Hush pas un bruit

Genre : horreur, home invasion, thriller (interdit aux - 16 ans)
Année : 2016
Durée : 1h27

Synopsis : Une écrivain sourde et muette se retrouve séquestrée dans son chalet par un tueur aussi sadique que déterminé... 

La critique :

Pour trouver le tout premier film estampillé "home invasion", il faut, à notre connaissance, remonter à l'année 1948, avec la sortie de Raccrochez, c'est une erreur, d'Anatole Litvak. Puis, le genre se diversifie et visite les contrées du slasher avec Black Christmas (Bob Clark, 1974). A partir des années 2000, le home invasion envahit à la fois les bacs vidéos et les salles de cinéma via plusieurs pellicules notoires, entre autres The Collector (Marcus Dunstan, 2009) et sa suite, The Collection (Marcus Dunstan, 2012), Intruders (Adam Schindler, 2015), Don't Breathe - La maison des ténèbres (Fede Alvarez, 2016), ou encore Panic Room (David Fincher, 2002).
En l'occurrence, c'est surtout la sortie de You're Next (Adam Wingard, 2012) qui relance les inimitiés. Cette production horrifique s'est notamment illustrée dans divers festivals et finit par s'imposer dans les salles de cinéma.

Un succès pour le moins insolite tant le film d'Adam Wingard multiplie les ellipses et les approximations narratives. Que soit. Ce succès inopiné encourage les producteurs à renouveler les débats. Parmi tous ces home invasion qui pullulent dans les bacs à dvd, Hush - Pas Un Bruit, réalisé par Mike Flanagan en 2016, n'a pas non plus connu une exploitation dans les salles obscures. Le long-métrage semble donc condamné à croupir dans les affres des oubliettes.
Pourtant, le métrage est projeté en avant-première lors du festival du film de South by Southwest et bénéficie d'une distribution sur Netflix (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pas_un_bruit). Ce qui permet à Hush - Pas Un Bruit de s'exporter au-delà de ses frontières américaines et même de susciter les flagorneries sur la Toile et les réseaux sociaux.

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Quant à Mike Flanagan, le cinéaste s'est essentiellement distingué dans le genre horrifique. Les thuriféraires du metteur en scène citeront aisément Absentia (2011), Oculus (2013), Before I Wake (2016), ou encore Ouija : les origines (2016). A l'aune de cette filmographie, il est indubitable que Mike Flanagan possède un certain potentiel. Le réalisateur n'a rien à envier à James Wan, Eli Roth ou Alexandre Aja. Toutefois, Mike Flanagan reste encore méconnu du grand public et pour cause... puisque le cinéaste affectionne tout particulièrement les productions indépendantes et souhaite s'escarper du diktat hollywoodien. En l'occurrence, Hush - Pas Un Bruit est financé par la firme Blumhouse Productions, une société qui a déjà produit la saga Paranormal Activity
Leur objectif ? Réaliser des pellicules impécunieuses et qui rapportent un maximum de capitaux et de pécune. Une logique incoercible.

Certes, Hush ne connaîtra pas le même sort que la saga Paranormal Activity. Toutefois, par le biais des adulateurs du cinéma d'horreur, le film s'est taillé une solide réputation, venant carrément contrarier l'hégémonie de You're Next et de Dont Breathe - La Maison des Ténèbres (deux pellicules précédemment mentionnées). Reste à savoir si Hush - Pas Un Bruit mérite un tel panégyrisme. Réponse à venir dans la chronique... La distribution du film se compose de Kate Siegel, John Gallagher Jr., Emilia Graves, Samantha Sloyan et Michael Trucco.
Attention, SPOILERS ! (1) Maddie Young (Kate Siegel) est une jeune écrivain sourde et muette ayant décidé de s'installer seule dans une maison au fond des bois, espérant que le calme et la solitude lui permettraient de retrouver l'inspiration pour écrire son prochain livre.

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Après une petite visite amicale de sa voisine, Sarah (Samantha Sloyan), elle ne se doute pas le moins du monde de la présence d'une autre personne près de la maison, un homme masqué et sadique (John Gallagher Jr.) qui est bien décidé à la tuer… (1) Vous l'avez donc compris. A l'aune de cette exégèse, rien ne semble différencier Hush - Pas Un Bruit de la litanie des home invasion qui sortent à profusion et presque instantanément en DTV (direct-to-video).
Pourtant, Hush se singularise de la concurrence en se polarisant sur un personnage qui sort des poncifs habituels. L'héroïne de Hush, Maddie Young, est sourde et muette. Matois, Mike Flanagan joue habilement avec cette absence d'acuité et réalise une sorte de home invasion aphonique qui se caractérise, évidemment, par l'absence de bruits et aussi par cette incapacité à piper le moindre mot en présence du criminel.

A partir de là, Hush - Pas Un Bruit se transmute en un huis clos minimaliste opposant un homme masqué à une jeune femme cloîtrée dans sa demeure opulente. Du fait de son handicap, Maddie n'est pas en mesure d'appeler la police ni d'alerter sa famille et ses amis. Quant à sa connexion internet, elle est bientôt coupée par le psychopathe extatique. Blessée et régulièrement tarabustée par l'étrange individu, Maddie n'a bientôt plus la possibilité de se carapater. Elle ne peut pas non plus se cacher dans la maison ni rester coi devant les irruptions récurrentes du mystérieux assassin.
La cacographe doit alors se résigner. Sa seule option consiste donc à affronter, à assaillir et à occire le forcené. Par certaines accointances, le concept de Hush - Pas Un Bruit n'est pas sans rappeler le scénario retors et parfois obscène de Témoin Muet (Anthony Waller, 1995).

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Hush se démarque donc par sa frugalité. A contrario, Mike Flanagan exploite ingénieusement cette même sobriété via une mise en scène probe et efficace, supplantant allègrement certains home invasion auréolés d'une sulfureuse réputation. N'est-ce pas You're Next ? De surcroît, le film s'ébaudit également de cette dichotomie entre le bourreau et la victime. Mais une telle dialectique tend à s'intervertir. Tel est l'avertissement emphatique de Mike Flanagan.
Dommage que le cinéaste n'ait pas encore poussé le vice vers des retranchements plus néfastes, sans quoi Hush aurait pu aisément s'inscrire parmi les meilleurs home invasion du moment. En l'état, Hush - Pas Un Bruit ne risque pas de marquer durablement les persistances rétiniennes, surtout pour les spectateurs les plus aguerris. Mais indiscutablement, le film parvient à se démarquer de la concurrence habituelle via plusieurs menus détails et quelques trouvailles scénaristiques ingénieuses. Une agréable surprise en somme. C'est déjà énorme !

Note : 14/20

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(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pas_un_bruit