district 9

Genre : science-fiction
Année : 2009
Durée : 1h50

Synopsis : Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre... Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire... Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s'occuper de leur transfert. L'un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9... 

La critique :

Réalisateur et scénariste sud-afro-canadien, Neill Blomkamp débute sa carrière cinématographique à l'orée des années 2000 en supervisant les effets spéciaux de plusieurs séries télévisées notoires, entre autres Stargate : SG-1, Space Hospital et First Wave. Corrélativement, Neill Blomkamp signe plusieurs courts-métrages, notamment Tetra Vaal (2004), Adicolor Yellow (2006), Tempbot (2006) et Halo: Landfall (2007). Mais c'est surtout avec Alive In Jobourg, un autre court-métrage que Neill Blomkamp assoit ses premiers relents de notoriété.
Son style virulent et iconoclaste est immédiatement repéré par Peter Jackson. Par le passé, le cinéaste et producteur néo-zélandais a lui aussi connu des débuts compliqués. Sous l'égide de la firme WingNut Films, Peter Jackson souhaite transformer Alive In Jobourg en un long-métrage cinématographique.

Ce sera District 9, sorti en 2009. Ce film d'extraterrestres immigrés et bientôt sous le régime de l'Apartheid n'est pas sans provoquer les furibonderies et les quolibets du gouvernement du Nigéria. En effet, le métrage met largement en exergue le chef d'un gang nigérian, un certain Obesandjo, un nom qui fait directement référence au précédent Président Nigérian et à son gouvernement potentat. Ipso facto, District 9 est carrément interdit de diffusion au Nigéria, le gouvernement exigeant des excuses. Matois, Peter Jackson et Neill Blomkamp n'en ont cure.
A contrario, un tel scandale propulse prestement District 9 au sommet de l'affiche et même du box-office américain. Ou lorsque la science-fiction s'empare de la politique et des doxas idéologiques de notre monde. Tel est l'apanage de District 9.

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En ce sens, le film de Neill Blomkamp renoue avec la science-fiction des années 1950 avec ses accents propagandistes et sur fond de paranoïa ambiante. Succès oblige, Neill Blomkamp a récemment révélé qu'il préparait une suite, District 10, en 2020 sans pour autant dévoiler les arcanes et les mystères du scénario. Pour le moment, aucune date de sortie n'a été confirmée... Mais indubitablement, le cinéaste possède un solide matériel et de précieux arguments pour exploiter District 9 et ses questions politiques à travers un diptyque, et éventuellement une trilogie. 
Si le long-métrage se solde par un succès phénoménal lors de sa sortie en salles, il doit néanmoins composer avec un budget famélique. District 9 ne peut donc pas rivaliser avec tous ces blockbusters prosaïques et écervelés qui trônent le haut de l'affiche. 

A défaut de batailler avec cette concurrence pléthorique, Neill Blomkamp fait preuve d'ingéniosité en nimbant sa pellicule des tares et des carences de notre société autocratique et contemporaine. Tares et carences sur lesquelles nous reviendrons ultérieurement. La distribution du film se compose de Sharlto Copley, Jason Cope, Nathalie Boltt, Sylvaine Strike, John Sumner, William Allen Young, Nick Blake et Jed Brophy. Attention, SPOILERS ! Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre... Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire...
Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement.

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Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s'occuper de leur transfert. L'un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9... 
Pas étonnant qu'un tel film ait suscité l'enthousiasme d'un Peter Jackson extatique. Malicieux, le producteur a habilement renâclé la nouvelle poule aux yeux d'or.

A travers cette production de science-fiction, Peter Jackson retrouve cette irrévérence de jadis. Une impudence qu'il a subrepticement égarée en s'acoquinant avec Hollywood et sa litanie de blockbusters infatués. Toutefois, le producteur laisse le soin à Neill Blomkamp d'étayer son sujet ainsi que ses problématiques. C'est sûrement pour cette raison que la première partie de District 9 s'apparente à un documentaire réalisé pour le compte du gouvernement.
Une façon comme une autre de soudoyer la plèbe et de manipuler l'information. A priori, l'expulsion des aliens doit se dérouler sous les meilleurs auspices. Une chimère. Sous la férule d'une société privée, un certain Wikus Van de Merwe (Sharlto Copley) est dépêché sur place. Ce dernier est chargé d'évincer les extraterrestres de leurs pénates. 

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Or, les aliens polymorphiques ont depuis longtemps été parqués dans des ghettos évidemment insalubres. Pour certaines organisations fallacieuses et surtout peu scrupuleuses, c'est une occasion inespérée d'exploiter ces immigrés d'infortune déguisés en "Crevettes". Tel est le surnom peu glorieux attribué à nos extraterrestres alanguis. Ces derniers l'ignorent encore mais ils sont devenus cette nouvelle armée de réserve du capitalisme avec son lot d'écueils et de corollaires. 
Non content d'aborder les thèmes toujours spinescents de la xénophobie, de l'intolérance et de l'expulsion sous l'égide de la privatisation, District 9 se transmute en une étrange parabole de l'Apartheid qui a frappé l'Afrique du Sud dans les années 1960. En ce sens, le film reste d'une étonnante actualité et nous renvoie directement à tous ces réfugiés à la recherche de cet empyrée terrestre, pour être finalement claquemurés dans des masures et/ou dans des logements vétustes. 

Pourtant, après un début en apothéose, District 9 se pare de velléités guerroyeuses et ressemble de plus en plus à une sorte de série B déguisée en blockbuster. Neill Blomkamp se tourne vers l'action et les opérations bellicistes. Puis, sans fard, le cinéaste agrémente sa pellicule de tortures et d'expériences médicales. Une façon comme une autre de servir les vils desseins de la guerre et du trafic d'armes. Telle est la réalité belliqueuse de notre monde, celui qui doit composer avec le terrorisme et les dictateurs. C'est dans cette dernière formule que District 9 convainc dans la durée. 
En revanche, il perd parfois de sa sagacité lorsqu'il se polarise sur les pérégrinations robotiques et technologiques de son personnage principal, par ailleurs affublé d'un alien scientifique. Mais ne soyons pas trop vachard. District 9 n'a pas usurpé son statut de film culte. Inutile alors de préciser que l'on attend le second chapitre avec impatience.

 

Note : 16/20

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