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Genre : Documentaire

Année : 2016

Durée : 1h57

 

Synopsis :

C'est l'histoire de Cassie Jay, jeune documentariste américaine et féministe, qui a décidé de plonger dans l'univers des associations de défense des droits et des voix des hommes aux Etats-Unis. Voulant confronter ses préjugés sur ces hommes qui prennent la défense des hommes et qui traînent la réputation d'être misogynes, elle sera invitée à connaître l'envers du décor et les tabous qui dérangent. Et si les hommes n'étaient pas aussi protégés que nous le pensions ?

 

La critique :

Aujourd'hui, j'ai décidé de mettre temporairement ma liste entre parenthèses pour chroniquer un documentaire. Vous devez sans doute vous demander pourquoi j'ai été jusqu'à faire une halte au lieu d'attendre la fin de ma liste ? La réponse tient en une phrase : Il était nécessaire que ce documentaire ait sa place sur Cinéma Choc. Pourtant, nous ne pouvons pas dire que ce genre est un terreau d'oeuvres polémiques. Certes, il y a eu des documentaires dérangeants, entre autres ceux qui nous faisaient connaître ce qui se passait réellement derrière la façade de la "belle" et "grande" colonisation. Afrique 50 en était le parfait exemple. Ici, nous pouvons nous éloigner de ce malheureux passé pour nous concentrer sur un sujet brûlant et qui n'hésite pas à faire parler de lui. Vous l'avez deviné, il s'agit du féminisme. Derrière ceci se cache Cassie Jay, ancienne actrice de films de série B qui a décidé de vouloir raconter ses propres histoires en devenant documentariste.
Féministe assidue, elle est partie en quête d'un sujet de choix : Entendre la voix des hommes, la voix du mouvement masculiniste MRA.

Si l'on regarde la genèse du projet The Red Pill, celui-ci a pu se faire grâce à une campagne de financement participatif car plusieurs des partenaires approchés par la cinéaste pour sponsoriser son travail se sont retirés du projet dans la crainte de polémiques. Et le moins que l'on puisse dire est que la controverse fut de taille. Des mouvements féministes ont fait pression à des exploitants de salle pour déprogrammer la séance. Ainsi, plusieurs projections furent annulées en Australie et au Canada en raison d'une pétition lancée par une certaine Susie Smith dénonçant une propagande misogyne.
Des protestations virulentes furent adressées à Cassie Jay, en même temps que les mouvements masculinistes applaudirent The Red Pill. Actuellement, le film se rabat, tant bien que mal, sur le streaming mais des censures sont encore à l'oeuvre vu que plusieurs vidéos du documentaire mises en ligne sur YouTube, ont été purement et simplement effacées. Le téléchargement est aussi une alternative intéressante et c'est ce dernier moyen qui m'a permis de visionner ceci. Autant être clair, visionner ce documentaire, c'est faire face à un chamboulement important.

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Inutile de placer une bannière "ATTENTION SPOILERS" car le documentaire parle de lui-même et compte s'attaquer à un thème rendu quasi intouchable en 2017, soit le féminisme. Le premier point derrière ce projet est que le documentaire a été réalisée par une fille MAIS qui est féministe. Et à partir de ce moment-là, nous nous rendons vite compte qu'il n'y aura aucune forme de manichéisme, de gloire au sexe masculin et de crachats à la face du sexe féminin. En effet, je doute fort qu'une féministe crache sur son propre mouvement et sur son propre sexe mais visiblement, certain(e)s n'ont pas compris cela. Autant mettre rapidement les points sur les i : Il n'y a pas la moindre trace de quelconque forme de misogynie car Cassie Jay ne fait que relater des faits, des interviews sur des masculinistes ET également sur des féministes afin de faire la balance et éviter une trop grande orientation.
Orientation du coup nulle et sans quelconque revendication d'une idéologie bien précise. C'est ce genre de documentaire que nous aimerions voir plus souvent. Des documentaires neutres où la vérité et l'information sont seules données importantes.

The Red Pill démarre ainsi en beauté avec un congrès du mouvement masculiniste dans la rue, subissant les invectives et quolibets de féministes en tout genre. Ce court passage permet de nous rendre compte de la situation désastreuse dans laquelle nous nous trouvons à notre époque. Celle de deux mouvements ne parvenant pas à dialoguer et à s'entendre ou devrais-je dire celle de deux mouvements qui ne parviennent pas à se comprendre parce que l'un des mouvements fait tout pour tuer dans l'oeuf ce mouvement qu'elle combat avec un acharnement risible. Le constat est alarmant et nous fait prendre conscience d'une fracture sociale de plus en plus marquée entre les deux sexes.
Alors que l'individu n'a jamais été aussi isolé depuis l'avènement du tout connecté et de l'apparition d'une vie virtuelle impactant de plus en plus la vie réelle, on assiste à une déstabilisation des rapports inter-sexes. La relation entre l'homme et la femme est en crise. Les scandales, protestations et débats mornes se succèdent à une cadence tachyonique. Des polémiques stériles apparaissent comme le manspreading ou la théorie hilarante du genre. Au lieu de vivre en harmonie et de perpétuer en quelque sorte la relation originelle d'Adam et Eve, on détruit ces liens précieux au nom d'un ersatz de combat dénaturant sur le concept même de civilisation.

A travers ces deux heures de bobine, Cassie Jay expose des faits vérifiés, prouvés sur le fait que le soit disant patriarcat n'est qu'un vacuum scandé par des névrosé(e)s en tout genre. Les choses sont ce qu'elles sont et la documentariste relate le fait que le taux de suicide est plus important chez les hommes, que les accidents du travail touchent majoritairement les hommes, que les peines de prison seront statistiquement plus lourdes pour les hommes que pour les femmes et ce pour un même délit, que les hommes vivent moins longtemps, que les hommes sont désavantagés au regard de la justice en ce qui concerne les cas de divorce et de garde parentale. Les faits sont là, exposés sans quelconque désinformation. Il était assez amusant de comparer ces disparités entre la population des mouvements féministes et des mouvements masculinistes. On pourra voir un lot d'injures à tout bout de champ, des cris houleux, une volonté de vouloir stopper tout débat au lieu d'argumenter, un trait plus hystérique et tout ça du côté des mouvements féministes. Du côté masculiniste, les partisans parleront en toute humilité, n'utiliseront jamais d'injures et essaieront de débattre. Pire encore, les masculinistes exposeront nombre de faits alors que les féministes ne se contenteront que de marteler leur vérité sans apporter d'éléments probants. Que faut-il en retenir ?

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Les faits d'injustice se multiplient de manière alarmante. Des pères finissent par apprendre que leur(s) gosse(s) ne sont pas les leurs et qu'ils doivent quand même payer une pension alimentaire. Que dire aussi des fraudes à la paternité ? Du cas d'un père s'étant suicidé car il avait tout perdu et venait de perdre le droit de voir son enfant ? N'oublions pas ce fait que la plupart des cellules de secours en cas de disputes de couples et de violences conjugales ne concerneront systématiquement, à l'exception d'un seul centre sur les 2000, que les femmes. Pourtant, il a été prouvé que les violences envers les hommes existent bel et bien. Indubitablement, The Red Pill dérange et scandalise fortement tout en nous invitant à nous questionner sur cet apparat faussé que martèle la mouvance féministe radical sur les femmes oppressées. Ce n'est pas pour rien que ce nom fut choisi car il est directement lié à Matrix et son choix cornélien entre la pilule bleue et la pilule rouge. La pilule bleue représente une réalité alternative et faussée similaire au monde des Bisounours. La pilule rouge permet de prendre contact avec la vraie réalité.

On peut dire que Cassie Jay eut une grande inspiration car ce titre reflète parfaitement la réalité. Non contente d'exposée des faits, la documentariste ira faire la rencontre des Honey Badgers, soit des femmes avocates se battant pour les droits des hommes. Oui des femmes en chair et en os ! Des femmes affiliées directement aux MRA, soit le mouvement masculiniste et qui ne font que continuer d'exposer des faits dérangeants. Le documentaire gagne constamment en véracité, à mesure que Cassie Jay commence à se questionner sur sa propre idéologie, à remettre en cause les croyances profondément ancrées en elle. The Red Pill, c'est quelque part cette onde de choc à même de reformater la pensée complète d'un individu. C'est un miroir qui met le spectateur devant le fait accompli et lui prouve que la notion de patriarcat n'est que fumisterie. Dès le début, une comparaison très intelligente eut lieu. Les deux sexes sont inconsciemment mis dans des carcans bien spécifiques.
Alors que la femme aura toujours ce rôle lié à la reproduction, l'homme sera affilié à la production. Il est le pilier qui maintient l'équilibre et la cohésion familiale en ramenant un salaire. Dès lors, pourquoi s'étonner que les postes à haute responsabilité, les postes de PDG soient essentiellement composés d'hommes ? La femme est naturellement axée à chérir et protéger son enfant, tandis que l'homme les protégera. Pourquoi vouloir changer cela alors qu'il s'agit d'un trait comportemental biologique ?

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The Red Pill brasse tout un tas de questionnements riches qui méritent d'être posés et offre un portrait bien peu reluisant du féminisme actuel. Les suffragettes et autres ont laissées la place à un féminisme radical vociférant sa haine profonde de l'homme qu'il n'osera jamais avouer. Un féminisme, aussi appelé féminazi, qui ne parvient pas à se contrôler et se laisse sauvagement guider par ses pulsions. Un féminisme préférant s'attarder sur des détails insignifiants comme vouloir mettre plus de rue portant le nom d'une femme ou faire campagne pour que les hommes urinent assis (ça s'est vu en Suède).
Au lieu de s'unir pour soutenir les filles pakistanaises vitriolées ou faire campagne contre les actes de viols en Inde, certaines ne combattent que par le biais du virtuel sans quoi que ce soit de concret. Aucune impartialité, argumentation tangible n'émanera malheureusement des féministes interviewées. Le documentaire, à lui seul, est trop riche pour ne se targuer que d'une seule chronique.

En conclusion, The Red Pill est le genre de documentaire qui manque au 21ème siècle. Un documentaire avec des burnes et qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Un documentaire qui enfonce des portes cloisonnées par une bien-pensance toxique et un politiquement correct nuisible. Alors que la population s'est indignée après les événements de Charlie Hebdo en scandant "Je suis Charlie", rien n'a réellement changé. La liberté d'expression est toujours mise à mal par des groupuscules qui se revendiquaient "être Charlie". La tolérance ne serait-elle que dans un seul sens ? Comment, en 2017, autant de violentes bagarres peuvent-elles encore exister pour imposer ses idéaux à toute la société ? N'est-ce pas là le fascisme, régime contre lequel beaucoup se battent mais en utilisent les armes ? Winston Churchill a dit : "Les antifascistes d'aujourd'hui seront les fascistes de demain" et honnêtement, on ne peut pas lui donner tort. Cette exposition des problèmes de compréhension entre les deux sexes peut s'extrapoler à une plus grande observation. La société est toujours autant immature, n'arrive pas à s'écouter et à se comprendre, chacun étant persuadé d'être dans le vrai sans chercher à débattre.
La liberté d'expression, tant érigée en fer de lance dans les années 70 et 80, régresse dangereusement.

Désormais, des protestations naissent pour un oui ou pour un non. Le simple fait de condamner une action X d'un groupuscule féministe suffit à se faire taxer de misogyne et recevoir des menaces. Je prendrais le cas du dessinateur Marsault qui passa sous le couperet de la gangrène féministe radicale. L'idéologie noble s'est transformée en un fanatisme exacerbé que rien ne semble pouvoir arrêter. Faudra-t-il attendre qu'il y ait des cas de violence physique voire de morts pour que la société puisse prendre conscience que nous sommes différents, tant hommes que femmes, mais que chaque sexe se doit d'avoir les mêmes privilèges que l'autre ? Arrêtons de nous focaliser sur des idées préconçues selon lesquelles les femmes seraient oppressées et les hommes seraient oppresseurs. Avançons main dans la main en faisant changer ensemble les choses. Misogynie comme misandrie se doivent d'être condamnés.
Quelqu'un m'a dit un jour que "l'amour était plus fort que la haine", ce à quoi je lui répondis "Mon cul ! Il l'était dans les années 70 et 80 où tout était permis mais aujourd'hui, permets6moi d'en rire !". Suis-je né à la mauvaise époque ? J'espère me tromper mais chaque jour me rappelle que la société devient une parodie grossière où l'émotionnel prend le pas sur le rationnel.
The Red Pill, c'est ce documentaire qu'il manquait à notre époque. C'est un coup de pied dans la fourmilière qui affiche un aspect de la société qui était sous nos yeux sans que nous ne l'ayons pleinement remarqué. Que les féministes radicales et les misogynes aillent se faire foutre ! Jacques Brel a dit : "Ce qui compte, c'est l'intensité d'une vie, pas la durée d'une vie". La vie est trop courte pour perdre sempiternellement son temps à dire que les hommes sont tous des salauds et que les femmes sont toutes des putes. 

 

Note : 19/20

 

 

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