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Genre : horreur, épouvante, comédie 
Année : 2015
Durée : 1h25

Synopsis : Au lendemain d'une soirée arrosée, Deborah découvre un monde désertique où sévissent quelques zombies... 

La critique :

Les zombies ou un genre décrépit qui a connu ses lettres de noblesse dès 1968 avec la sortie de La Nuit des Morts-Vivants (George A. Romero). A travers l'attaque de ces êtres claudicants et putrescents, George A. Romero cherche surtout à asséner un message politique et idéologique. Pour le cinéaste américain, ce ne sont pas seulement les morts qui se délitent et s'alanguissent, mais l'Amérique toute entière. Ses valeurs, ses normes et ses us et ses coutumes sont appelés à s'avilir sous le poids du consumérisme et d'un capitalisme hédoniste et libertaire.
Mais vers le milieu des années 1980, le public dépité commence sérieusement à se lasser de ces paraboles déguisées en pellicules horrifiques. Les adulateurs préfèrent alors se polariser sur les comédies "zombiesques".

C'est ainsi que Le Retour des Morts-Vivants (Dan O'Bannon, 1985) chipe carrément la vedette à Le Jour des Morts-Vivants (George A. Romero, 1985), soit le troisième et dernier volet de la trilogie des Morts. La comédie "zombiesque" devient alors le nouvel apanage d'un genre en pleine décrépitude. Une gloriole qui ne se démentira pas. Impression corroborée par les sorties de Dead Snow (Tommy Wirkola, 2009), Fido (Andrew Currie, 2006), Cockney Vs Zombies (Matthias Hoene, 2012), Bienvenue à Zombieland (Ruben Fleischer, 2009) et bien sûr, Shaun of the Dead (Edgar Wright, 2005).
En l'espace d'une dizaine d'années, le long-métrage d'Edgar Wright s'est octroyé le statut de film culte, inspirant par ailleurs, de nombreux épigones. Dernier avatar en date, un certain Night of the Living Deb, réalisé par Kyle Rankin en 2015. 

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Evidemment, l'intitulé n'est pas sans faire référence à Night of the Living Dead, soit La Nuit des Morts-Vivants en français. Cette légère dissonance est même notifiée sur l'affiche du film, une jeune femme arborant carrément son prénom, donc "Daube"... pardon... "Deb" (au cas où vous n'auriez pas compris...). Mais, hormis son intitulé, Night of the Living Deb ne partage presque aucune accointance avec le chef d'oeuvre putride et morbide de George A. Romero, si ce n'est qu'il met lui aussi en exergue une invasion de morts-vivants.
Au niveau de l'intonation, la pellicule de Kyle Rankin se rapproche davantage de la goguenardise et des hâbleries de Shaun of the Dead. Reste à savoir si Night of the Living Deb va parvenir - ou non - à s'illustrer parmi cette litanie de comédies "zombiesques" qui pullulent dans les bacs à dvd.

Réponse dans les lignes à venir... En l'occurrence, Kyle Rankin n'est pas un inconnu dans le bataillon corseté du cinéma fantastique et horrifique. Les amateurs de films joyeusement décérébrés citeront éventuellement The Battle of Shaker Heigths (2003) et Infestation (2009). En outre, Night of the Living Deb fait figure de production indépendante qui doit composer avec un budget étriqué. Parmi la distribution, difficile de trouver un acteur notable, à l'exception de Ray Wise, par ailleurs en mode cabotinage. Une façon comme une autre d'amortir ses dettes...
Viennent également s'agréger Maria Thayer, Michael Cassidy, Chris Marquette, Syd Wilder et Shawn C. Phillips. Night of the Living Deb a connu un simulacre de notoriété à travers différents festivals. 
Le film s'est notamment distingué lors du Fantastic Night du BIFF 2016, sans néanmoins susciter l'extatisme dans les salles. 

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Pour les adulateurs de zombies et de gaudrioles, il faudra donc se procurer le film en vidéo ou le visionner par l'intermédiaire du streaming. En l'occurrence, c'est surtout la seconde option qui est recommandée ! Attention, SPOILERS ! (1) La veille de la fête d'indépendance Américaine, Déborah fait tout pour séduire un beau gosse dans un bar. Le lendemain, elle se réveille dans son lit. Mais l'homme ayant déjà une fiancée fait tout pour mettre dehors Déborah.
Une fois dehors, les amants d'un soir se rendent compte que la ville a été envahie de zombies dans la nuit et qu'ils doivent rester ensemble si ils veulent survivre (1). A l'aune de ce synopsis, difficile de s'extasier devant cette énième comédie zombiesque qui, derechef, marche directement dans le sillage et le continuum de Shaun of The Dead.

Hélas, et vous vous en doutez, la comparaison s'arrête bien là. Certes, les différents protagonistes de cette historiette évoquent une "apocalypse zombie". Pourtant, hormis quelques individus patibulaires et au visage tuméfié, prière de phagocyter la moindre saynète spectaculaire au profit d'une comédie amoureuse et romantique. 
Faute de budget, Night of the Living Deb préfère miser sur son casting et sur la jolie frimousse de sa star principale, la jolie et délurée Maria Thayer (dans le rôle de Déborah). Suite à une soirée un peu trop avinée, la belle atterrit entre les bras timorés de Ryan Waverly, un bellâtre déjà acoquiné. Ainsi, la première partie du film se résume à toute une série de quiproquos, Ryan cherchant à tout prix à se débarrasser de la jeune femme un peu trop envahissante.
Ainsi, la première demi-heure du film se résume à une succession d'escarmouches, de chamailleries et de controverses amenant Déborah dans la demeure opulente de la famille de Ryan. 

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C'est la seconde partie du film. La contamination trouverait sa genèse dans l'approvisionnement en eau, désormais empoisonnée par une nouvelle forme de virus. Hélas, nous n'obtiendrons pas plus d'explication sur les raisons de cette nouvelle épidémie. Vous avez baillé aux corneilles durant cette longue exégèse ? Rassurez-vous, c'est normal ! Bien conscient de la vacuité et de l'inanité de son script, Kyle Rankin gage sur le jeu survolté et histrionique de son actrice principale.
Certes, le joli minois et les facéties d'une Maria Thayer harangueuse permettent d'extirper cette comédie zombiesque du néant abyssal. La bonhommie générale est presque communicative... Je dis bien "presque"... car le film pâtit d'un scénario récursif et de situations convenues. De surcroît, hormis la bonne partition de Maria Thayer, les seconds rôles peinent réellement à exister. In fine, les attaques de zombies sont beaucoup trop pondérées et minorées pour susciter l'adhésion.
Bref, Night of the Living Deb multiplie un peu trop de tares, de carences et d'impondérables pour transcender son récit ainsi que ses personnages. A défaut de sombrer dans la catégorie des gros "navetons" avariés, le film de Kyle Rankin risque prestement de s'enliser dans les affres des oubliettes. 

Note : 07/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://filmsdezombies.over-blog.com/2015/night-of-the-living-deb.html