matrix revolutions

Genre : science-fiction
Année : 2003
Durée : 2h08

Synopsis : La longue quête de liberté des rebelles culmine en une bataille finale explosive. Tandis que l'armée des Machines sème la désolation sur Zion, ses citoyens organisent une défense acharnée. Mais pourront-ils retenir les nuées implacables des Sentinelles en attendant que Neo s'approprie l'ensemble de ses pouvoirs et mette fin à la guerre ? L'agent Smith est quant à lui parvenu à prendre possession de l'esprit de Bane, l'un des membres de l'équipage de l'aéroglisseur. De plus en plus puissant, il est désormais incontrôlable et n'obéit plus aux Machines : il menace de détruire leur empire ainsi que le monde réel et la Matrice... 

La critique :

Dès le second chapitre, la messe était dite. Neo ne devait pas seulement s'envoler pour découvrir les nombreuses anfractuosités de la Matrice. Voici désormais le héros intrépide affublé de pouvoirs télépathiques, au grand dam de son énamourée (Trinity) ! Matrix Reloaded se terminait sur un Neo alangui et sombrant dans un sommeil léthargique, de quoi être un peu frustré en attendant la sortie de Matrix Revolutions, toujours réalisé par Andy et Larry Wachowski en 2003.
Ce troisième volet doit donc conclure la trilogie en apothéose. Telle est la promesse grandiloquente des deux frangins depuis Matrix premier du nom. Depuis les événements du premier épisode, la franchise a évolué vers d'autres sinuosités. Le monde des humains, évidemment factice, est supplanté par la genèse de la Matrice.

Telle était la didactique de Matrix Reloaded. Ainsi, nous apprenons que Neo n'est qu'un Elu parmi tant d'autres. Son rôle n'est pas forcément d'accomplir une prophétie, par ailleurs chimérique, mais de sauver la ville de Sion de l'hégémonie des machines. Hélas, l'agent Smith vient contrarier les desseins de Neo et de sa bande de renégats. Comment juguler les assauts de ce programme antithétique ? Comment parvenir à des temps plus cléments sans provoquer les assauts des Sentinelles ?
Autant de questions qui constituent évidemment l'apanage de Matrix Revolutions, mais pas seulement. A travers cette chronique, nous allons donc tenter humblement de décortiquer ce troisième chapitre, tout aussi alambiqué que son précédent devancier. Depuis les directions spinescentes de Matrix Reloaded, les frères Wachowski n'illusionnent plus personne.

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Via un scénario retors et alambiqué, Matrix Reloaded a transformé la franchise en une longue homélie prolixe, philosophique et logomachique, perdant le spectateur en cours de route. Les logorrhées et les billevesées de Lambert Wilson, déguisé en Mérovingien infatué, ont fini de parachever une saga en désuétude. En dépit de ses défauts rédhibitoires, la trilogie Matrix reste, à contrario, passionnante à analyser, notamment pour sa faculté à mélanger l'univers de 1984 (George Orwell), l'Allégorie de la Caverne (Platon) et la dialectique du maître et de l'esclave (Hegel), le tout corseté dans une sorte de multivers, imbriquant à la fois la culture cyberpunk et un monde humain chimérique régenté par les machines. Vous avez tout compris ? Non, toujours pas...
Alors bienvenue dans la trilogie Matrix !

A l'instar du deuxième opus, Matrix Revolutions essuiera à son tour des critiques mitigées. Pis, le long-métrage est souvent considéré comme le pire épisode de la trilogie. Reste à savoir si Matrix Revolutions est bel et bien la rebuffade annoncée. Réponse dans les lignes à venir... La distribution du film se compose de Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss, Laurence Fishburne, Hugo Weaving, Mary Alice, Nona Gaye, Jada Pinkett Smith, Matt McColm, Monica Bellucci, Lambert Wilson (déjà précité) et Harold Perrineau Jr. Pour la petite anecdote, suite au décès de Gloria Foster dans le rôle de l'Oracle, c'est une certaine Mary Alice qui vient en renfort et prêter ses traits chenus à cette sorte d'intercesseur entre les humains et les machines. Attention, SPOILERS ! La longue quête de liberté des rebelles culmine en une bataille finale explosive. Tandis que l'armée des Machines sème la désolation sur Sion, ses citoyens organisent une défense acharnée. 

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Mais pourront-ils retenir les nuées implacables des Sentinelles en attendant que Neo s'approprie l'ensemble de ses pouvoirs et mette fin à la guerre ?  L'agent Smith est quant à lui parvenu à prendre possession de l'esprit de Bane, l'un des membres de l'équipage de l'aéroglisseur. De plus en plus puissant, il est désormais incontrôlable et n'obéit plus aux Machines : il menace de détruire leur empire ainsi que le monde réel et la Matrice... Autant l'annoncer de suite.
Vous étiez circonspect lors du générique final de Matrix Reloaded ? Alors, vous risquez d'être encore plus désarçonné par Matrix Revolutions ! Certes, l'insurrection promise par les frères Wachowski dans les bandes annonces a bien lieu. Certes, Matrix Revolutions s'inscrit dans le sillage et le continuum de son auguste épigone.

Certes, ce troisième chapitre en fanfare propose de nouvelles introspections souvent captivantes. Pourtant, en dépit de ses thématiques pléthoriques, ce troisième opus ne parvient jamais (ou trop rarement) à transcender son sujet. A l'image de la mort de Trinity (désolé pour le SPOILERS !) qui nous laisse finalement pantois. A aucun moment, les frères Wachowski ne sont parvenus, tout au long de cette trilogie, à humaniser ses divers protagonistes. Et pour cause...
Puisque Neo, le personnage central de la franchise, n'est justement pas humain, en tout cas, pas réellement humain... 
Oui, je sais... Faut suivre ! Le prophète n'est donc pas ce thaumaturge qui va délivrer la plèbe de l'oppression des machines, mais une anomalie systémique justement générée par la Matrice afin de vaincre un autre programme, cette fois-ci beaucoup plus nocif. 

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Son nom ? L'agent Smith. Finalement, Neo et Smith ne sont pas si différents. Tel est par ailleurs l'avertissement emphatique de l'Oracle. Au départ, leurs quêtes sont presque analogues puisque les deux adversaires ont pour ambition d'annihiler la Matrice. Or, au cours de cette guerre acharnée, Neo comprend qu'il doit composer avec une intelligence artificielle et systémique. En vérité, l'Agent Smith n'est qu'une sorte de virus qu'il faut éradiquer du système.
Pour vaincre ce programme capable de se dupliquer à l'infini, Neo accepte de se fondre parmi les machines. Il n'est donc même pas un martyr ou une sorte de sauveur quasi christique, comme le laissait supposer Matrix Reloaded ; mais un programme consubstantiel qui finit par pactiser avec une mécanique parfaitement rôdée et qui doit, de temps à autre, ébranler quelques failles collatérales. 

De facto, cette fusion de Neo avec le coeur de la Matrice interroge aussi sur la réalité de Sion. A l'instar du monde des humains, la ville de Sion n'est-elle pas à son tour chimérique et une construction factice des machines ou d'une autre forme d'intelligence ? Cette question est à la fois mise en exergue par l'Oracle et l'Architecte. Depuis longtemps, ces deux-là ont parfaitement compris la réalité amphigourique de la Matrice, soit un univers en perpétuelle mutation.
A l'image du pugilat entre Neo et l'Agent Smith qui se déroule sous une pluie diluvienne. Ce temps capricieux et tempétueux symbolise justement un monde épars et évolutif qui échappe à la fois à l'intelligence humaine et artificielle. Ainsi, la trilogie Matrix fonctionne comme une sorte de multivers s'inspirant des théories quantiques et des dernières découvertes cosmologiques. 
On tient donc là une trilogie complexe, ésotérique et métaphysique qui continue d'alimenter les débats sur la Toile.
Hélas, difficile de ne pas tiquer devant un spectacle qui manque souvent d'envergure et même de fulgurance. Les frères Wachowski ont amorcé un premier chapitre captivant. La franchise aurait sans doute mérité un autre orfèvre derrière la caméra pour parachever une trilogie aussi foisonnante et exhaustive. Ma note finale pourra donc paraître particulièrement clémente.

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver