spider-man 3

Genre : fantastique, action, super-héros
Année : 2007
Durée : 2h19

Synopsis : Peter Parker a enfin réussi à concilier son amour pour Mary-Jane et ses devoirs de super-héros. Mais l'horizon s'obscurcit. La brutale mutation de son costume, qui devient noir, décuple ses pouvoirs et transforme également sa personnalité pour laisser ressortir l'aspect sombre et vengeur que Peter s'efforce de contrôler. Sous l'influence de son costume, Peter devient trop sûr de lui et commence à négliger ses proches. Contraint de choisir entre le pouvoir si séduisant de ce nouveau costume et la compassion qui le caractérisait avant, Peter va faire face à ses démons lorsqu'il affrontera deux des pires méchants de l'histoire, l'Homme-sable et Vénom, dont l'extraordinaire puissance et la soif de vengeance menacent Peter et tous ceux qui lui sont chers. 

La critique :

Dès la premier chapitre, sobrement intitulé Spider-Man (2002), Sam Raimi avait déjà annoncé la sortie d'une trilogie. Via le premier opus, le cinéaste, producteur et scénariste s'était approprié l'homme-araignée, attribuant enfin les lettres de noblesse à ce super-héros new yorkais. Rappelons que par le passé, le Tisseur avait déjà connu deux autres adaptations, le bien nommé L'Homme-Araignée (E.W. Swackhamer, 1977) et La Riposte de l'Homme-Araignée (Ron Satlof, 1979).
Inutile de le préciser mais les deux métrages n'ont pas laissé un souvenir impérissable si ce n'est pour les adulateurs du cinéma bis et de nanars sérieusement fermentés. Sam Raimi n'a jamais caché son admiration pour les comics et l'univers des super-héros. Les thuriféraires du réalisateur citeront évidemment Darkman (1990).

A travers Spider-Man premier du nom, Sam Raimi a lui aussi pour vocation de tisser durablement sa toile sur la planète Hollywood. Que soit. Le film se solde par un succès phénoménal dans les salles obscures. Pour Sam Raimi, finies les bonnes vieilles séries B réalisées avec quelques bouts de ficelle et un budget impécunieux, à l'instar d'un Evil Dead (1981) ! Matois, le cinéaste poursuit les velléités avec Spider-Man 2 et affine encore la personnalité et la psychologie complexe du Tisseur.
Non, Peter Parker n'est pas ce super-héros infatué et prétentiard. Il reste cet étudiant pudibond, poltron et timoré, toujours énamouré de la belle Mary Jane. En plein marasme, il perd alors subrepticement ses pouvoirs. Corrélativement, le devoir l'appelle. Un nouveau bad guy apparaît : le docteur Octopus. Mais la trilogie Spider-Man, ce sont aussi ces rémanences et ces réminiscences du passé.

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Peter Parker est inlassablement poursuivi par le spectre de son oncle et celui de Norman Osborn, alias le Bouffon Vert. Il n'est donc pas question de changer une formule lucrative. Telle est la dialectique de Spider-Man 3, réalisé en 2007, et qui doit conclure la trilogie en apothéose via l'apparition de trois super-vilains : l'Homme-sable, Vénom et le retour inopiné du Bouffon Vert. A l'instar de ses deux augustes épigones, Spider-Man 3 se soldera à son tour par un succès commercial.
A contrario, les critiques et la presse se montrent beaucoup plus pondérées, pointant un sérieux essoufflement d'un point de vue scénaristique. Reste à savoir si ce troisième épisode mérite (ou non) de telles saillies rédhibitoires. Réponse dans les lignes à venir... La distribution du film réunit Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, Thomas Haden Church, Topher Grace, Bryce Dallas Howard, Rosemary Harris, J.K. Simmons, Bill Nunn, Elizabeth Banks, Bruce Campbell et Willem Dafoe.

Attention, SPOILERS ! Peter Parker a enfin réussi à concilier son amour pour Mary-Jane et ses devoirs de super-héros. Mais l'horizon s'obscurcit. La brutale mutation de son costume, qui devient noir, décuple ses pouvoirs et transforme également sa personnalité pour laisser ressortir l'aspect sombre et vengeur que Peter s'efforce de contrôler. Sous l'influence de son costume, Peter devient trop sûr de lui et commence à négliger ses proches. Contraint de choisir entre le pouvoir si séduisant de ce nouveau costume et la compassion qui le caractérisait avant, Peter va faire face à ses démons lorsqu'il affrontera deux des pires méchants de l'histoire, l'Homme-sable et Vénom, dont l'extraordinaire puissance et la soif de vengeance menacent Peter et tous ceux qui lui sont chers. 
Le scénario de Spider-Man 3 reprend donc les choses là où elles s'arrêtaient dans le précédent chapitre.

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Après être passé par une période de neurasthénie sévère, Peter Parker retrouve enfin sa fougue de naguère. Tout roule pour le super-héros vaillant et intrépide. Entiché de la belle Mary Jane, l'homme-araignée est enfin devenu l'égérie de New York. Adulé et adoubé par les citoyens de la ville, Peter Parker mène une vie idyllique et presque trop paisible. Mais cette plénitude est subrepticement bouleversée par les arrivées simultanées du Bouffon Vert, de l'Homme-sable et de Vénom.
Chaque personnage est intrinsèquement relié à Spider-Man. Dès lors, le film fonctionne presque comme une série télévisée avec son lot de rebondissements impromptus, sans pour autant émettre un scénario digne de nom. Ainsi, le script de Spider-Man 3 pourrait se résumer ainsi : le retour du Bouffon Vert, la naissance de l'Homme-sable, puis une entité symbiotique et maléfique (Vénom) qui s'empare de l'esprit tourmenté de Peter Parker.

Sur ce dernier point, Spider-Man 3 constitue une véritable déception. Fonctionnant sur le mode de la duplicité, Peter Parker se transforme, pendant 20 longues minutes de bobine, en une version arrogante de Brian Molko (le chanteur de Placebo), Sam Raimi poussant le vice jusqu'à faire virevolter Tobey Maguire dans un bar à pochtrons, le tout sous le regard hébété de son ex-fiancée. Derechef, Peter Parker est en délicatesse avec son énamourée, préférant les yeux sémillants de la belle Gwen Stacy. En outre, il apprend que l'Homme-sable est le véritable meurtrier de son oncle.
Bref, difficile de s'y retrouver dans tout ce fatras de menus détails et surtout dans un scénario aussi alambiqué. Pis, le temps d'une rixe, Spider-Man et le Bouffon Vert se réconcilient et se coalisent pour sauver la ville de New York, ainsi que celle qu'ils aiment.

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Certes, les amateurs d'action, de cascades et de haute voltige en seront pour leur frais. Spider-Man 3 reste sans aucun doute l'épisode le plus tonitruant de la trilogie. De surcroît, il contient plusieurs saynètes impressionnantes, notamment la naissance de l'Homme-sable, une sorte d'avatar du T-1000 dans Terminator 2 : Le Jugement Dernier (James Cameron, 1991). Toutefois, aujourd'hui, difficile de ne pas pester après tous ces effets spéciaux digitaux et numériques joliment désuets. Car c'est aussi cela Spider-Man 3, à savoir un agrégat sirupeux de bastons, de conflagrations ad nauseam et de retournements de situations. Sans doute trop gourmand, Sam Raimi malmène son super-héros dans tous les sens mais passe, en partie, à côté de son côté obscur et nihiliste, celui d'un être bilieux et revanchard. Peter Parker et Eddie Brock (ou Vénom) ne sont pas si antagonistes.
D'ailleurs, les deux étudiants exercent la même profession (photographe). On nous avait promis un dernier épisode en fanfare. Certes, Sam Raimi remplit largement son office mais en expédiant trop rapidement les enjeux dramatiques. Spider-Man 3 reste sans nul doute l'épisode le plus faible de la trilogie. Mais que Sam Raimi se rassure. Par la suite, les aventures de l'homme-araignée (The Amazing Spider-Man et The Amazing Spider-Man : le destin d'un héros) prendront encore une autre tournure, encore plus nauséabonde.

Note : 11.5/20

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