Epouvante_sur_New_York

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 1982
Durée : 1h33

Synopsis : (1) Les forces de police de New York se retrouvent sur une nouvelle affaire des plus étranges. Un laveur de carreaux est retrouvé décapité sur son lieu de travail, sur une façade d’immeuble, alors que d’autres disparaissent en haut des gratte-ciels dans une gerbe de sang ! Plus bas, dans la rue, un petit arnaqueur raté se retrouve embrigadé malgré lui dans le hold-up d’un diamantaire. Entre les deux, la police retrouve des corps mutilés qui laisseraient à penser qu’une personne dans la ville commet des crimes rituels (1).  

La critique :

C'est surtout par l'intermédiaire des séries télévisées que Larry Cohen va acquérir sa notoriété dans l'univers corseté d'Hollywood. Il crée et participe à la conception de la série Les Envahisseurs (1967 - 1968) et réalise plusieurs épisodes de Columbo (Quand le vin est tiré, Candidat au crime et Exercice fatal). Parallèlement, Larry Cohen griffonne de nombreux scénarios, notamment pour le compte de William Lustig avec la trilogie Maniac Cop, puis sous l'égide de Sidney Lumet avec L'Avocat du Diable (1993), ou encore sous les précieuses instigations de Joel Schumacher avec Phone Game (2002).
Mais Larry Cohen, c'est aussi une filmographie foisonnante et exhaustive qui se focalise en particulier sur le cinéma bis. Les thuriféraires du cinéma fantastique et horrifique citeront évidemment Le monstre est vivant (1974), Les Monstres Sont toujours vivants (1979), The Stuff (1985), La Vengeance des monstres (1987), ou encore Les enfants de Salem (1987).

Vient également s'ajouter Epouvante sur New York, soit Q : The Winged Serpent dans la langue de Shakespeare, et réalisé en 1982. En l'occurrence, cette production impécunieuse fait partie de ces petites séries B injustement tancées et répudiées au moment de sa sortie dans les salles obscures. Aujourd'hui, le long-métrage fait partie de ces raretés quasiment introuvables sur la Toile ou en vidéo. Pourtant, au fil des années, Epouvante sur New York s'est octroyé le statut de film culte en raison, essentiellement, de ses effets visuels surannés et de sa créature encore plus périmée.
D'ailleurs, le concept du film, à savoir un mystérieux volatile qui décime les habitants de la ville de New York, n'est pas sans rappeler une autre bisserie pour le moins incongrue, j'ai nommé The Giant Claw (Fred F. Sears, 1957), qui détient la palme de l'un des pires films de science-fiction de tous les temps.

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Mais Larry Cohen n'a jamais caché sa fascination pour le cinéma Z des années 1950 avec sa litanie de pellicules aussi fauchées qu'ingénues. En outre, Epouvante sur New York se montre largement supérieur à son triste homologue. Mieux, Larry Cohen a pour ambition de signer une oeuvre qui oscillerait entre l'épouvante, le fantastique, le thriller et le genre policier. La distribution du film se compose de David Carradine, Michael Moriarty, Richard Roundtree, Candy Clark, James Dixon et Malachy McCourt. Attention, SPOILERS ! Les forces de police de New York se retrouvent sur une nouvelle affaire des plus étranges. Un laveur de carreaux est retrouvé décapité sur son lieu de travail, sur une façade d’immeuble, alors que d’autres disparaissent en haut des gratte-ciels dans une gerbe de sang !
Plus bas, dans la rue, un petit arnaqueur raté se retrouve embrigadé malgré lui dans le hold-up d’un diamantaire.

Entre les deux, la police retrouve des corps mutilés qui laisseraient à penser qu’une personne dans la ville commet des crimes rituels. Bien que réalisé en 1982 suite au succès retentissant de Le Choc des Titans (Desmond Davis, 1981), Epouvante sur New York ne bénéficie pas de l'érudition d'un Ray Harryhausen, un parangon des effets spéciaux et de la technique du stop-motion. Pour les effets spéciaux du film, Larry Cohen fait appel aux soins de toute une armada de techniciens (Aiko, Dave Allen, Randall William Cook, Roger Dicken, Dennis Gordon, Peter Kuran et Deed Rossiter) probablement avinés lors de la conception ubuesque de la créature ailée. Pourtant, l'affiche du long-métrage laisse présager un film d'horreur terrifiant et dans le sillage de King Kong. Toutefois, contrairement au remake réalisé par John Guillermin en 1976, Larry Cohen ne peut pas faire appel à un comédien pour revêtir les oripeaux emplumés du volatile.

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La technique de l'animatronique est également évincée, toujours pour des raisons pécuniaires. Dépité, Larry Cohen doit composer avec une équipe de techniciens qui maîtrisent maladroitement l'animation d'image par image. Que soit. Contrairement aux apparences, le charme de Q : The Winged Serpent ne repose pas vraiment sur sa créature démoniaque, mais sur son casting et son scénario alambiqué. Ainsi, l'apparition du monstre ailé dans la ville de New York serait intrinsèquement reliée à de vieilles légendes aztèques prônant la destruction et la fin du monde.
Si, de prime abord, le script peut paraître biscornu, les acteurs contribuent à l'inverse à lui donner une once de crédibilité. Par exemple, rien à redire sur la performance de David Carradine en policier opiniâtre et convaincu par cette histoire invraisemblable, au grand dam de ses supérieurs.

En l'occurrence, c'est surtout l'excellent Michael Moriarty qui tire son épingle du jeu dans le rôle d'un voyou de seconde zone qui se retrouve un peu par hasard dans la tanière de l'animal. 
C'est aussi ce qui se différencie Epouvante sur New York de la concurrence habituelle. Le long-métrage se garde bien de révéler la complexion funambulesque de son animal au profit d'une ambiance anxiogène et eschatologique. De facto, le film de Larry Cohen se polarise surtout sur ses personnages humains. Sur la forme, le métrage s'apparente donc à un thriller policier sur fond de divinité aztèque.
Bien conscient des écueils de son scénario, Larry Cohen se gausse lui-même de l'inanité et de la vacuité de sa pellicule. Ce qui rend ce Q : The Winged Serpent terriblement attachant, en dépit de ses faiblesses visuelles et narratives. Toutefois, le film est à réserver aux fans irréductibles du cinéma bis. 
Les autres pesteront et tonneront à raison contre un long-métrage outrageusement obsolète. Ma note finale pourra donc paraître particulièrement clémente.

Note : 11/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=686