amityville the awakening

Genre : horreur, épouvante
Année : 2017
Durée : 1h27

Synopsis : Une mère célibataire emménage avec ses 3 enfants dans la célèbre maison hantée sans connaître l'histoire du lieu... 

La critique :

Pour mémoire, Amityville : la maison du Diable, réalisé par Stuart Rosenberg en 1979, était l'adaptation d'un opuscule, The Amityville : the horror story, de Jay Anson, qui s'inspirait lui-même de l'affaire d'Amityville. Petite piqûre de rappel. Dans les années 1970, la famille Lutz déménage et s'installe dans une maison située au 112 Ocean Avenue. Le patriarche commence peu à peu à manifester des troubles du comportement à tendance paranoïaque.
Les autres membres perçoivent à leur tour des phénomènes paranormaux. Les journaux et la "Médiasphère" s'emparent alors de l'affaire. Avant la famille Lutz, la demeure, d'apparence opulente, a déjà connu plusieurs massacres de masse. La presse exulte. Le cinéma s'intéresse lui aussi à cette historiette luciférienne. A sa sortie, le premier Amityville se solde par un succès phénoménal dans les salles obscures.

Le public américain se délecte et se gargarise de ce genre d'histoire surnaturelle. De surcroît, le film de Stuart Rosenberg s'inscrit dans le sillage et le continuum de toutes ces productions méphistophéliques, le "Diable" et ses démons incubes venant carrément s'immiscer dans notre société contemporaine. Le mal se nourrit de nos tares, de nos fêlures et de cette fracture sociale et culturelle qui s'est peu à peu ingérée au sein de la cellule familiale.
Telle était par ailleurs la dialectique de plusieurs classiques horrifiques, notamment L'Exorciste (William Friedkin, 1973), Rosemary's Baby (Roman Polansky, 1968), ou encore La Malédiction (Richard Donner, 1976). Toutes ces productions évincent doctement les films de la Hammer. Frankenstein, la momie, Dracula et le loup-garou sont priés de retourner dans leurs sépulcres. 

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Corrélativement, le tournage d'Amityville est émaillé par des phénomènes étranges, par ailleurs largement relayés par la presse-scandale. Tout du moins, c'est que déclame la production du film. Une façon comme une autre d'assurer la promotion du long-métrage. Pour certains esprits plus dubitatifs, tous ces impondérables ne seraient que des événements factices, participant derechef à la distribution et la promotion du film. Pour les producteurs avides et mercantiles, le premier chapitre engendre suffisamment de pécune et de bénéfices pour justifier la mise en chantier d'une trilogie avec Amityville 2 : le Possédé (Damiano Damiani, 1982) et Amityville 3D : le démon (Richard Fleischer, 1983).
Si le deuxième volet fait vaguement illusion, le troisième opus essuie une rebuffade. La saga Amityville est alors priée de retourner gentiment dans ses pénates... Ou presque...

Un téléfilm, sobrement intitulé Amityville 4 (Sandor Stern, 1989), relance les inimitiés. Une chimère. Le public circonspect ne répond plus benoîtement à l'appel. A contrario, plusieurs films s'inspirant directement de l'affaire sortent directement en vidéo, sans néanmoins susciter l'enthousiasme. Pour les thuriféraires de la première heure, il faudra faire preuve de longanimité et patienter jusqu'aux années 2000 avec la sortie d'un remake quasi éponyme, soit Amityville (Andrew Douglas, 2005).
Cette production s'inscrit dans la didactique de toutes ces préquelles, spin-off et remakes horrifiques qui doivent inhumer les vieux classiques de leurs sépultures. 
Or, le long-métrage d'Andrew Douglas essuie un camouflet, que ce soit par le public ou par la critique, unanimement sarcastique. Déjà, à l'origine, le film de Stuart Rosenberg ne brillait pas vraiment par sa sagacité, dupliquant allègrement l'atmosphère putride et mortifère de Shining (Stanley Kubrick, 1980). 

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Nouvel échec commercial au box-office. Mais la saga doit à tout prix renaître de ses cendres. Ce sera Amityville : The Awakening, cette fois-ci réalisé par les soins de Franck Khalfoun. Pour mémoire, le cinéaste français (cocorico !) a déjà signé le remake éponyme de Maniac en 2012. C'est même à travers cette nouvelle version, pour le moins éloquente, que Khalfoun s'est érigé un simulacre de notoriété. Le nouveau film de Franck Khalfoun est évidemment attendu au tournant.
Le metteur en scène saura-t-il renouer avec cet effroi de jadis ? Réponse dans les lignes à venir... Pour l'anecdote, le métrage devait initialement s'intituler The Amityville Horror : The Lost Tapes. Mais la sortie du film est plusieurs fois prorogée. Franck Khalfoun et ses producteurs optent finalement pour Amityville : The Awakening.

Hélas, pour le réalisateur en déveine, ce nouvel épisode se soldera par un bide commercial. Présenté dans les salles, le film est unanimement tancé et conspué par le public, ainsi que par les critiques spécialisées. Amityville : The Awakening sort alors directement en vidéo. La distribution du film se compose de Bella Thorne, Jennifer Jason Leigh, Cameron Monaghan, McKenna Grace, Thomas Mann, Taylor Spreitler et Kurtwood Smith. Attention, SPOILERS !
(1) Belle, sa petite sœur Juliet et son frère jumeau James, plongé dans le coma, emménagent avec leur mère célibataire, Joan, dans une vieille maison achetée à bon prix et située dans la ville américaine d'Amityville, afin de pouvoir mettre de l'argent de côté pour payer les soins médicaux de James. Mais bientôt, d'étranges phénomènes commencent à se manifester, comme la guérison soudaine de James ou les horribles cauchemars de Belle. 

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Celle-ci commence alors à soupçonner sa mère de ne pas lui avoir tout dit sur leur nouvelle demeure et réalise ensuite qu'ils ont emménagé dans la tristement célèbre maison hantée de l'affaire d'Amityville... Jamais un film d'épouvante n'aura autant souffert de ses prorogations, de ses carences et de ses atermoiements. Maintes fois repoussée, la production d'Amityville - The Awakening se traduit, inévitablement, par une sévère déconvenue.
Présomptueux, Franck Khalfoun souhaite réaliser une pellicule novatrice et érubescente. Hélas, le cinéaste est sommé de réfréner ses ardeurs rougeoyantes. Pour Khalfoun, le tournage du film se solde par un échec personnel et professionnel. Ainsi, sur la forme, Amityville - The Awakening s'apparente à un remake déguisé de Patrick (Richard Franklin, 1978), l'ambiance délétère et anxiogène en moins.

Certes, Khalfoun tente bien de mimer la saga Conjuring via d'habiles subterfuges. Malencontreusement, le film ne fait que ressasser les vieilles recettes de naguère avec des portes de chambre qui ferment inopinément, ou encore des fenêtres qui claquent elles aussi sans détour. Et ce n'est pas ce message comminatoire, "Kill them all !", adressé à la famille de Belle, qui risque de provoquer quelques cabrioles sur notre siège. Bref, pas de quoi effaroucher le public avisé et littéralement abreuvé par ce genre de conventions habituelles.
A aucun moment, Amityville - The Awakening n'entretient l'illusion, si ce n'est dans cette volonté farouche de réitérer la dramaturgie originelle, à savoir cette folie inextinguible qui s'empare d'une famille de la middle class américaine.

Abandonnés à leur sort, les comédiens tentent laborieusement de sauver les meubles. Là aussi, une hérésie. Jennifer Jason Leigh ne parvient pas (ou trop rarement) à transcender cette matriarche histrionique. Le scénario du film se polarise alors sur Belle Walker, une jeune éphèbe de 17 ans dénuée de toute personnalité et de toute aura charismatique. Reste cette relation fétide qui se noue avec ce frère miraculeusement sauvé par une force thaumaturgique mais démoniaque. C'est probablement la seule bonne idée du film, hélas trop peu exploitée pour maintenir l'illusion ou l'intérêt sur la courte durée de cette pellicule (à peine une heure et 25 minutes de bobine).
Bref, si Amityville - The Awakening n'est pas non plus ce gros "naveton" avarié, le film côtoie régulièrement les affres du néant abyssal.

Note : 06.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver