58 minutes pour vivre

Genre : action 
Année : 1990
Durée : 2h03

Synopsis : L'inspecteur de police McClane attend que l'avion de son épouse atterrisse dans un aéroport international proche de Washington. D'étranges allers et venues attirent son attention. Il suit des hommes qui communiquent discrètement entre eux jusqu'au sous-sol de l'aéroport. Là, des inconnus tirent sur lui et des mercenaires prennent le contrôle de l'aéroport, coupant toute communication avec l'extérieur. Les passagers des avions prêts à l'atterrissage, dont la femme de McClane, n'ont plus que cinquante-huit minutes pour vivre ! 

La critique :

Pour mémoire, on avait laissé l'inspecteur de police John McLane toiser le haut d'un immense building américain à la fin de Piège de Cristal (John McTiernan, 1988), triomphant des vils mercenaires qui avaient élu domicile dans une tour de plus de 80 étages et pris plusieurs dizaines de personnes en otage. Un scénario qui n'est pas sans rappeler, par certaines accointances, celui de La Tour Infernale (John Guillermin, 1974). Matois, John McTiernan s'approprie et réinvente le film catastrophe via le registre de l'action, du spectaculaire et toute une myriade de conflagrations.
Toujours là au mauvais moment. Une sorte d'incantation qui semble inlassablement poursuivre un John McLane véloce et intrépide. Malicieux, le policier vaincra toute une armada de renégats (attention, pas des terroristes car trop politiquement incorrect !).

Suite à l'immense succès de Die Hard premier du nom, la saga s'achemine vers un inévitable second chapitre, justement intitulé 58 Minutes pour Vivre, et réalisé par Renny Harlin en 1990. Vaquant à d'autres occupations, John McTiernan laisse le soin à son nouvel homologue de poursuivre les animosités. Que soit. Le metteur en scène effectuera un retour impromptu pour le troisième opus de la franchise, Une Journée en Enfer (1995). Quant à Renny Harlin, le cinéaste s'est surtout distingué dans le cinéma d'horreur et d'action, en particulier par l'intermédiaire de séries B impécunieuses.
Les thuriféraires du cinéma bis citeront évidemment Prison (1988), L'Île aux Pirates (1995), Au revoir à jamais (1996), Peur Bleue (1999), Driven (2001), ou encore La Légende d'Hercule (2014).

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L'intéressé possède donc une filmographie erratique parfois ponctuée de quelques fulgurances, comme l'atteste - par exemple - la sortie de Cliffhanger : traque au sommet (1993). Vous l'avez donc compris. 58 Minutes Pour Vivre reste à ce jour le film le plus populaire de Renny Harlin. Pour succéder à John McTiernan, le réalisateur sait qu'il ne peut plus miser sur une tour prise en otage par des criminels. Narquois, Renny Harlin se polarise sur le domaine aérien et l'univers éthéré des aéroports. Une dialectique qui serait difficilement concevable aujourd'hui, surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001. A l'instar de son auguste devancier, 58 Minutes pour Vivre sera à son tour parodié via La Tour de contrôle infernale (Eric Judor, 2016), une comédie goguenarde et dans la lignée truculente de La Tour Montparnasse Infernale (Charles Nemes, 2001).

La distribution de ce deuxième opus de la saga réunit derechef Bruce Willis, Bonnie Bedelia et Reginald VelJohnson. Viennent également s'ajouter William Atherton, Franco Nero, William Sadler, John Amos, Dennis Franz, Art Evans, Robert Patrick et John Leguizamo. Attention, SPOILERS ! (1) John McClane remarque deux individus louches à l'aéroport Dulles, près de Washington. Il les suit, les surprend en flagrant délit d'installation d'une bombe, les tue puis essaie d'alerter la police de l'aéroport.
Trop tard : prenant les deux criminels pour de vulgaires voleurs de valise, les flics tardent à prendre des mesures d'urgence, et ce qui devait arriver arrive : une bande de mercenaires commandés par l'ex-colonel de marines Stuart s'empare de la tour de contrôle. Ils empêchent les avions d'atterrir. Forcés de survoler l'aéroport en cercle jusqu'à épuisement du carburant, ces avions servent d'otage.

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En échange de la vie de centaines de passagers, Stuart exige de l'argent et un avion (1). La fameuse assertion de John McLane ("Toujours là au mauvais moment") est supplantée par la même antienne ("Encore là par hasard"). Une locution qui place immédiatement McLane parmi ces policiers poissards. Que ce soit la veille de Noël ou encore la Saint-Valentin, l'infortuné se retrouve toujours face à des voyous peu scrupuleux. Plus de dix ans avant les attentats du 11 septembre, Renny Harlin fait déjà preuve de médiumnité et ne rassure guère sur l'état de sécurité des aéroports de l'Oncle Sam.
Heureusement, McLane reste sur le qui-vive, renâclant dès son arrivée, le terrible subterfuge. A l'instar du précédent chapitre, les militaires, cette fois-ci diligentés par le commandant Grant (John Amos), ne sont pas des terroristes, mais toujours (et encore) des mercenaires aguerris.

En l'occurrence, Renny Harlin sait qu'il ne réitérera pas les prouesses ni les fulgurances pyrotechniques de John McTiernan avec Piège de Cristal. En l'état, Renny Harlin fait office, au mieux, d'honnête artisan du cinéma bis. Si 58 Minutes pour Vivre est bel et bien auréolé du statut de blockbuster, le long-métrage s'apparente donc à une série B lucrative et explosive. Si Renny Harlin ne possède pas l'ingéniosité ni l'érudition d'un John McTiernan, le metteur en scène tire néanmoins son épingle du jeu via un solide film d'action, par ailleurs largement supérieur à d'anciennes gloires éphémères du box-office USA (notamment le surestimé Speed, Jan De Bont, 1994).
58 Minutes pour Vivre n'a donc pas à rougir de la comparaison avec son illustre épigone. De nouveau en alerte, John McLane se hâte, accourt, se précipite, halète, se démène...

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Hélas, malgré son étonnante ubiquité, le policier ne peut empêcher l'inexorable. Un avion se crashe et laisse périr plusieurs dizaines de passagers. Contrairement à Piège de Cristal, 58 Minutes pour Vivre déploie un scénario un peu plus alambiqué que Renny Harlin maîtrise avec plus ou moins de sagacité. Bruce Willis répond évidemment à l'appel et remplit largement son office. Toutefois, on regrettera un grand méchant peu charismatique et aux préceptes trop soldatesques pour susciter réellement l'adhésion. D'ailleurs, le combat final entre McLane et le commandant Grant laisse au mieux sérieusement pantois. Car la saga Die Hard, au-delà de son héros inébranlable, c'est aussi un bad guy factieux et prétentiard, invariablement touché par le Complexe d'Icare. Une rhétorique qui n'échappera pas à John McTiernan pour le chapitre suivant. Cependant, ne soyons pas trop sévère.
Si 58 Minutes pour Vivre ne rivalise pas avec son devancier, il n'en demeure pas moins un divertissement suffisamment explosif pour conquérir derechef le coeur du grand public. C'est déjà pas mal.

Note : 14/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://www.cinemafantastique.net/58-minutes-pour-vivre.html