poltergeist 2

 

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 1986
Durée : 1h35

Synopsis : Un orage magnétique déclenche à nouveau l'horreur sur la famille Freeling qui, une fois de plus, est la proie des Poltergeist... 

La critique :

A l'origine, le premier Poltergeist devait échoir entre les mains de Steven Spielberg. Avec la collaboration de Michael Grais et Mark Victor, Steven Spielberg griffonne les premières ébauches d'un long-métrage d'épouvante qui doit initialement s'intituler Night Time. L'idée du scénario reste peu ou prou analogue puisqu'il est question d'une famille lambda, les Freeling, tarabustés par des Poltergeist, des spectres qui n'ont toujours pas trouvé la plénitude dans l'au-delà et qui errent entre notre monde et les limbes de l'enfer. Or, la nouvelle demeure des Freeling a justement été érigée sur un ancien cimetière indien. Les premières prémices d'activités démonologiques ne tardent pas à se manifester et la jeune Carol-Anne est alors absorbée par le poste de télévision.
La fillette blondinette musarde quelque part dans un univers parallèle et parmi les ténèbres.

Voilà un synopsis qui n'est pas sans rappeler un épisode de La Quatrième Dimension, La Petite Fille PerdueCorrélativement, Steven Spielberg est toujours sur le tournage de E.T. L'Extra-Terrestre. Pour des raisons essentiellement techniques et pécuniaires, la firme MGM confie la réalisation de Poltergeist premier du nom à Tobe Hooper, un réalisateur en déshérence depuis la sortie de Massacre à la Tronçonneuse (1974). Mais Steven Spielberg, initiateur du projet, se voit confier la production de Poltergeist. Après le succès colossal du film au box-office américain, les rumeurs et les galéjades vont bon train. En outre, Tobe Hooper ne serait qu'un vulgaire quidam obéissant doctement aux injonctions de Spielberg pour la réalisation.
Personne ou presque ne reconnaît son style viscéral et iconoclaste. 
A contrario, la presse et les médias relèvent immédiatement l'empreinte indélébile de "Spielby". 

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Que soit. Le tournage de Poltergeist est, à priori, émaillé de phénomènes étranges. Ces nouvelles esclandres concourent également à la notoriété du film, d'autant plus que Dominique Dunne, qui interprète Dana Freeling - la soeur aînée de la famille, est assassinée par son compagnon, John Thomas Sweeney, en 1982. La comédienne devait logiquement rempiler dans Poltergeist 2, cette fois-ci réalisé par les soins de Brian Gibson en 1986. Dans ce second chapitre, il est prévu que Dana Freeling rentre à l'université et une scène doit même être tournée à cet effet.
Mais en raison du décès de l'actrice, la séquence est prestement prorogée. Pour l'anecdote, Poltergeist 2 doit même être réalisé en 3D. D'ailleurs, plusieurs saynètes seront tournées dans ces circonstances, notamment lorsque la famille Freeling est assaillie par une tronçonneuse.

De surcroît, le tournage de Poltergeist 2 est également marqué par la mort de l'acteur Julian Beck. Toutes ces morts inopinées participent derechef à ériger la popularité de la saga Poltergeist. Une notoriété pour le moins mortifère et renforcée, quelques années plus tard, par la sortie de Poltergeist 3 (Gary Sherman, 1988) et le décès de Heather O'Rourke dans la foulée. Quant à Brian Gibson, le metteur en scène britannique a essentiellement officié pour la télévision et plusieurs séries télévisées. Poltergeist 2 constitue donc son seul et unique long-métrage.
Si cette suite se solde par un succès plutôt modeste au box-office, les critiques et la presse se montrent beaucoup plus pondérées. Les contempteurs tancent et fustigent un second chapitre largement inférieur à son auguste devancier. 

Poltergeist-II-The-Other-Side-1986-Movie-3

Hormis la présence de Julian Beck, la distribution du film se compose de Craig T. Nelson, JoBeth Williams, Heather O'Rourke, Zelda Rubinstein, Oliver Robins, Will Sampson et Geraldine Fitzgerald. Attention, SPOILERS ! (1) Suite à ses déboires, qui rappelons-le se sont achevés par la disparition spontanée de leur demeure de Cuesta Verda, la famille Freeling a trouvé refuge chez la mère de Diane. Sans emplois ni ressources, au moins peuvent-ils se féliciter de demeurer ensemble et en paix. Fin. Hélas non : les esprits n’ont pas digéré l’idée de s’être fait reprendre la jeune Carol Ann et traquent les Freeling jusqu’à leur nouvelle habitation. 
Si ces entités ne sont pour rien dans le décès de la grand-mère, elles profitent du désarroi au sein de la famille pour tenter d’enlever une fois de plus Carol Ann.

Et sans chichis cette fois : en plus des poltergeist de bon aloi, le démoniaque révérend Kane (Julian Beck) se matérialise en personne pour semer le trouble parmi les Freeling. Lesquels peuvent toujours compter sur le soutien de la médium Tangina, qui les avait déjà aidés la première fois et qui continue à le faire en leur envoyant Taylor, un indien mystique visiblement spécialisé dans la lutte contre les mauvais esprits. Et puis il y a bien entendu l’amour, la meilleure arme à employer face à Kane (1). Premier constat, Poltergeist 2 n'est plus réalisé par Steven Spiel... pardon... par Tobe Hooper.
A défaut de pouvoir composer avec deux érudits de la caméra, Poltergeist 2 se voit affubler d'un tâcheron, en la personne de Brian Gibson. 
Qu'à cela ne tienne. Si le cinéaste ne parvient jamais - ou presque... - à transcender son sujet, ce dernier se contente de psalmodier benoîtement la recette de ses illustres épigones.

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En l'occurrence, l'intérêt de Poltergeist 2 repose sur cette permutation des rôles. Souvenez-vous... Dans le premier Poltergeist, c'était la famille Freeling qui était persécutée par des forces méphistophéliques. Dans Poltergeist 2, la dialectique tend à s'inverser puisque ce sont, cette fois-ci, les Freeling qui tiraillent ces prismes venus de l'au-delà. Brian Gibson a au moins l'élégance de ne pas avoir cédé à la tentation de la 3D, sans quoi Poltergeist 2 aurait sans doute connu le même sort que le très médiocre Amityville 3D : le démon (Richard Fleischer, 1983).
De surcroît, en raison des événements du premier volet, la famille Freeling ne pousse plus des cris d'orfraie devant ces portes qui grincent, ces meubles qui se meuvent inopinément et ces jouets qui se délitent sous la force de volutes activées par les forces du mal. 

De facto, le public ulcéré se retrouve à son tour enseveli par cette spirale irréfragable. Hélas, cette courbe ostentatoire n'a rien d'infernale. Faute d'idées et/ou de réelles nouveautés, Poltergeist 2 oppose la famille Freeling à un vieillard décrépit. Bien triste absoute pour Julian Beck... Indubitablement, l'acteur aurait mérité une bien meilleure révérence. 
Les quelques trouvailles scénaristiques prêtent surtout à sourire à l'image, encore une fois, de cette tronçonneuse qui lévite ; ou encore de ce révérend qui se transmute en une créature ophidienne. Sinon, c'est tout ?
Oui, c'est tout ! Enfin presque... La conclusion finale vient également renâcler vers la fin du premier volet. En outre, c'est encore et toujours l'amour familial qui triomphe du mal et de ses fidèles succubes. Poltergeist 2 est-il aussi médiocre qu'il en a l'air ? En l'état, ce second méfait n'est pas non plus ce naveton "avarié" et vitupéré par certains fans du premier volet. Reste le plaisir de retrouver la famille Freeling et de voir cette pellicule comme une petite série B des plus inoffensives. 
Sinon, c'est tout ? Oui, cette fois-ci, c'est tout !

Note : 08/20

 

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://tortillapolis.com/critique-film-poltergeist-2-brian-gibson-1986/