circus of the dead

Genre : horreur, trash, ultra gore (interdit aux - 18 ans)
Année : 2014
Durée : 1h45

Synopsis : Don a tout pour être heureux. Une belle maison, une jolie femme Tiffany, et deux filles adorables. Pourtant, il est en proie à des états d'âme et un mal être persistant. Pour se changer les idées, sa femme l'emmène voir un vieux cirque qui s'est installé près de chez lui. Mais mal lui en prend car le cirque sert de repaire à un gang de clowns psychopathes qui enlèvent et torturent des gens qu'ils choisissent parmi le public. Dirigé par le terrifiant "Papa Corn", le groupe de meurtriers jette son dévolu sur Don et sa petite famille. Après avoir sauvagement assassiné Tiffany, les clowns kidnappent les filles du couple. Pour les sauver, Don va devoir participer à des crimes abominables. 

La critique :

Mes amis, avouez que depuis l'indigestion de batraciens du vomitif Genki Genki 21, je vous ai laissés un peu de répit en vous proposant des oeuvres beaucoup moins furieuses que d'habitude (quoique Lunacy était bien secoué quand même. Ce fut donc un petit moment de douceur offert aux cinéphiles viscéralement réfractaires au genre trash et à ses déviances immorales. Ce fut aussi l'occasion de rappeler à ceux qui l'ignoraient encore, que tous les genres m'intéressent et pas seulement les films qui pataugent dans le vomi, les excréments ou la barbaque hachée !
Cette énième mise au point étant actée, je sonne aujourd'hui la fin de la récréation. Mon naturel sanguinaire ayant repris le dessus, je vous annonce donc un déluge d'abominations pour les semaines à venir puisque vous allez devoir subir, pauvres malheureux, pas moins de 8 chroniques consécutives de films (plus ou moins) extrêmes. Plutôt plus que moins, d'ailleurs. Alors, bonne chance ! 
Commençons donc ce programme d'apocalypse en douceur (façon de parler) avec Circus Of The Dead, un film indépendant américain sévèrement burné.

Intro : depuis toujours, le cinéma et le clown ont été intimement liés. De Larmes De Clown (1925) avec l'immense Lon Channey au phénomène "Ça" qui a tout emporté sur son passage en cette année 2017, le personnage à la fois sympathique et inquiétant de l'amuseur de cirque a tenu une place privilégiée dans le coeur des spectateurs et les scripts des réalisateurs. Du nanar culte Killer Clowns From Outer Space à la série Z ultra gore 100 Tears, en passant par la comédie dramatique Balade Triste, c'est un constat indéniable, le personnage du clown est fédérateur.
Un personnage sur lequel les scénaristes peuvent bâtir des histoires autant diverses que variées. En 2017, évoquer un film sur les clowns oblige de passer par la case "Ça". Remake plus ou moins déclaré du célèbre téléfilm de Tommy Lee Wallace qui terrifia des millions d'adolescents pré-pubères au début des années quatre-vingt-dix, le film d'Andrés Muschietti est devenu le film "d'horreur" le plus rentable de tous les temps (683 500 000$ de recettes), battant au passage les précédents records établis il y a fort longtemps par L'exorciste (1973), et plus récemment par Sixième Sens (1999).

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Véritable phénomène planétaire, "Ça" a surfé sur la vague d'un immense buzz internet positif pour asseoir sa domination au box-office. Le film recèle d'indéniables qualités, savamment formatées pour faire frissonner un large public. "Large public"... c'est donc ici que s'arrête toute comparaison avec Circus Of The Dead car ce "film de clowns" confidentiel, réalisé en 2014 par un certain Billy Pon, affiche un niveau de violence et de barbarie qui n'est certainement pas destiné aux âmes sensibles. En effet, jamais ces êtres ambigus n'avaient été présentés avec une telle brutalité à l'écran.
Pourtant dotée d'un budget microscopique, cette oeuvre réalise la performance de damer le pion à beaucoup de films financièrement bien mieux lotis. La mise en scène est nerveuse, cohérente et sans temps mort. L'image salie, légèrement granuleuse, les nombreux passages filmés dans l'obscurité donnent aux situations un aspect véridique tout en procurant au spectateur un sentiment de malaise. 
Le réalisateur choisit de situer son histoire dans les bleds paumés du Texas profond ; autrement dit, ambiance glauque et poisseuse garantie.

Si le film ne peut être considéré comme extrême dans sa totalité, certaines scènes s'en rapprochent tout de même beaucoup de par leurs côtés choquants et psychologiquement perturbants. Billy Pon n'est pas là pour faire dans la demi-mesure : le film est vraiment très gore et les situations sont hyper malsaines. Bref, ce long-métrage recèle tous les ingrédients que les amateurs de cinéma trash et déviant sont en mesure d'attendre. Attention spoilers : Don a tout pour être heureux. Une jolie femme prénommée Tiffany, et deux filles adorables. Toutefois, Don a le blues et traîne une mélancolie persistante. Pour lui changer les idées, sa femme décide de l'emmener dans un vieux cirque qui s'est installé près de chez eux. Mais ce cirque miteux sert en fait de repaire à un gang de clowns complètement psychopathes. Leur chef, le sadique et pervers Papa Corn, remarque de suite la belle Tiffany au bord de la piste.
Il s'arrange alors pour que Don soit le gagnant d'un jeu tiré au sort afin de connaître son adresse. Quelques temps après, alors que Tiffany est en train de tromper son mari avec T.C Young, un jeune officier de police noir, le gang de clowns débarque et massacre les amants. Une fois rentré chez lui, Don découvre non seulement que sa femme a été décapitée, mais aussi que ses filles ont été enlevées par le gang de criminels.

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Papa Corn lui propose alors un horrible marché : s'il veut les revoir vivantes, Don doit participer au massacre que le groupe démoniaque s'apprête à perpétrer. Pour le bon père de famille, la nuit promet d'être longue, très longue. L'aventure infernale peut commencer... "Les clowns peuvent commettre des meurtres en toute impunité" - John Wayne Gacy. Bien, bien. Alors, après cette petite maxime introductive d'un expert en matière criminelle, nous voilà d'emblée plongés au coeur du sujet et prévenus : le film ne va pas faire dans la dentelle. Et les hostilités qui vont se dérouler à l'écran ne font que confirmer cette mise en garde. Au niveau des exactions, ces clowns monstrueux feraient passer tous les Michael Myers de la création pour des premiers communiants. Au programme des festivités : arrachage de langue, égorgement, décapitation, viols, nécrophilie, avortement avec dislocation de foetus sur le bitume, cannibalisme, éclatement de visage à l'aide d'un nain de jardin (!) et j'en passe...
La violence graphique est sans concession, les actes sont d'une perversité sans équivoque et le destin du personnage principal est d'une noirceur à faire pâlir les classiques de la tragédie antique. Pour Don le bon père de famille, le dilemme est terrifiant de simplicité. Pris entre sa répulsion à participer à des homicides et son envie de conserver ses filles vivantes, il a vite fait son choix ; menacé par le diabolique Papa Corn, il n'a d'autre solution que de suivre le gang dans ses crimes barbares, ses exécutions sommaires et ses viols caractérisés.

Soumis à un horrible chantage et à une pression psychologique de tous les instants qui l'oblige à devenir lui-même un meurtrier, son sort semble scellé d'entrée de jeu. La fin du film est à ce sujet, effroyable de désespérance car ce combat qu'il aura livré avec ses ravisseurs en même temps qu'avec sa propre conscience, n'aura servi à rien. Le pauvre homme se retrouvera au volant d'une voiture, ses deux filles mortes à l'arrière (Papa Corn n'ayant pas respecté sa parole) et encerclé par la police qui le croit responsable du carnage nocturne perpétré par le gang de clowns mortifères.
Billy Pon nous inflige donc un final d'un nihilisme absolu à l'image de ses protagonistes qui ne semblent éprouver aucun sentiment. Avec Papa Corn (remarquablement interprété par Bill Orberst Jr), Circus Of The Dead s'est trouvé un boogeyman de tout premier ordre. Cynique et manipulateur, détestable en tous points, ce clown cauchemardesque réunit à lui seul toutes les tares que les serial killers ont accumulées durant toute l'histoire du cinéma !

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Il viole et assassine sans le moindre état d'âme, assisté dans ses tristes besognes d'un gang qui ne compte que des individus tous plus dégénérés les uns que les autres. Parmi eux, on retiendra le colosse Noodledome qui s'adonne allègrement au cannibalisme en ne rechignant pas à déguster quelques morceaux de chairs tombés des corps en charpie... Ce même Noodledome s'illustre notamment dans la scène paroxystique du film qui se déroule dans une station-service, où le gang va déclencher un chaos indescriptible en violant puis en assassinant la caissière, tout en semant la terreur parmi les clients abattus de façon méthodique. Comme vous pouvez le constater, en comparaison de ce film et malgré tout le pataquès que l'on a fait autour de lui, le "terrifiant" Ça peut aller se rhabiller !
Circus Of The Dead peut se targuer d'être certainement l'un des meilleurs films de clowns jamais réalisés, et sans conteste le plus extrémiste. Extrémiste mais non dénué d'humour. Un humour forcément très noir car loin de se confiner à une ambiance oppressante et inconfortable, Billy Pon saupoudre son métrage de scènes tragi-comiques en parfaite adéquation avec l'identité des tueurs.

Ce sont des êtres avilissants, des sadiques, des détraqués certes, mais ils tuent toujours avec le sourire. Clowns jusqu'au bout du nez rouge ! Ainsi, avant de violer une de ses victimes, Papa Corn nous dévoile un petit smiley dessiné sur le bout de son pénis... D'autre part l'action se déroulant au fin fond du Texas, le réalisateur ne résiste pas à nous offrir un gros clin d'oeil à Massacre À La Tronçonneuse quand la voiture des criminels se gare devant un cinéma où "The Texas Chainsaw Massacre" est à l'affiche ; puis lorsque les clowns se lancent dans une chasse effrénée au "gibier" munis de l'instrument fétiche de Leatherface ! Cet hommage se justifie d'autant plus qu'avec ses protagonistes décérébrés et ses décors cradingues, le film rappelle furieusement l'univers du film de Tobe Hooper où se mélangeaient crasse, hurlements et hémoglobine. Au final, il se dégage de ce film un indéniable capital sympathie pour le spectateur adepte d'un cinéma hard, brut de décoffrage, aux antipodes des standards commerciaux actuels. Inconnu des radars cinématographiques jusqu'à présent, Billy Pon frappe un grand coup avec Circus Of The Dead en réalisant une oeuvre maîtrisée de bout en bout.
Si bien sûr, tout n'est pas parfait dans le film (à commencer par son titre d'une affligeante banalité), on ne peut que louer la qualité de sa mise en scène, la justesse de ses acteurs et le réalisme de ses effets spéciaux. Violent, jusqu'au-boutiste avec des séquences particulièrement gratinées (l'interdiction aux mineurs paraît tout de même un tantinet exagérée), Circus Of The Dead va revigorer les férus de gore clownesque qui n'ont sûrement pas trouvé leur bonheur avec "Ça", blockbuster calibré aux normes d'un cinéma horrifique devenu lisse et aseptisé.
Quant à ceux qui souffrent de coulrophobie, autrement dit si vous avez une peur viscérale des clowns, vous pouvez passer votre chemin dare-dare et rayer ce film de vos prochains spectacles sous peine de cauchemarder des nuits entières au terrifiant Papa Corn !

Note : 16/20

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