la route

Genre : science-fiction, post-apocalyptique (interdit aux - 12 ans)
Année : 2009
Durée : 1h59

Synopsis : Il y a maintenant plus de dix ans que le monde a explosé. Personne ne sait ce qui s'est passé. Ceux qui ont survécu se souviennent d'un gigantesque éclair aveuglant, et puis plus rien. Plus d'énergie, plus de végétation, plus de nourriture... Les derniers survivants rôdent dans un monde dévasté et couvert de cendre qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut. C'est dans ce décor d'apocalypse qu'un père et son fils errent en poussant devant eux un caddie rempli d'objets hétéroclites - le peu qu'ils ont pu sauver et qu'ils doivent protéger. Ils sont sur leurs gardes, le danger guette. L'humanité est retournée à la barbarie. Alors qu'ils suivent une ancienne autoroute menant vers l'océan, le père se souvient de sa femme et le jeune garçon découvre les restes de ce qui fut la civilisation. Durant leur périple, ils vont faire des rencontres dangereuses et fascinantes. Même si le père n'a ni but ni espoir, il s'efforce de rester debout pour celui qui est désormais son seul univers. 

La critique :

Le nom de John Hillcoat rime essentiellement avec l'univers du clip vidéo et pour cause... Puisque le cinéaste a signé plusieurs clips pour Placebo (You don't care about us), Depeche Mode (I Feel Loved, Free Love et Goodnight Lovers), Nick Cave and the Bad Seeds (Babe I'm on fire), ou encore Massive Attack (The Spoils). Sa première réalisation remonte à 1988 et se nomme Ghosts... of the Civil Dead. Mais c'est surtout en 2005 que John Hillcoat se distingue avec le western La Proposition.
Dès 2007, le metteur en scène s'attelle à un nouveau projet, adapter l'opuscule de Cormac McCarthy, pour un film éponyme, sobrement intitulé The Road (2009), soit La Route en français. Ce n'est pas la première fois que l'univers du célèbre grimaud intéresse la sphère cinématographique. En l'an 2000, Billy Bob Thornton signe De si jolis chevaux.

En 2007, c'est au tour d'Ethan et Joel Cohen de réaliser No Country for old Men. Pour les thuriféraires du roman originel, La Route apparaît totalement inadaptable voire intransposable sur un format de deux heures de bobine (1h59 pour être précis...). Mais John Hillcoat n'en a cure et fait appel à l'érudition de Joe Penhall pour griffonner le scénario du film. De facto, là où l'opuscule de Cormac McCarthy se polarise davantage sur une humanité en déshérence et en proie à une violence exponentielle, John Hillcoat et son cacographe préfèrent se centrer sur la relation entre un père et son fils.
Si le film bénéficie d'une distribution dans les salles de cinéma, il est aussi présenté en compétition dans divers festivals, notamment à la 66e Mostra de Venise, puis aux festivals de Telluride, Toronto, Sitges et Londres (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Route_(film,_2009).

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Dès lors, inutile de préciser qu'une telle adaptation est évidemment attendue au tournant. Reste à savoir si le film de John Hillcoat remplit (ou non) son office. Réponse dans les lignes à venir... La distribution du long-métrage se compose de Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Charlize Theron, Robert Duvall, Guy Pearce, Garrett Dillahunt et Molly Parker. Attention, SPOILERS ! Il y a maintenant plus de dix ans que le monde a explosé. Personne ne sait ce qui s'est passé.
Ceux qui ont survécu se souviennent d'un gigantesque éclair aveuglant, et puis plus rien. Plus d'énergie, plus de végétation, plus de nourriture... Les derniers survivants rôdent dans un monde dévasté et couvert de cendre qui n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut. C'est dans ce décor d'apocalypse qu'un père et son fils errent en poussant devant eux un caddie rempli d'objets hétéroclites - le peu qu'ils ont pu sauver et qu'ils doivent protéger.

Ils sont sur leurs gardes, le danger guette. L'humanité est retournée à la barbarie. Alors qu'ils suivent une ancienne autoroute menant vers l'océan, le père se souvient de sa femme et le jeune garçon découvre les restes de ce qui fut la civilisation. Durant leur périple, ils vont faire des rencontres dangereuses et fascinantes. Même si le père n'a ni but ni espoir, il s'efforce de rester debout pour celui qui est désormais son seul univers. Nombreux sont les films post-apocalyptiques à avoir sondé et analysé la fin du monde avec plus ou moins de méticulosité.
Par certaines accointances, l'univers atomisé de La Route n'est pas sans rappeler celui de Mad Max (George Miller, 1979), le pétrole, les barbares et les courses poursuites effrénées en moins. Dans La Route, point de belligérances si ce n'est un monde en désuétude et sur le point de péricliter.

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John Hillcoat nous convie à suivre les pas et le long périple d'un père et de son fils. Les deux aventuriers en déveine sont anonymes et évoluent dans une société canonisée par une guerre nucléaire. Plus qu'un monde abandonné, John Hillcoat nous décrit une planète dévastée dans laquelle la nature, elle aussi en déliquescence, s'alanguit. Inexorablement. A l'image de ces arbres oblongs qui vacillent, la terre morte ne supportant même plus sa nature primordiale.
Certes, via plusieurs flashbacks habilement disséminés, John Hillcoat tente d'expliquer les tenants et les aboutissants d'une telle déréliction. Une chimère. Le scénario de La Route se révèle beaucoup plus captivant lorsqu'il se focalise sur la relation entre un patriarche et son fils. Mais un tel concept a aussi ses écueils et ses corollaires.

Au détour de plusieurs conversations oiseuses et de rencontres d'infortune, le père déboussolé inculque les valeurs d'un monde en dérive. "Surtout ne pas sombrer dans le cannibalisme !", tel est l'avertissement emphatique de cet homme face une humanité en plein marasme. Face à la pénurie de denrées et de nourritures, les hommes chassent et poursuivent des proies bien humaines. Sur ce dernier point, le film de John Hillcoat reprend les grandes lignes de l'opuscule de McCarthy, sans néanmoins retrouver sa fougue, sa splendeur littérale ni sa frénésie mortifère.
Car La Route, c'est aussi et surtout un manuel de survie dans une époque totalement ébranlée. Père et fils s'opposent devant un gueux dépouillé de ses frusques. 
Le fiston est beaucoup trop magnanime alors que le patriarche montre une attitude sans cesse suspicieuse et hostile. 

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Malheureusement, le duo n'évolue guère au fil du récit et s'apparente presque à un documentaire eschatologique entre deux comparses antagonistes. Pis, le père devient presque le personnage à abattre, empêchant le script d'évoluer vers d'autres contrées. D'où cette impression d'assister à une pellicule fastidieuse et redondante après une petite heure de bobine. Certes, le spectateur perplexe et dubitatif se consolera devant l'excellente partition de Viggo Mortensen qui trouve ici un jeune bambin de choix, un certain Kodi Smit-McPhee, qui lui file parfaitement la réplique.
Hélas, à l'inverse du roman de McCarthy, John Hillcoat ne parvient jamais - ou trop rarement - à transcender son sujet, laissant une impression mitigée lors du générique final. La qualité de l'interprétation sauve cette adaptation chimérique du néant intégral, en dépit de plusieurs saynètes perspicaces (l'indolence des arbres et la petite expédition chez une famille d'anthropophages, entre autres). Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout...

Note : 11/20

sparklehorse2 Alice In Oliver