entre les deux hommes, d'une cancrerie insondable, Commando justifie son visionnage. Pour conclure, comment ne pas évoquer la "performance" (c'est un bien grand mot...) de Rae Dawn Chong, une jeune femme claustrée dans un monde de brutes, de misogynes, de machistes et de barbares joyeusement guerroyeurs ? A chaque instant, la comédienne a l'air de se demander comment elle a pu se fourrer dans une telle galère ! L'actrice cabotine à merveille et campe la jeune femme hystérique toujours au bord de la crise de nerfs. Vous l'avez donc compris. Par ses excès, ses poncifs, sa goguenardise et ses saynètes de guerre débridées, Commando incarne outrageusement le film d'action des années 1980, avec tout ce que cela comporte en termes de "nawak" et de nanardise.
Un rôle sur mesure pour Arnold Schwarzenegger.

 

Côte : Nanar

sparklehorse2 Alice In Oliver