devil doctor woman

Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans)
Année : 1986

Durée : 52 minutes

Synopsis : (1) Un travesti qui se présente comme médecin sans diplôme spécialiste des cas étranges et désespérés nous invite à en découvrir quelques-uns uns, sous forme de courts sketches. Au programme : une famille dont les têtes des membres explosent s'ils s'énervent, un homme atteint du syndrome de Jekyll and Hyde, un ventre de yakuza bavard, un buffet anthropophage, un couple "à moitié vivant", des organes abandonnés un peu trop affectueux, un homme qui transpire du sang, un tatouage farceur et une réunion de patients présentant différentes particularités physiques loufoques... (1)

La critique :

Pour les amateurs du cinéma trash et extrême, la série des Guinea Pig , qui se compose de six films à priori incontournables (The Devil's Experiment, Flower of flesh and blood, He Never Dies, Devil Woman Doctor, Android of Notre Dame et Mermaid in a manhole), constitue l'une des références en matière de barbaques et de tripailles. Et pour cause... Les deux premiers essais, The Devil's Experiment et Flower of flesh and Blood, s'appropriaient le mythe du snuff movie et narraient diverses tortures perpétrées par une bande de yakuzas dégénérés (The Devil's Experiment) et par un samouraï tout aussi azimuté (Flower of flesh and blood) sur deux japonaises anonymes.
Si la plupart des détracteurs crient à l'arnaque et à la supercherie, d'autres esprits se montrent beaucoup plus dubitatifs.

C'est par exemple le cas de l'acteur Charlie Sheen qui tombe fortuitement sur Flower of Flesh and Blood et dénonce la vidéo au FBI. Une enquête est carrément diligentée mais aboutira vers une impasse. Le réalisateur du film, Hideshi Hino, prétend avoir reçu une cassette ainsi que plusieurs lettres revendiquant le crime abominable. Que soit. Une telle publicité concourt à la notoriété des Guinea Pig, une série horrifique particulièrement érubescente, qui brille par son réalisme irrévocable et brut de décoffrage. La saga corrobore ce goût immodéré pour le gore et la provocation avec le chapitre suivant, le bien nommé He Never Dies (Masayuki Kuzumi, 1986).
Cette fois-ci, plus question de jouer avec la frontière ténue entre la fiction et la réalité. He Never Dies n'est pas un snuff movie et relate l'histoire d'un homme qui utilise tous les moyens pour se suicider... mais en vain !

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Via ce troisième volet, la franchise affirme et affine sa roublardise. Une goguenardise assumée et accréditée par le chapitre suivant, Devil Woman Doctor, réalisé par Hajime Tabe en 1986. Inutile de mentionner la distribution de cette nouvelle friandise, à moins que vous connaissiez les noms d'Eve, Masami Hisamoto, Nezumi Imamura, Peter, Masahiro Satô et de Naoto Takenaka, mais j'en doute... Après He Never Dies, la série des Guinea Pig vient de franchir un nouveau pas vers le précipice en optant pour le pittoresque et les situations les plus rocambolesques.
Il suffit de lire le synopsis pour s'en rendre compte. Attention, SPOILERS ! Un travesti qui se présente comme médecin sans diplôme spécialiste des cas étranges et désespérés nous invite à en découvrir quelques-uns uns, sous forme de courts sketches.

Au programme : une famille dont les têtes des membres explosent s'ils s'énervent, un homme atteint du syndrome de Jekyll and Hyde, un ventre de yakuza bavard, un buffet anthropophage, un couple "à moitié vivant", des organes abandonnés un peu trop affectueux, un homme qui transpire du sang, un tatouage farceur et une réunion de patients présentant différentes particularités physiques loufoques... Selon certaines informations (Source : http://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/376-guinea-pig-6-devil-woman-doctor), les producteurs de Guinea Pig, soucieux d'éviter un procès et une éventuelle condamnation, souhaitent euphémiser les ardeurs de la saga.
Pour y parvenir, rien de plus simple. Il suffit tout simplement de révéler les pitreries gore confectionnées à base de mannequins en plastique, de prothèses et de sauce tomate qui ne sont même plus dissimulées par la caméra ensanglantée de Hajime Tabe.

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Evidemment, pour ceux qui s'attendent à visionner un nouvel électrochoc digne de Flower of Flesh and Blood, ils risquent d'être sérieusement désarçonnés par cette bouffonnerie dans les règles. En l'état, difficile de ne pas qualifier ce Devil Doctor Woman de navet indigeste malgré la bonhommie générale. La faute revient à des trucages et à des maquillages grossiers qui ne cherchent même plus - encore une fois - à dissimuler les prothèses. La palme de la médiocrité revient sans doute à cet homme affublé de tatouages de serpents qui sillonnent et se déplacent le long de son corps, toute explication rationnelle échappant évidemment au regard de la science.
Dans ce carcan cinématographique, le personnage central, donc le fameux "Devil Doctor Woman" - qui n'est autre qu'un travesti - n'est qu'un avatar de Divine, la (le ?) célèbre égérie de John Waters. Sur la forme, Devil Doctor Woman s'apparente donc à une production Troma qui rencontrerait l'univers épars et déjanté de Pink Flamingos (John Waters, 1972), le talent, la désinvolture et l'érudition en moins. On aimerait s'esclaffer. Hélas, Devil Doctor Woman signe le glas définitif de la franchise même si cette dernière se poursuivra, toujours dans cette volonté de verser dans la truculence et l'abus de prothèses rutilantes. Chronique courte aujourd'hui mais sincèrement, je ne vois pas quoi dire de plus sur ce navet abyssal.

Côte : Navet

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/376-guinea-pig-6-devil-woman-doctor