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Genre : science-fiction, action (interdit aux - 12 ans)
Année : 1990
Durée : 1h39

Synopsis : Dans un futur proche, 3 professeurs sont recrutés pour faire régner l'ordre dans un lycée américain. Il s'agit en fait de cyborgs qui sont sans pitié. Ils étaient programmés au début pour l'armée. Leur mémoire a été effacée pour ce nouveau programme mais l'ancien refait surface. S'en suit une guerre sans merci conte les lycéens qui décident de se défendre. Une seule règle : survivre ou mourir. 

La critique :

Toujours la même ritournelle... En 1971, la sortie d'Orange Mécanique, réalisé par Stanley Kubrick, marque une rupture fatidique et rédhibitoire dans le Noble Septième Art. Désormais, le cinéma s'empare de la violence et de cette révolution sociale, idéologique et culturelle qui gronde dans le monde occidental. Le capitalisme mécanique et patriarcal, décrit par un Charlie Chaplin sarcastique dans Les Temps Modernes (1936), est supplanté par une nouvelle dialectique : l'hédonisme et l'égotisme à tous crins. Privé de limites, d'interdits et de repères, nos jeunes jouvenceaux indociles se regimbent contre une société en pleine déliquescence. A contrario, pour réfréner les ardeurs de nos jeunes sociopathes en culotte courte, les gouvernements se nimbent de velléités autocratiques, rappelant ainsi les pires heures du Nazisme et du Stalinisme. Telle était la didactique d'Orange Mécanique.

Bientôt, le chef d'oeuvre anticipationnel de Stanley Kubrick inspire de nombreux épigones, notamment Class 1984 (Mark L. Lester, 1982). Cette fois-ci, les inimitiés se déroulent dans un lycée paumé des Etats-Unis et régenté par une bande de jeunes renégats. Andrew Morris, un professeur de musique, tente d'alerter ses hiérarques et l'institution toute entière. Une chimère. Cette série B, scénarisée par les soins de Tom Holland, se transmute en véritable guérilla, opposant des professeurs à l'agonie à des élèves en dissidence. L'escouade de jeunes rebelles est diligentée par un certain Peter Stegman, un clone d'Alex DeLarge, le "héros" (c'est un euphémisme !) d'Orange Mécanique.
Très vite, Class 1984 revêt les oripeaux d'un film culte s'alarmant de cette jeunesse américaine en péril et d'une institution - l'école - en voie de néantisation.

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Opportuniste, Mark L. Lester décide de réaliser un second chapitre, intitulé Class of 1999, et sorti en 1990. Le film sera suivi par Class of 2001 (Spiro Razatos, 1999), engendrant à son tour de nombreux homologues, notamment Le Proviseur (Christopher Cain, 1987), The Substitute (Robert Mandel, 1996), ou encore 187 : Code Meurtre (Kevin Reynolds, 1997). Toutes ces productions annoncent une tragédie à venir, celle du massacre de Columbine, et qui inspirera un autre film, Elephant (Gus Van Sant, 2003). Avec Class of 1999, Mark L. Lester délaisse les thématiques sociologiques du premier opus au profit d'une série B guerroyeuse qui bouffe un peu... beaucoup... énormément à tous les râteliers.
Pas question de réaliser un nouvel avatar d'Orange Mécanique ni de renâcler vers cette analyse sociale et sociétale d'une jeunesse en pleine décrépitude.

Cette fois-ci, c'est un autre film de science-fiction qui est transposé... dupliqué... photocopié à l'écran : Terminator (James Cameron, 1984). On oublie souvent de le dire et de le préciser. Mais le film de James Cameron reste avant tout une série B lucrative. A l'instar d'Orange Mécanique, le long-métrage va inspirer à son tour toute une multitude d'avatars surannés. Indubitablement, Class of 1999 appartient à cette dernière catégorie. Par certaines accointances, le film n'est pas sans rappeler les relents eschatologiques de Max Max (George Miller, 1979) premier du nom puisque nos chers élèves se sont carrément métamorphosés en jeunes guerriers de la route.
Certes, Class of 1999 fait office de série B impécunieuse. Pourtant, la distribution du film se paie tout de même le luxe de réunir Pam Grier, Patrick Kilpatrick, Stacy Keach et Malcolm McDowell.

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Tiens... Tiens... On trouve justement l'acteur, désormais chenu, d'Orange Mécanique ! Viennent également s'agréger Bradley Gregg, Traci Lind, John P. Ryan et Joshua Joan Miller. Attention, SPOILERS ! Dans un futur proche trois professeurs sont recrutés pour faire régner l'ordre dans un lycée américain. Il s'agit en fait de cyborgs qui sont sans pitié. Ils étaient programmés au début pour l'armée. Leur mémoire a été effacée pour ce nouveau programme mais l'ancien refait surface.
S'en suit une guerre sans merci contre les lycéens qui décident de se défendre. Une seule règle : survivre ou mourir. Depuis les événements de Class 1984, notre jeunesse récalcitrante s'est transmuée en une version débridée des barbares de Mad Max. Eux aussi roulent en moto et dans des voitures vrombissantes. Pis, nos jeunes éphèbes sont même nantis d'une véritable armada militaire !

Première question qui taraude notre esprit dubitatif : comment ces jouvenceaux, pourtant issus de la plèbe et nouvelle armée de réserve du capitalisme, ont-ils pu se procurer autant d'armes, déjouant par ailleurs les desseins d'une police impuissante ? Peu ou prou de réaction du gouvernement qui ne pipe pas le moindre mot. A défaut d'envoyer ses militaires, les édiles politiques font appel aux soins de la technologie révolutionnaire. Pour mater nos jeunes intrépides, il suffit de remplacer les professeurs humains par des androïdes ! Sur la forme comme sur le fond, Class of 1999 n'entretient donc aucun rapport avec son auguste prédécesseur, si ce n'est que les hostilités se déroulent toujours (et encore) dans un lycée étroitement surveillé.
Pour ceux qui ont déifié et sacralisé le premier film de Mark L. Lester, ils sont priés de quitter leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates.

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Class of 1999 ne sera pas un film d'anticipation avec un message radical, mais un pur produit d'action et de science-fiction, le long-métrage poussant le vice jusqu'à dupliquer certaines saynètes de Terminator. A l'aune du générique final, on se demande comment Malcolm McDowell a pu se laisser fourvoyer dans une production aussi inepte et stérile. En dépit de son scénario amphigourique et azimuté, Class of 1999 est-il aussi catastrophique qu'il en a l'air ?
En l'état, le métrage n'est ni un nanar ni un navet sérieusement avarié. Aussi sera-t-il nécessaire de visionner cette série B au cinquième degré. Class of 1999 mélange, avec plus ou moins de minutie et de cohérence, des robots, des élèves en insurrection et un corps professorat en pleine déréliction. Indubitablement, le film n'a pas pour vocation de dénoncer les tares ni les carences de notre société consumériste. De facto, merci de visionner Class of 1999 pour ce qu'il est, à savoir une bisserie à tonalité martiale préfigurant, dix années auparavant, la dialectique de Battle Royale (Kinji Fukasaku, 2001). Ma note finale pourra donc paraître particulièrement clémente.
Objectivement, le film mérite moins, beaucoup moins...

Note : 08/20

sparklehorse2 Alice In Oliver