extrarrestrial

Genre : horreur, épouvante, science-fiction 
Année : 2014
Durée : 1h46

Synopsis : Un groupe d'amis en week-end dans une cabane dans les bois se retrouve à la merci d'extraterrestres. 

La critique :

The Vicious Brothers, ça vous dit quelque chose ? Non ? Vraiment ? Connus également sous les noms de Colin Minihan et Stuart Ortiz, les deux frangins sont devenus, en l'espace d'un seul film, les deux nouvelles figures populaires du cinéma horrifique aux Etats-Unis. Ce film se nomme Grave Encounters (2011). Pour certains thuriféraires, ce long-métrage horrifique, se déroulant dans un asile psychiatrique habité par des esprits méphistophéliques, surpasse allègrement Le Projet Blair Witch (Eduardo Sanchez et Daniel Myrick, 1999). Mieux, Grave Encounters serait carrément le long-métrage le plus effrayant des années 2010. A défaut de mériter un tel extatisme, Grave Encounters constituait une solide série B horrifique, justifiant la mise en chantier d'une suite inévitable, soit Grave Encounters 2 (John Poliquin, 2012). Pour ce second chapitre, The Vicious Brothers ne sont plus derrière la caméra.
Néanmoins, ils élaborent le scénario et officient derrière la production du film.

Beaucoup moins éloquent, Grave Encounters 2 se solde par une indifférence générale. Toutefois, pas de quoi entacher la réputation des Vicious Brothers. Farauds, les deux frérots aspirent à réaliser un autre grand film d'épouvante. Hélas, les deux metteurs en scène ne possèdent pas encore la dextérité ni l'érudition d'un Steven Spielberg, d'un Wes Craven ou encore d'un John Carpenter en leur temps, loin de là. A l'instar des deux premiers Grave Encounters, leur troisième long-métrage, sobrement intitulé Extraterrestrial (2014), revêtira les oripeaux d'une série B impécunieuse.
Cependant, pas de quoi ébranler l'opiniâtreté des deux frangins. En outre, Extraterrestrial échoue finalement entre les mains d'un Colin Minihan en solo. Stuart Ortiz se contente de griffonner le scénario du film.

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Reste à savoir si Extraterrestrial va renouer avec les performances et l'effroi de Grave Encounters. Réponse dans les lignes à venir... De facto, inutile de préciser qu'Extraterrestrial est attendu par les adulateurs de la première heure... Pour mémoire, Extraterrestrial n'est pas le premier film à mélanger savamment horreur et science-fiction. Par le passé, Ridley Scott s'était déjà illustré brillamment avec Alien, le huitième passager (1979).
A travers Extraterrestrial, Colin Minihan a également pour vocation de se rabibocher avec les vieilles peurs inhérentes de la Guerre Froide, en particulier avec celles de la Zone 51, qui continuent par ailleurs de tarabuster le public américain. Pour mémoire, cette affaire concernait l'écrasement d'un objet volant non identifié (OVNI) dans le Nouveau-Mexique en juillet 1947.

L'incident est aussitôt émaillé par de nombreuses rumeurs et galéjades. Certains esprits candides parlent déjà d'une invasion extraterrestre. D'autres, beaucoup plus circonspects, crient à la supercherie. Toujours est-il que le scénario d'Extraterrestrial se nourrit de cette peur panique soixante-dix ans après ces faits énigmatiques. L'affaire Roswell ne manquera pas de susciter l'intérêt des spécialistes et des ufologues avérés. Un enthousiasme toujours d'actualité et qui constitue évidemment l'apanage d'Extraterrestrial. La distribution du film se compose de Brittany Allen, Freddie Stroma, Melanie Papalia, Jesse Moss, Michael Ironside, Sean Rogerson et Emily Perkins.
Attention, SPOILERS ! (1) une nuit, une jeune femme court dans l'obscurité pluvieuse, à la recherche d'une bonne âme pour la sauver.  

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Ne trouvant rien d'autre que l'ignorance, elle se réfugie dans une cabine téléphonique avant de se volatiliser. Le département du shérif enquête. Dans le même temps, April est mandatée par sa mère pour aller prendre quelques photos de la cabine familiale avant d'illustrer une future annonce pour sa mise en vente. Elle embarque son petit ami qui a lui-même invité des amis du couple pour l'occasion. Voilà donc les cinq jeunes gens qui partent pour cette petite cabane bien reculée (1).
Inutile de le préciser, mais Extraterrestrial n'a pas bénéficié d'une exploitation dans les salles obscures. En l'occurrence, le film devra seulement se contenter d'une petite distribution en DTV (direct-to-video). Comme je l'ai déjà souligné, Extraterrestrial a pour vocation de se réconcilier avec le vieux cinéma horrifique et science-fictionnel de naguère. Mais pas seulement.

Parfois iconoclaste, le long-métrage de Colin Minihan choisit de se tourner vers des pellicules plus modernes et n'est pas sans flagorner le found footage. Indubitablement, Colin Minihan n'est pas un manchot derrière la caméra et joue habilement des effets d'ombres et de lumières. 
On reconnaît immédiatement ce style affiné qui a connu cette gloire éphémère lors de la sortie de Grave Encounters premier du nom. Sauf que c'était en 2011, une époque désormais bien lointaine.
Force est de constater qu'Extraterrestrial ne parvient jamais (ou presque...) à réitérer les prouesses et les fulgurances du fameux Grave Encounters. Toujours la même ritournelle... Certes, durant sa première demi-heure, le long-métrage fait vaguement illusion. 
Des hommes, des femmes et même des enfants seraient (c'est à mettre au conditionnel...) kidnappés par des extraterrestres avant d'être relâchés dans la nature, ou pis encore, de disparaître totalement de la surface de la planète pour subir les expériences médicales de nos vils aliens. 

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Certes, Colin Minahan ne s'embarrasse pas avec les subterfuges, souvent malhabiles, pour déguiser un scénario au mieux famélique. C'est tout le problème d'Extraterrestrial. En dépit de ses bonnes intentions, le script peine à se démarquer ou à créer cette zizanie parmi toutes ces productions peu ou prou similaires, et donc traitant des mêmes thématiques. Si on relève ici et là quelques saynètes anxiogènes, le long-métrage souffre néanmoins d'un scénario quelconque et de nombreuses ellipses hélas rédhibitoires. Par exemple, comment expliquer que des extraterrestres, pourtant curieusement silencieux pendant 70 longues années, apparaissent une bonne vingtaine de fois en l'espace d'une petite soirée ? Qui plus est sans alerter personne ni les autorités, à l'exception d'un chef de police pugnace et revanchard ? De surcroît, le film perd peu à peu de sa sagacité lorsque les êtres anthropomorphes effectuent une apparition furtive, ce qui est tout de même dommageable pour ce genre de production.
Et puis, comment ne pas évoquer la conclusion finale, qui vient carrément renâcler du côté d'Aliens, le retour (James Cameron, 1986), la subtilité et la malice en moins ? Dans ce contexte, le spectateur sidéré ne sera pas surpris d'apprendre que le film se soit soldé par un tel camouflet, en particulier par des critiques unanimement sarcastiques. Bref, pas de quoi pavoiser ni s'extasier devant cette série B anémique. Cependant, en dépit de toutes ses carences, Extraterrestrial n'est pas non plus ce "naveton" décrié par une presse courroucée. Mais Colin Minihan et son frangin devraient sans doute minorer leurs ardeurs, ainsi que leur outrecuidance, pour faire preuve davantage d'humilité.

Note : 08.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://thisismymovies.over-blog.com/2016/10/extraterrestrial-2014-de-colin-minihan.html