halloween 5

Genre : horreur, épouvante, slasher (interdit aux - 12 ans)
Année : 1989
Durée : 1h32

Synopsis : Un an a passé depuis que Michael Myers a tenté de tuer sa nièce Jamie. Poursuivi par la police, il tombe dans une fosse, s'enfuit par un canal, longe une rivière et est recueilli par un ermite. À son réveil, il tue celui qui l’a hébergé et reprend sa traque. À Haddonfield, Jamie, devenue muette, est soignée dans un hôpital à la suite de son agression envers sa mère adoptive. Elle était alors sous le contrôle de son oncle Michael. C’est cette connexion entre eux que compte utiliser le Dr. Loomis pour stopper le tueur d’Halloween. Parallèlement, un mystérieux homme en noir semble suivre la trace de Myers pour d'obscures raisons.  

La critique :

Pour mémoire, on avait quitté Michael Myers, l'effroyable croquemitaine, dans un Halloween 4 (Dwigth H. Little, 1988) étrangement policé, confirmant la déréliction d'une franchise moribonde. Pourtant, avec le premier chapitre, Halloween, la nuit des masques (1978), John Carpenter avait donné ses lettres de noblesse au slasher, néanmoins en reprenant la recette de Black Christmas (Bob Clark, 1974). Bien conscient qu'il ne réitérera pas le choc et l'effroi du premier volet, John Carpenter se refuse à signer le deuxième épisode de la franchise, justement intitulé Halloween 2 (Rick Rosenthal, 1981). Toutefois, le maître de l'épouvante veut s'assurer de la probité du cinéaste et devient le producteur du film. En fidèle prosélyte, Halloween 2 marche doctement dans le sillage et le continuum de son auguste prédécesseur, tout en prodiguant quelques informations élusives sur le croquemitaine azimuté.

Ainsi, nous apprenons que Laurie Strode est la soeur de Michael Myers, pour le plus grand désarroi de la blondinette médusée. De nouveau grisé par ce succès, John Carpenter accepte à contrecoeur de produire un troisième opus, Halloween 3 : le sang du sorcier (Tommy Lee Wallace, 1982). Cette fois-ci, le long-métrage évince carrément Michael Myers des inimitiés au profit d'une fête d'Halloween transformée en antre de l'horreur. Si le long-métrage fait figure de film totalement à part dans la saga, il désarçonne les thuriféraires de la franchise. 
Ces derniers crient haro sur John Carpenter. Dépité, le cinéaste jure qu'on ne l'y reprendra plus et délaisse la franchise. La saga Halloween ne s'en remettra jamais... Ou presque. Il faudra faire preuve de longanimité et patienter jusqu'aux années 2000 avant de revoir le grand retour de Michael Myers, cette fois-ci sous le regard avisé de Rob Zombie, qui décide de réaliser un remake éponyme en 2007.

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Avant cette résurrection inopinée, la saga se fourvoie dans toute une série de débandades, les producteurs poussant le vice jusqu'à endoctriner Michael Myers dans une secte. En ce sens, Halloween 6 (Joe Chapelle, 1995) marque donc l'avilissement de la saga. Mais qu'en est-il réellement d'Halloween 5 ? Contre toute attente, le quatrième opus a ameuté les foules dans les vidéoclubs, sûrement parce que le film renouait avec la dialectique ânonnée par les deux premiers chapitres.
A l'instar de Leatherface, Freddy Krueger et Jason Voorhees, Michael Myers est devenu une figure de terreur populaire, surtout aux Etats-Unis. Dominique Othenin-Girard, un réalisateur suisse, n'a pas l'intention de contrarier cette didactique. Le cinéaste se retrouve donc aux commandes d'Halloween 5 ou Halloween 5 : la revanche de Michael Myers, sorti en 1989.

Contrairement au quatrième épisode, Halloween 5 se soldera par un bide commercial, à tel point que le film est prestement relégué dans les vidéoclubs. A la fin des années 1980, le public commence sérieusement à se lasser de tous ces slashers infatués psalmodiant peu ou prou la même formule. Michael Myers et ses ouailles sont priés de retourner gentiment dans leurs sépulcres ! La distribution de cinquième chapitre se compose de Donald Pleasence, Don Shanks, Danielle Harris, Beau Starr, Wendy Kaplan et Tamara Glynn. Attention, SPOILERS ! Un an a passé depuis que Michael Myers a tenté de tuer sa nièce Jamie. Poursuivi par la police, il tombe dans une fosse, s'enfuit par un canal, longe une rivière et est recueilli par un ermite. À son réveil, il tue celui qui l’a hébergé et reprend sa traque.
À Haddonfield, Jamie, devenue muette, est soignée dans un hôpital à la suite de son agression envers sa mère adoptive.

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Elle était alors sous le contrôle de son oncle Michael. C’est cette connexion entre eux que compte utiliser le Dr. Loomis pour stopper le tueur d’Halloween. Parallèlement, un mystérieux homme en noir semble suivre la trace de Myers pour d'obscures raisons. Le scénario d'Halloween 5 reprend les choses là où elles s'étaient arrêtées dans le précédent volet. On retrouve donc le Docteur Loomis ébranlé et surtout le visage tuméfié suite aux événements du quatrième chapitre.
En outre, difficile de comprendre le succès d'Hallloween 4, pourtant d'une insondable nullité. Néanmoins, Halloween 5 obéit à la même rhétorique s'ingéniant à scruter la relation malsaine qui se tisse entre Michael Myers et Jamie. La gamine ne pipe plus le moindre mot après avoir assisté aux forfaitures du croquemitaine. Ce qui ne l'empêche pas de geindre pendant plus de la moitié du film !

Pour le spectateur avisé, il faudra donc supporter les glapissements quasi permanents de la jeune Danielle Harris. On souhaiterait presque la mioche soit exécutée par le forcené tant la comédienne est exaspérante de nullité, son rôle se résumant à toute une série de mugissements et de lamentations. Dans cette chienlit cinématographique, seul Donald Pleasence, pourtant en mode cabotinage, surnage. L'acteur irréductible campe un Docteur Loomis alangui et opiniâtre, qui tente de stopper la folie frénétique de Michael Myers. Corrélativement, durant le tournage, Dominique Othenin-Girard est sommé de réfréner ses ardeurs. Une requête qui n'est heureusement pas entendue par le cinéaste.
En l'occurrence, le metteur en scène helvétique n'aspire pas à obliquer vers les directions spinescentes du quatrième opus.

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Ainsi, Halloween 5 fonctionne comme un slasher de facture conventionnelle, s'échinant à multiplier les meurtres et les éviscérations. Pourtant, peu ou prou de saynètes érubescentes et sanguinaires, la plupart des meurtres étant filmés à contre-champ. Néanmoins, force est de constater qu'Halloween 5 remplit largement son office et se révèle tout de même supérieur à son précédent homologue. Certes, les contempteurs relèveront, ici et là, plusieurs séquences ubuesques et ineptes, à l'instar de ce couple en plein batifolage et occis dans la paille. Bref, rien de neuve sous la paille... Pardon...
Rien de neuf à l'horizon si ce n'est un slasher qui se suit avec un ennui poli. Depuis le troisième chapitre, il manque à cette franchise un réalisateur de la trempe de John Carpenter, confinant la saga vers les affres des oubliettes et entre les mains de vulgaires hères. Sans la présence de Donald Pleasence et quelques moments de tension savamment aiguisés, Halloween 5 aurait sans doute sombré dans les précipices de l'immondice. Un slasher à réserver aux aficionados de la franchise, tout du moins s'ils existent encore...

Note : 07.5/20

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