candyman 2

Genre : horreur, épouvante, slasher (interdit aux - 12 ans)
Année : 1995
Durée : 1h39

Synopsis : La liaison illicite et tragique d'un jeune artiste noir, fils d'esclaves et d'une jeune fille blanche fit naître, au lendemain de la guerre de Sécession, la légende de Candyman. Aujourd'hui à La Nouvelle-Orléans une jeune institutrice, orpheline de père, va de nouveau être au coeur de cette terrible légende.  

La critique :

A la fin des années 1980, la sortie de Le Cauchemar de Freddy (Renny Harlin, 1989), quatrième chapitre consacré aux exactions oniriques du boogeyman griffu, corrobore la fin du slasher et le glas de tous ces croquemitaines qui ont toisé le haut des oriflammes durant cette même décennie. Certes, Le Cauchemar de Freddy remportera suffisamment de pécune à ses producteurs pour justifier la mise en chantier de trois nouveaux épisodes (L'enfant du cauchemar, La fin de Freddy : l'ultime cauchemar et Freddy sort de la nuit). Mais le coeur n'y est plus.
Même les fans de Freddy Krueger sont désarçonnés par les directions spinescentes de la franchise. A l'instar de Michael Myers et de Jason Voorhees, les sociopathes azimutés d'Halloween et de Vendredi 13, Freddy Krueger est prié de retourner gentiment dans ses pénates.

A l'époque, le slasher semble définitivement inhumé. Impression subodorée par les sorties d'Halloween 4 (Dwight H. Little, 1988), Halloween 5 (Dominique Othenin-Girard, 1989), et Halloween 6 (Joe Chapelle, 1995), trois nouveaux épisodes qui finissent de parachever une saga en désuétude depuis belle lurette. Pour les adulateurs du slasher, il faudra faire preuve de longanimité et patienter plusieurs années avant de voir poindre le grand retour du croquemitaine décérébré avec Scream (Wes Craven, 1996). La grande force du film de Wes Craven est justement de jouer avec les codes inhérents du genre, le long-métrage confinant parfois à l'autodérision, tout en proposant une histoire crédible sur fond de duplicité maladive. A l'instar des Halloween et autres avatars du même acabit, Scream premier du nom va se transmuter en trilogie, s'inscrivant durablement dans la culture populaire américaine.

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Mieux, le slasher de Wes Craven inspire et engendre de nombreux épigones, notamment Souviens-toi... L'été dernier (Jim Gillespie, 1997) et Urban Legend (Jamie Blanks, 1999). A l'époque, Scream est considéré comme le meilleur slasher des années 1990. C'est vite oublier Candyman (Bernard Rose, 1992), un film d'épouvante beaucoup plus sombre, nihiliste et oppressant, qui renouvelle à sa manière la dialectique pérorée par tous les slashers durant les deux dernières décennies.
En outre, l'action de Candyman ne se déroule pas dans une ville estudiantine et/ou dans un univers cossu, mais vient renâcler du côté de la plèbe - l'armée de réserve du capitalisme arguerait Karl Marx. Dans Candyman, point de héros pré-pubère ni de geeks hédonistes. Le film de Bernard Rose repose sur une malédiction à l'aura démoniaque et comminatoire.

Si Candyman premier du nom n'ameute pas spécialement les foules dans les salles, il engendre suffisamment de bénéfices par l'intermédiaire de la vidéo pour justifier une trilogie, avec Candyman 2 (Bill Condon, 1995) et Candyman 3 : le jour des morts (Turi Meyer, 1999). Aujourd'hui, c'est le cas de Candyman 2 qui fait l'objet d'une chronique dans nos colonnes. A la fois acteur, producteur, scénariste et réalisateur, Bill Condon s'est notamment illustré via plusieurs pellicules notoires, entre autres Ni dieux ni démons (1998), Dreamgirls (2005), Twilight chapitre IV : Révélation - 1ère partie (2011), Twilight Chapitre V : Révélation - 2e partie (2012) et La Belle et la Bête (2017). Autant dire que le cinéaste ne possède pas vraiment une filmographie des plus éloquentes.
Toutefois, pour l'écriture du scénario de Candyman 2, Bill Condon fait appel aux soins et à l'érudition de Clive Barker, le célèbre démiurge de la saga Hellraiser.

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La distribution de ce second chapitre se compose de Kelly Rowan, Tony Todd, Veronica Cartwright, Bill Nunn, William O'Leary et Timothy Carhart. Attention, SPOILERS ! La liaison illicite et tragique d'un jeune artiste noir, fils d'esclaves et d'une jeune fille blanche fit naître, au lendemain de la guerre de Sécession, la légende de Candyman. Aujourd'hui à La Nouvelle-Orléans une jeune institutrice, orpheline de père, va de nouveau être au coeur de cette terrible légende. 
A l'instar de Freddy Krueger, la saga consacrée aux aventures de Candyman possède une figure immédiatement identifiable. En l'occurrence, c'est Tony Todd, impressionnant de robustesse, qui vient prêter ses traits à l'affreux croquemitaine. L'introduction de Candyman 2 a le mérite de présenter rapidement les inimitiés.

Lors d'une conférence, un maître de cérémonie défie la légende locale en prononçant cinq fois le nom de Candyman. Quelques heures plus tard, ce dernier est assassiné. La police retrouve la dépouille déchiquetée et éventrée du haut vers le bas. Contrairement au premier chapitre, Candyman 2 délaisse la populace, préférant se focaliser sur la genèse de l'abominable croquemitaine. Après un début en fanfare, le film, étrangement sage et policé, revêt les oripeaux d'une enquête policière.
Paradoxalement, c'est aussi le gros point faible de cette suite falote et amphigourique. En se détachant des prolos et des quartiers malfamés des Etats-Unis, Candyman 2 se révèle curieusement obsolète, nageant invariablement dans le vide. De facto, difficile de se passionner pour cette nouvelle aventure puisque le film ne repose plus sur ce microcosme urbain engoncé dans ses légendes maléfiques.

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Bill Condon préfère se polariser sur la généalogie du boogeyman. Même les acteurs, Tony Todd en tête, peinent réellement à exister et/ou à se démarquer dans cette suite inepte et stérile. Il faudra patienter longtemps avant de voir le croquemitaine réapparaître, le tout corseté à coup de xénophobie ambiante. Dans Candyman 2, c'est une certaine Kelly Rowan qui succède à Virginia Madsen. L'actrice a toutes les peines du monde à transcender son personnage, il est vrai famélique.
De surcroît, difficile de croire à cette historiette familiale reliée au meurtre et au long supplice d'un Candyman rudoyé par des villageois goguenards. Certes, Bill Condon tente bien de s'approprier le mythe via plusieurs avertissements emphatiques : "Gardez les lèvres closes et ne prononcez pas son nom !". Une chimère. Pourtant, lors de sa dernière demi-heure, le film retrouve, par instants, cette fougue de naguère, notamment en prodiguant de nouvelles informations sur le boogeyman crochu. Mais ne soyons pas dupe. Candyman 2 souffre inévitablement de la comparaison avec son auguste épigone. C'est donc un sentiment d'amertume qui point lors du générique final. 

Note : 08/20

sparklehorse2 Alice In Oliver