indiana jones et le temple maudit

Genre : aventure
Année : 1984
Durée : 1h58

Synopsis : L'archéologue aventurier Indiana Jones est de retour. Il poursuit une terrible secte qui a dérobé un joyau sacré doté de pouvoirs fabuleux. Une chanteuse de cabaret et un époustouflant gamin l'aideront a affronter les dangers les plus insensés.  

La critique :

Est-il encore nécessaire de présenter Steven Spielberg, ce parangon du cinéma hollywoodien, et à qui l'on doit de nombreux classiques du Noble Septième Art ? On oublie souvent de le préciser mais la carrière cinématographique de "Spielby" débute vers le milieu des années 1960 via plusieurs courts-métrages, entre autres, Firelight (1964) et Amblin' (1968). Pour Steven Spielberg, il faudra patienter jusqu'en 1975 pour connaître son premier grand succès, Les Dents de la Mer, qui propulse le metteur en scène sur les feux de la rampe. A travers cette pellicule horrifique, Steven Spielberg renouvelle le genre "agression animale". Le vrai requin, ce n'est pas cette menace aquatique qui tortore et dévore des touristes de passage dans une station balnéaire, mais ces vils promoteurs qui sacrifient la populace au nom du lucre et d'un capitalisme cupide, avide et mercantile.

Steven Spielberg s'ébaudit de cette dissonance. Par la suite, le réalisateur se veut éclectique et touche à tous les registres, que ce soit la science-fiction aux relents pacifistes (Rencontres du Troisième Type, 1977), la comédie goguenarde et guerroyeuse (1941), le drame intimiste et historique (La Liste de Schindler, 1993), les dinosaures ressuscités de l'ère paléontologique (Jurassic Park, 1993), ou encore cette peur archaïque des attentats du 11 septembre 2001 via l'arrivée d'extraterrestres bellicistes (La Guerre des Mondes, 2005). Vient également s'ajouter le registre de l'aventure avec le bien nommé Les Aventuriers de l'Arche Perdue (1981).
A travers ce premier chapitre, qui va bientôt se transmuter en tétralogie, Steven Spielberg invente et crée un nouveau profil de baroudeur, l'archéologue intrépide qui s'apparente à une version modernisée de Tintin. 

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D'ailleurs, Hergé, le démiurge du célèbre reporter, n'a jamais tari d'éloges sur le travail de Steven Spielberg. Inutile alors de préciser qu'Indiana Jones et le Temple Maudit, réalisé en 1984 et second chapitre de la franchise, est évidemment attendu avec impatience. Certes, au moment de sa sortie, le long-métrage se solde par un succès colossal au cinéma, contrariant par la même occasion, l'omnipotence de SOS Fantômes et de Le Flic de Beverly Hills sortis la même année, au box-office américain. A contrario, les critiques et la presse cinéma se montrent beaucoup plus pondérées.
En outre, les diatribes concernent essentiellement la violence jugée outrancière du film. Aux Etats-Unis, Indiana Jones et le Temple Maudit écope carrément d'une classification "PG 13", ce qui correspond à une interdiction aux moins de 12 ans chez nous.

Pourtant, en France, le long-métrage est estampillé "Tous public". Indubitablement, on tient là l'épisode le plus virulent de la saga. Cette seconde aventure est scénarisée par les soins de George Lucas, bientôt adjoint par l'érudition de Willard Huyck et Gloria Katz. Frank Marshall participe lui aussi aux inimitiés et se retrouve derrière la production du film. La distribution de ce second volet se compose de Harrison Ford qui revêt à nouveau les oripeaux du célèbre archéologue, Kate Capshaw, Jonathan Ke Quan, Amrish Puri, Roshan Seth, Philip Stone, Roy Chiao, David Yip et Dan Aykroyd.
Pour la petite anecdote, Sharon Stone sera longtemps envisagée pour tenir le rôle de Wilhelmina « Willie » Scott, mais l'actrice sera finalement évincée au profit de Kate Capshaw. 
En l'occurrence, le tournage du film sera loin d'être une sinécure. 

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Initialement prévu en Inde, le tournage déplaît fortement aux autorités en place. Steven Spielberg est prié d'aller visiter des terres plus clémentes. Le Sri Lanka apparaît alors comme une terre beaucoup plus amène et hospitalière. Hélas, Harrison Ford se blesse et doit se faire soigner d'urgence à l'hôpital. Il est alors remplacé par un cascadeur. Pragmatique, Steven Spielberg filme cet homologue de dos lors de plusieurs saynètes de bagarres et d'action. Attention, SPOILERS !
(1) Shanghai, 1935... L'archéologue Indiana Jones se rend à la boîte louche Obi Wan afin d'y rencontrer le caïd Lao Che. Ils doivent y conclure une transaction : les cendres de Nurhachi, qu'apportent l'américain, contre une énorme pierre précieuse, en la possession de l'asiatique. L'échange tourne mal, mais Jones réussit à s'enfuir en compagnie de Willie Scott, une chanteuse américaine travaillant dans le night-club.

Avec l'aide du très jeune Demi-Lune, ils parviennent à l'aérogare, d'où ils fuient en avion. Mais ils sont trahis par les pilotes, qui les abandonnent en plein vol ! Indiana, Demi-Lune et Willie échappent de justesse à une mort certaine, mais se retrouvent perdus en plein cœur de l'Inde. Ils sont accueillis par les habitants d'un village misérable, soumis au joug cruel du maharadjah du palais de Pankot. Celui-ci leur a subtilisé leur pierre sacrée, le "Shiva linga", qui assurait la prospérité de leur communauté, puis a enlevé tous leurs enfants afin de les faire travailler pour son compte.
Indiana Jones compte bien récupérer la pierre sacrée pour la ramener en Occident, où cette trouvaille archéologique lui vaudra "fortune et gloire"... (1) 
Indiscutablement, Steven Spielberg est un tintinophile avisé. 

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En outre, le personnage de Demi-Lune est un avatar de Tchang dans Le Lotus Bleu. En l'occurrence, Indiana Jones et le Temple Maudit se veut beaucoup plus sombre que son auguste épigone. Cette fois-ci, Steven Spielberg nous entraîne au sein d'un village à l'agonie. Après moult péripéties, Indiana Jones ne peut empêcher l'inexorable et en particulier un enfant rachitique d'exhaler son dernier soupir, au grand dam de sa maternelle. Mais que l'aventurier se rassure...
Il pourra éventuellement sauver ce village affamé d'un sort funeste en retrouvant la pierre sacrée, celle qui doit faire tomber des pluies diluviennes. L'arrivée aérienne et inopinée d'Indiana et de ses acolytes correspond donc à une sorte de prophétie. Voici désormais l'aventurier auréolé du lourd fardeau de thaumaturge !

La suite de ses pérégrinations le conduit au sein d'un temple souterrain diligenté par une secte de gourous et de tortionnaires. Une thématique qui semble obnubiler Steven Spielberg puisqu'il réitérera peu ou prou la même trame scénaristique l'année suivante avec Le Secret de la PyramidePour le reste, Indiana Jones et le Temple Maudit cherche clairement à se démarquer de son illustre devancier via ses truculences et ses gags omniprésents. Ce qui marque aussi une rupture rédhibitoire entre la sériosité affichée, où les enfants sont outrageusement exploités, et une goguenardise qui met en exergue une artiste (Willie) passant son temps à geindre et à se demander où elle a pu fourrer sa trousse à maquillage. Ainsi, Steven Spielberg n'élude pas l'écueil de la complaisance et de la surenchère via plusieurs saynètes d'action outrancières.

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Paradoxalement, c'est aussi ce dernier élément qui concourt à la frénésie et à la réussite de ce second chapitre en apothéose. Au détour d'un plantureux banquet, ce sont des insectes, des serpents et des yeux globuleux qui font office de mets sapides (sic...). Le long-métrage atteint néanmoins son paroxysme lors d'une course poursuite effrénée dans une mine. Côtoyant parfois l'action grand-guignolesque, cette seconde aventure ne manquera pas de diviser l'opinion.
A raison, les esprits les plus circonspects pesteront et clabauderont après un script qui semble parfois échapper à l'ubiquité de Steven Spielberg, visiblement sur tous les fronts. 
A contrario, les thuriféraires de la franchise érigeront la grandiloquence et l'outrecuidance de ce deuxième épisode, qui a au moins le mérite de renouveler son concept et de ne pas péter plus haut que son derrière. En l'occurrence, le cacographe de cette chronique se situe clairement dans la seconde catégorie !

Note : 16/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=749&NamePage=indiana-jones-et-le-temple-maudit--indiana-jones-and-the-temple-of-doom-