le retour de chucky

Genre : horreur, épouvante, slasher (interdit aux - 16 ans)
Année : 2017
Durée : 1h31

Synopsis : (1) Quatre ans après les événements de La Malédiction de Chucky, Nica est enfermée dans un asile psychiatrique après avoir été condamnée à tort pour le meurtre de sa famille. Quand une nouvelle poupée Brave Gars fait son apparition dans un but thérapeutique, une nouvelle série de meurtres se produit aussitôt. Andy Barclay est le seul à pouvoir venir en aide à Nica et vaincre Chucky, une bonne fois pour toutes (1). 

La critique :

Il fallait s'en douter. Après plusieurs années de disette cinématographique, Chucky, la poupée sanguinaire se devait de réapparaître dans La Malédiction de Chucky (Don Mancini, 2013). Une façon comme une autre de fêter le 25e anniversaire (déjà...) de la poupée démoniaque. Après presque dix années d'absence et Le Fils de Chucky (Don Mancini, 2004) qui avait laissé les fans sérieusement pantois, la franchise devait renaître de ses cendres via une nouvelle série d'épisodes.
Pour mémoire, la poupée luciférienne n'a jamais spécialement brillé au cinéma. Sur la forme comme sur le fond, Jeu d'Enfant (Tom Holland, 1988) n'est qu'un nouvel avatar de Vendredi 13 et d'Halloween, à la seule différence que Jason Voorhees et Michael Myers ont été supplantés par une poupée tortionnaire et furibonde. 

Pourtant, à l'instar de ces boogeymen et autres Leatherface, Chucky s'est inscrit lui aussi dans la culture populaire américaine. Largement dévoyée, la poupée se transmutera d'un effroyable croquemitaine en une marionnette licencieuse, facétieuse et libidineuse, lutinant et s'acoquinant avec une certaine Tiffany. Pis, Chucky découvrira même les aléas du patriarcat. Son fils, nouvel avatar de Glen or Glenda (Ed Wood, 1953), n'est pas le digne épigone de son paternel, au grand dam de Chucky. Pis, le rejeton urine carrément dans son pantalon à l'idée de manipuler un vulgaire opinel.
De facto, était-il absolument nécessaire d'exhumer la poupée de sa sépulcre avec La Malédiction de Chucky ? La réponse est logiquement négative. 
Opportuniste, Don Mancini ne fait que réitérer la formule anémique de ses augustes devanciers.  

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Peu ou prou de surprises au programme si ce n'est un sociopathe version ludique et lubrique qui mutile une famille et ses convives dans une demeure opulente. Seul le duel entre Chucky et une jeune femme (Nica Pierce), claustrée dans une chaise roulante, mérite (peut-être) une attention somme toute relative. L'infortunée est condamnée à vivre le même calvaire qu'Andy Barclay. Mutins, les producteurs mercantiles rappellent le jeune bambin de Jeu d'Enfant dans cette sixième aventure. Le marmot, désormais trentenaire, n'est plus cette figure candide de jadis.
Pour le comédien, un certain Alex Vincent, c'est aussi une occasion inespérée de réapparaître à l'écran et surtout de payer ses subsides. Mais peu importe. Contre attente, La Malédiction de Chucky a remporté suffisamment de pécune pour justifier le tournage et la mise en chantier d'un septième volet, justement intitulé Le Retour de Chucky (soit Cult of Chucky dans la langue de Shakespeare), et toujours réalisé par les soins de Don Mancini.

Autant l'annoncer de suite. La Malédiction de Chucky avait mis en exergue un Chucky en mode léthargique, pour le plus grand désarroi des thuriféraires de la saga. On pouvait donc logiquement s'interroger sur la nécessité d'un septième chapitre. En outre, Le Retour de Chucky n'a pas bénéficié d'une exploitation dans les salles obscures et devra donc se contenter d'une sortie furtive en DTV (direct-to-video). La distribution du long-métrage se compose de Fiona Dourif, Brad Dourif, Alex Vincent, Jennifer Tilly, Summer H. Howell et Zak Santiago. 
Attention, SPOILERS ! Quatre ans après les événements de La Malédiction de Chucky, Nica est enfermée dans un asile psychiatrique après avoir été condamnée à tort pour le meurtre de sa famille. Quand une nouvelle poupée Brave Gars fait son apparition dans un but thérapeutique, une nouvelle série de meurtres se produit aussitôt. 

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Andy Barclay est le seul à pouvoir venir en aide à Nica et vaincre Chucky, une bonne fois pour toutes. A l'aune de cette exégèse, difficile de ne pas tiquer ni de grincer des dents. Pour mémoire, La Malédiction de Chucky avait tout de même laissé un sentiment d'amertume et de sérieux désappointement. Reste à savoir si Le Retour de Chucky est aussi catastrophique qu'il en a l'air. Réponse dans les lignes à venir... Premier constat, la franchise tient visiblement à renouer avec ses anciennes figures populaires de jadis. Une dialectique déjà subodorée par La Malédiction de Chucky.
Ainsi, Jennifer Tilly et Alex Vincent viennent s'ajouter aux inimitiés. Nanti d'un budget impécunieux, Le Retour de Chucky joue la carte de l'économie et du huis clos famélique. Le scénario du film reprend donc les choses là où elles s'étaient arrêtées dans le précédent chapitre.

Nica est désormais condamnée à écumer ses jours dans un asile d'aliénés. Que soit. Diagnostiquée schizophrénique, la belle forcenée s'accointe et s'énamoure d'un autre patient psychiatrique. Hélas, et vous vous en doutez, la poupée méphistophélique est de retour. C'est par ailleurs le titre de ce septième opus ! Dès lors, Don Mancini ne s'embarrasse pas avec les incohérences scénaristiques. Pis, le réalisateur a d'ores et déjà annoncée que Le Retour de Chucky serait carrément le volet le plus violent, le plus gore et le plus érubescent de la franchise. Une hérésie.
Certes, les amateurs de barbaque et de tripailles relèveront une décapitation, ainsi qu'un crâne savamment écrasé par les soins de Chucky. Néanmoins, pas de quoi tressaillir ni sursauter de son siège ! Le coeur n'y est plus. 

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En l'occurrence, la première partie du film se révèle assez longuette et fastidieuse, s'ingéniant à scruter la psyché des divers protagonistes. Hélas, ces derniers constituent, au mieux, du menu fretin pour la poupée psychopathique. De surcroît, hormis deux ou trois saynètes sanguinolentes, le long-métrage se montre curieusement pondéré. Seule réelle nouveauté, les incantations maléfiques de Chucky prennent ici une place prépondérante. Ce n'est donc pas un seul Chucky qui étrille, mutile, torture et dilapide, mais carrément une armée de prosélytes qui obéissent docilement aux injonctions de la poupée sanguinaire. Vous avez baillé durant la lecture de cette chronique ?
Rassurez-vous, c'est normal ! Cela fait désormais belle lurette, depuis le tout premier chapitre en vérité, que la saga n'a plus rien à nous dire ni à nous raconter. Et ce n'est pas ce Cult of Chucky qui risque d'inverser cette didactique. Les thuriféraires de la franchise (mais enfin, qui sont-ils ?) se consoleront devant un septième volet un tantinet (mais vraiment un tantinet...) supérieur à son précédent épigone. 
Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout...

Note : 08/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Retour_de_Chucky