la malédiction de chucky

Genre : horreur, épouvante, slasher (interdit aux - 12 ans)
Année : 2012
Durée : 1h37

Synopsis : La fameuse poupée tueuse est de retour. Cette foi-ci, elle terrorise une famille lors d'un enterrement... 

La critique :

Parmi les slashers les plus populaires des années 1980, Chucky, la poupée sanguinaire, reste une figure comminatoire, emblématique et incontournable, venant presque contrarier l'hégémonie de Michael Myers, Freddy Kruger, Jason Voorhees et autres Leatherface via plusieurs franchises horrifiques et rébarbatives. Chucky connaît ses premières lettres de noblesse avec Jeu d'Enfant (Tom Holland, 1988), un film d'épouvante qui s'inscrit dans le sillage et le continuum de Dolls, les poupées (Stuart Gordon, 1987). A l'instar de la série B diligentée par Stuart Gordon, Jeu d'Enfant revêt les oripeaux d'une production impécunieuse qui cartonne néanmoins au cinéma et par l'intermédiaire du support vidéo. Le concept du film est pour le moins laconique.
Charles Lee Ray, un psychopathe à l'agonie et poursuivi par la police, invoque les esprits vaudou et se réincarne à travers une poupée, donc Chucky.

Le jouet atterrit alors dans le foyer et entre les mains d'Andy Barclay. Bientôt, le marmot et sa famille deviennent les cibles privilégiées d'une marionnette grivoise et obséquieuse. Bien que sérieusement mutilée, la poupée luciférienne est de retour dans le bien nommé Chucky, la poupée de sang (John Lafia, 1990). Peu ou prou de surprises au menu des réjouissances. En fidèle dévot, John Lafia se contente de psalmodier la recette anomique du premier volet au profit d'un second chapitre encore plus virulent et jubilatoire. La confrontation entre Chucky et Andy Barclay se poursuit à travers un troisième épisode, sobrement baptisé Chucky 3 (Jack Bender, 1991).
A court d'idées, la franchise nous entraîne dans un camp de redressement militaire. A bout de souffle, la saga doit se réinventer et explorer de nouvelles anfractuosités.

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Tel est l'apanage des deux opus suivants, La Fiancée de Chucky (Ronny Yu, 1998) et Le Fils de Chucky (Don Mancini, 2004). Comme l'indiquent les titres de ces deux nouveaux longs-métrages, la poupée méphistophélique s'accointe et s'énamoure d'une certaine Tiffany, tout aussi sadique et lubrique que son époux. Après avoir copulé et causé de nombreuses forfaitures, les deux tourtereaux rencontrent par hasard leur progéniture, Glen, une sorte de variation du film Glen or Glenda (Ed Wood, 1953), l'irrévérence en moins. Contre toute attente, le fiston n'est pas le digne épigone de son paternel et refuse de prendre l'opinel et la machette pour assassiner des victimes d'infortune.
Que soit. Au fil de ses pérégrinations, la poupée va à son tour se nimber d'une aura démoniaque. Via ces deux nouveaux chapitres, la saga Chucky connaît un tournant rédhibitoire.

La franchise se confine peu à peu dans les épigrammes et la goguenardise, sans néanmoins renouveler son sujet. La poupée sanguinolente se devait de disparaître dans les affres des oubliettes. Une hérésie. Visiblement, il existe toujours des nostalgiques de Chucky (mais enfin, qui sont-ils ?), suffisamment pour justifier le tournage d'un sixième chapitre, La Malédiction de Chucky, réalisé par Don Mancini en 2013. Pour l'anecdote, le cinéaste est le célèbre démiurge de la poupée impudique et a bien l'intention d'exploiter son sociopathe à satiété.
Si le film ne bénéficie pas d'une exploitation dans les salles obscures, il engendre suffisamment de bénéfices pour produire un septième opus, Le Retour de Chucky (Don Mancini, 2017). Pour La Malédiction de Chucky, Don Mancini rappelle Brad Dourif, un acteur qui a généreusement prêté sa voix à la poupée depuis le premier chapitre.

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Viennent également s'ajouter Fiona Dourif, Daniele Bisutti, Brennan Elliot, Chantale Quesnelle, Summer H. Howell et A. Martinez. A noter aussi les caméos d'Alex Vincent et de Jennifer Tilly, d'autres acteurs irréductibles de la saga, pour notre plus grand désarroi... Attention, SPOILERS ! Nica une jeune femme en fauteuil roulant depuis sa naissance vit avec sa mère dans un grand manoir. Un jour sa mère reçoit « Chucky » une étrange poupée, et Nica retrouve sa mère morte et se retrouve contrainte à passer le weekend avec sa famille dans le grand manoir pour l'enterrement.
Mais pendant la nuit, les membres de sa famille meurent, Nica pense que le coupable serait Chucky... 
Ne soyons pas dupe... La Malédiction de Chucky s'apparente surtout à un joli prétexte pour fêter le 25e anniversaire d'une franchise moribonde.

En vérité, la saga n'a jamais toisé les sommets de la sagacité et de la bienséance. En dépit de ses carences, Chucky reste malgré tout une figure populaire du cinéma d'horreur hollywoodien. Nul doute que la poupée risque encore de nous tarabuster - à défaut de nous effrayer - pendant très longtemps, trop longtemps sans doute. Reste à savoir si La Malédiction de Chucky est l'épisode de trop. Une diatribe que l'on pouvait déjà asséner dès le second chapitre.
A l'instar de ses précédents homologues, le film n'a pas pour vocation de réinventer une formule anémique. 
Faute de budget, l'essentiel du long-métrage se déroule dans une demeure cossue. Pour une raison inexplicable, Don Mancini tarde à présenter les inimitiés. Pour le spectateur aguerri, il faudra s'armer de patience et faire preuve de longanimité avant de voir Chucky dans ses grandes oeuvres. 

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Certes, la poupée furibonde n'a rien perdu de sa verve et se montre toujours aussi licencieuse. Hélas, sur sa courte durée (à peine une heure et 35 minutes de bobine), La Malédiction de Chucky fonctionne comme un slasher de facture conventionnelle. La seule bonne idée du film, à savoir la confrontation entre la poupée et une jeune femme avilie dans une chaise roulante, n'est même pas exploitée, reléguant prestement ce slasher dans les affres des oubliettes. Toujours la même antienne...
Seule petite consolation, le film fait vaguement illusion aux précédents chapitres de la saga via le retour impromptu d'Andy Barclay, puis celle de Tiffany. Une façon comme une autre de flagorner les thuriféraires de la franchise, tout du moins s'ils existent encore... A la rigueur, les néophytes apprécieront peut-être la badinerie. En revanche, les inconditionnels de slashers et de films d'horreur risquent sérieusement de maronner après l'inanité et la vacuité de ce sixième volet.

Note : 07/20

sparklehorse2 Alice In Oliver