hypertrophy genitals girl

Genre : science-fiction, pornographique, comédie, trash, inclassable (interdit aux - 18 ans)
Année : 2009
Durée : 2h15


Synopsis : Après avoir croisé la route d'un étrange extraterrestre, deux étudiantes subissent des mutations génitales monstrueuses. La première est affectée d'une énorme poitrine et d'un pénis démesuré tandis que l'autre voit son vagin prendre des dimensions gigantesques. Attirant inévitablement l'attention des curieux, elles vont subir de multiples agressions sexuelles par des êtres pervers excités par leurs malformations.

La critique :

Lors de ma précédente chronique sur Mai-chan's Daily Life : The Movie, je vous avais dit qu'avec les japonais, nous étions rarement déçus en matière de délires cinématographiques. Eh bien, je suis très heureux (mais un peu honteux tout de même) de vous en apporter aujourd'hui la preuve vivante. Soyons honnêtes : certains réalisateurs nippons n'ont clairement pas la lumière à tous les étages... Mais c'est aussi pour cela qu'on les aime ! Nous pourrions énumérer sans fin la multitude de raretés et d'objets filmiques absolument insensés ayant défilé sur ce blog depuis qu'il existe ; mais a-t-on déjà atteint des sommets aussi hallucinants ? Pas sûr.
Je vous présente donc la pièce sans aucun doute la plus dégénérée (au sens littéral du terme) de ma collection, qui en compte pourtant déjà pas mal : Hypertrophy Genitals Girl. Autant vous prévenir d'emblée qu'avec ce film, nous touchons au summum de la folie furieuse et au paroxysme de la démence imprimée sur pellicule. Oubliez tout ce que vous avez vu auparavant et plongez-vous avec délice dans un univers de perversion ubuesque signé Noboru Igochi.

À la fois comédie, film de "science-fiction", nanar haut de gamme, porno dégradant, Hypertrophy Genitals Girl est absolument incomparable. Aucun film sur terre ne peut approcher de près ou de loin la géniale absurdité de cet objet filmique démentiel. Faut-il être très  sérieusement ravagé du bulbe pour avoir imaginé un tel "scénario" ! Pour notre plus grand bonheur, le réalisateur nippon Noboru Igochi a littéralement pété les plombs pour nous proposer ce spectacle incroyable. Il faut en effet, le voir pour le croire. Tout dans ce film, défie l'imagination : des effets spéciaux dignes de Turkish Star Wars, un extraterrestre hilarant de ridicule, deux lolitas transformées en freaks de l'entre-jambes, des scènes orgiaques où les sexes de chair se mélangent à ceux en latex...
Impossible à prendre au sérieux (surtout dans ses premières minutes), Hypertrophy Genitals Girl n'en reste pas moins un film pornographique. On passe ainsi d'une scène de comédie pure à une autre présentant des actes sexuels en gros plans. Malgré l'improbabilité des situations et la frénésie iconoclaste présentée à l'écran, les fondamentaux du X sont respectés à la lettre.

Ainsi, sodomie, fist fucking, fellation et éjaculation buccale sont au programme. Et le film fait preuve de pas mal de perversité lors de ces séquences impudiques puisque des actes de tortures (simulés) viennent pimenter un peu plus le "calvaire " des deux gamines. J'entends déjà hurler les intellectuels de la pellicule ou les adeptes de blockbusters boursouflés. Mais quel intérêt de faire des films pareils ? Eh bien pour le divertissement tout simplement ; et ce n'est déjà pas si mal. À titre personnel, je considère qu'un véritable cinéphile se doit de posséder suffisamment de tolérance et de curiosité pour s'essayer à tous les genres de cinéma. Se divertir devant Hypertrophy Genitals Girl ne signifie pas que l'on soit mentalement dérangé, en tout cas je l'espère ! Cela n'empêche pas de visionner un Tarkovski ou un Kurosawa juste après ; la diversité, c'est ce qui rend le cinéma encore plus grand.
Bon, refermons cette petite parenthèse et retournons avec délectation dans cet univers frappadingue où l'on croise des extraterrestres avariés, des psychopathes de la braguette et des jeunes filles sévèrement membrées. Tout cela est né de l'imagination débridée (oui, elle était facile) de Noboru Igochi.

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Essentiellement réputé au Japon pour avoir fait l'essentiel de sa carrière dans la pornographie, Igochi est pourtant loin d'être un inconnu hors de son pays. C'est en 2008 qu'il acquiert une certaine réputation auprès des amateurs d'oeuvres gore et déjantées après avoir réalisé le survolté The Machine Girl. Puis, après avoir commis l'attentat Hypertrophy Genitals Girl dont nous parlons aujourd'hui, il poursuivra son parcours en 2011 toujours dans le bon goût et la délicatesse, avec Zombie Ass : The Toilet Of The Dead dont le titre, qui est à lui seul tout un programme, évoque la poésie légère des flatulences...
Attention spoilers : Deux étudiantes, Tsubomi et Yukihira, se baladent dans un quartier désert d'une grande ville. Soudain, apparaît une soucoupe volante d'où débarque un extraterrestre costard cravaté, à la tronche grisâtre et affublé d'un sexe érectile au-dessus du crâne. L'alien belliqueux moleste les deux gamines post-pubères, leur projette un rayon laser entre les cuisses et disparaît. D'abord inconsciente, Tsubomi constate avec effroi à son réveil, qu'un sexe masculin démesuré lui a été implanté.

La voilà donc transformée en hermaphrodite. Complètement affolée, elle tente avec grande difficulté de dissimuler l'organe encombrant sous sa jupe. Hélas pour elle, son attitude suspecte provoque la curiosité de trois loubards qui ont vite fait de la peloter puis de l'agresser. Parvenue à s'échapper, la jeune femme se réfugie dans un hangar. Là, elle commence à s'accommoder de son nouvel appendice et s'adonne à des auto-attouchements puis à une masturbation dantesque. Peu après, elle est à nouveau agressée par un couple de pervers qui lui impose des rapports dégradants en triolisme. De son côté, Yukihira découvre avec horreur que son vagin est devenu disproportionné.
Cherchant du secours, elle a la malchance de demander de l'aide à un scientifique fortement libidineux qui la séquestre illico et abuse d'elle, assisté par l'extraterrestre à tête de gland qui réapparaît de façon inopinée. Tous deux la torturent et la violent avec sauvagerie. Les deux jeunes femmes parviennent toutefois à se libérer de leurs tortionnaires respectifs. Tsubomi et Yukihira fêteront alors leurs retrouvailles en se livrant à un coït final d'anthologie qui se terminera dans un superbe jaillissement d'hémoglobine.

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Avouez qu'en matière d'objet filmique non identifié, nous avons à faire à un spécimen hors catégorie. Et encore, les mots peuvent difficilement décrire le ressenti d'incrédibilité qui traverse un spectateur devenu soudain dubitatif : est-il en train de regarder un film ou bien voyage-t-il dans une dimension inconnue ? Bienvenue dans le monde trash et déglingué de Noboru Igochi ! J'en ai vu des bizarreries filmiques ; à la pelle, même. Mais j'avoue que Hypertrophy Genitals Girl mérite, sans l'ombre d'un doute, la palme de l'oeuvre la plus azimutée. Dans son genre, on pourrait presque dire (vite) que le réalisateur possède une forme de "génie". Les premières minutes du film sont, à ce titre, absolument irrésistibles de drôlerie "nanardesque". Il faut avoir vu la gueule de la soucoupe volante tout droit sortie des années cinquante, les effets spéciaux que n'aurait pas renié Cetin Inanç et surtout la bobine de l'extraterrestre de service. Un extraterrestre qui n'a d'extra que le nom, puisqu'il s'agit d'un comédien amateur portant une cagoule improbable, surplombée d'un pénis en caoutchouc moisi à souhait.
Le personnage n'apparaît qu'à deux reprises dans le film mais sa prestation reste gravée dans les mémoires tant l'acteur sur-joue de manière grotesque et exubérante.

Le film possède donc un potentiel comique indéniable, du moins lors de ses vingt premières minutes. Car après, le métrage bifurque irrémédiablement vers l'outrance, la complaisance voyeuriste et pour finir, la pornographie hardcore. Loin d'atteindre la violence paroxystique des références du genre que sont les Vomit Enema Ecstasy ou les Genki Genki, Hypertrophy Genitals Girl n'en reste pas moins une oeuvre brutale qui n'hésite pas à bousculer ses protagonistes lors des scènes chaudes. Noboru Igochi n'a peur de rien et surtout pas du peu de vraisemblance des situations, ainsi que de l'incongruité de ses personnages. Le film est fauché ? Le réalisateur n'en a cure et compense ce "léger" inconvénient en multipliant les provocations pour plonger le spectateur dans un tourbillon d'inepties tantôt amusantes tantôt outrageantes. Les acteurs sont à côté de la plaque ?
Igochi accentue leurs défauts jusqu'à sacrifier toute cohérence dans leur manière de jouer, rendant encore plus grand le plaisir coupable du spectateur. Pour ne pas parler des choses qui fâchent, nous passerons sous silence l'unanime médiocrité de l'interprétation, les décors faméliques, le tournage en DV et l'absence totale de logique dans cette histoire "nazebroque". Mais qu'importe !

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S'assumant radicalement en tant qu'oeuvre porno fantaisiste, Hypertrophy Genitals Girl est un maelström filmique qui va au bout de ses intentions et de ses délires, c'est-à-dire très loin. Vraiment très très loin... Le divertissement à la sauce nippone ne sera jamais vraiment tout à fait compris par les occidentaux que nous sommes. Du reste, c'est en voyant des films de ce genre que l'on mesure l'océan culturel qui sépare nos civilisations. En France, si un réalisateur s'était aventuré à un sujet pareil pour un scénario, cela aurait signifié pour lui un suicide artistique et la fin certaine de sa carrière.
À contrario, les cinéastes nippons peuvent tout se permettre avec cet art inné et quasiment inscrit dans leurs gènes, qu'ils ont à transcender le ridicule en génial, la transgression en jouissance et la folie en normalité. Hypertrophy Genitals Girl est un régal de décadence bouffonne, d'avilissement burlesque et de sécrétions corporelles dégoulinantes. 
Complètement foldingue, le film d'Igochi outrepasse sans vergogne les barrières de l'indécence et défonce à la manière d'un bulldozer l'équilibre mental du spectateur normalement constitué.

On ne peut donc que regretter que ce méga ovni filmique soit rarissime (vous ne pouvez pas imaginer comme j'ai galéré pour mettre la main dessus...) dans nos contrées européennes, car il ferait le bonheur certain de nombre de cinéphiles aventureux, le samedi soir autour des indispensables bières et pizzas ! Ah, je sens l'envie qui monte chez certains... Récapitulons : un alien à tête de teub fêlé du citron, des jeunes filles aux excroissances plutôt disgracieuses, un savant obsédé, un couple sadique, des geysers de sperme et de sang... voici un aperçu du programme pour le moins gratiné qui vous attend au cours de ce film régressif et complément fou. Que dire de plus ?
Où situer ce film sur l'échelle de l'aberration cinématographique ? Tout en haut. Hypertrophy Genitals Girl est de ces expériences visuelles uniques en leur genre, comme on en fait très rarement dans une existence. Quand une oeuvre atteint l'aliénation à ce niveau de démesure, on ne juge plus, on ne note plus. On s'incline et on savoure.

Note : 18/20

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