NF713

Genre : horreur, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)
Durée : 1h18 (version cut)
             1h31 (Extended version)

Année : 2009


Synopsis : Un huis clos épouvantable. Un face à face impitoyable et suffocant oppose un docteur sadique qui perpétue réellement et sans aucun répit, des actes de barbarie sur une femme dans le but de lui faire avouer d'hypothétiques crimes à l'encontre d'un État imaginaire. Il s'agit en fait pour le bourreau, d'un prétexte pour la détruire autant psychologiquement, physiquement et sexuellement. Pour effacer chez elle toute trace d'humanité et de la réduire à un simple numéro : le NF713, sigle d'un composant électrique avec lequel la victime est torturée.

La critique :

En octobre, lorsque par mail privé j'avais informé le vénéré taulier du blog, Alice in Oliver, de mes découvertes et prochaines acquisitions, je lui avais signalé l'arrivée imminente (sous réserve des délais postaux internationaux) dans ma vidéothèque d'un film monstrueux. Une oeuvre bannie dans près de 180 pays en plus de son pays d'origine, la Grande Bretagne. Cela supposait que ce film battrait le triste record de Most Disturbed Person On Planet Earth, premier du nom, qui fut interdit dans 146 pays. La raison de cette mise à l'index aussi radicale que rarissime ?
Une violence graphique et psychologique absolument insoutenable qui serait susceptible de perturber et même d'altérer de façon importante, la santé mentale des spectateurs. Voilà pour un pitch qui a de quoi refroidir tout de suite les ardeurs les plus velléitaires. NF713 n'a évidemment pas bénéficié d'une sortie en salles, la BBFC (British Board of Films Classification), c'est-à-dire les autorités britanniques habilitées à la censure, ayant considéré ce film comme dépassant le cadre strict d'un spectacle cinématographique et de fiction. Trop réel, trop brutal, trop scandaleux, trop tout en fait. Allez hop, banni, répudié ; circulez il n'y a rien à voir !

Donc pour le réalisateur Michaël Stamp, prière donc de prendre ses bobines maudites sous le bras et d'aller les exporter dans des contrées lointaines, voir si où on voudrait bien de lui et de son objet filmique à l'incommensurable sauvagerie. Comme un certain Maléfices Pornos en son temps (voir fiche Wikipédia), le film poserait une question morale hors du commun et se retrouve donc purement et simplement, interdit. Pas interdit à un certain public ; interdit tout court.
Et pratiquement dans le monde entier. En effet, des rumeurs circuleraient sur le fait que les tortures n'auraient pas été simulées mais réellement effectuées et surtout, que l'actrice soumise aux divers actes de barbarie qu'impliquait le scénario du film, n'aurait pas joué à la victime mais aurait été en réalité, obligée de subir pour de bon et contre sa volonté, les actes de tortures. S'il s'avérait que cela soit vrai, NF713 serait donc le premier "torture porn snuff" de l'histoire. En ce cas, il serait impossible de comparer les supplices infligés à cette actrice aux sévices (pourtant inouïs) imposés aux performeuses asiatiques dans des oeuvres ultra underground telles que les Pain Gate ou les GSKD qui, elles, sont tout à fait consentantes face aux heurts et humiliations qu'elles subissent.

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Évidemment, un film précédé d'une telle réputation a de quoi susciter les fantasmes et les convoitises les plus exacerbés des amateurs de cinéma extrême. Mais attention, combien de fois a-t-on été déçus par tel ou tel film prétendu "insoutenable" ? Et au final, nous n'avions eu droit qu'à un pétard mouillé. Le cas le plus connu des connaisseurs reste sûrement celui de Perseveration (2012) et de sa fameuse interdiction aux moins de 21 ans qui alimenta les interrogations les plus folles. Or, ceux qui ont eu l'opportunité de le visionner sont quasiment tous unanimes : le film d'Adam Sotelo est sinon un flop, du moins une très grande déception. Reste à savoir maintenant si NF713 est la bombe nucléaire annoncée ou un ballon de baudruche gonflé à l'intox du correspondant qui m'a vendu le dvd via EBay.
Cependant, connaissant la fiabilité et l'érudition du bonhomme en matière d'oeuvres ignobles (je lui dois notamment les Genki Genki 19, 20 et 21 ou encore Hypertrophy Genitals Girl), je ne mis nullement sa parole en doute au moment de l'acquisition. Un autre élément plaidait en "faveur" de la véracité sur l'extrémisme supposé du film de Michaël Stamp : l'absence totale d'information à son sujet sur Internet. Aucun article consacré au film, aucune image disponible, aucun extrait visible sur YouTube. Seul le site IMDB mentionne son existence par quelques lignes laconiques.

Sans cela, il n'y aurait aucune trace de ce très mystérieux NF713. Cette situation rappelle beaucoup le cas du quasi introuvable Juvenile Crime qui, sans être un snuff movie au sens littéral du terme, s'en rapprochait tout de même fortement par son ambiance glauque et son format visuel très approximatif. Le dvd dont je dispose est proposé avec deux versions : la "special edition" et la "Extented version". La première d'une durée de 78 minutes est amputée des scènes hardcore mais est déjà suffisamment barbare pour envoyer un torture porn "grand public" comme Saw III au tapis dès le premier round. L'Extended version présentée dans cette chronique, ajoute à ce spectacle déjà très corsé, les treize minutes supplémentaires de scènes coupées et interdites.
Autrement dit un bon conseil, accrochez-vous au siège, ça va dépoter... 
Attention spoilers : L'action, si on peut employer ce terme, ne met en scène que deux protagonistes. C'est donc un huis clos infernal qui nous est proposé : d'un côté, un tortionnaire tout puissant qui fait preuve d'une violence sans limite ; de l'autre, une victime sans défense assujettie aux pires turpitudes de la part de son geôlier. Un lieu unique : une pièce plongée dans la plus totale obscurité dès les premières images et jusqu'à la fin du film. Seuls les deux protagonistes sont exposés à la lumière.

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Eleanar Wilson est soupçonnée de fomenter un complot contre un état dont on ne saura jamais le nom. Capturée, elle est soumise à un interrogatoire pour le moins musclé par le docteur Mueller chargé de la faire parler. Malgré les dénégations de sa prisonnière, le scientifique bedonnant s'acharne à la torturer. Il n'a en fait pour mission que d'enlever à la femme toute identité propre en tant qu'être humain et la transformer en un simple numéro, le NF713. Pour cela, il va employer tous les moyens dont il dispose. Jusqu'aux plus extrêmes... Autant mettre les choses au clair de suite : NF713 n'est pas un snuff movie. Deux raisons à cela ; la première est qu'un vrai snuff (et cela existe réellement) montrerait un véritable meurtre à l'écran. Cela n'est pas le cas puisque l'actrice ne meurt pas ni fictivement ni (heureusement) en réalité sous les coups de son tortionnaire. La deuxième est que cette même actrice dénommée Niki Flynn, malgré ses hurlements effroyables et continus, malgré les actes de tortures non simulés qu'elle endure, semble être "maitresse" de la situation vis-à-vis de son partenaire.
Là où le réalisateur est très futé, c'est qu'il couvre certaines paroles du personnage d'Eleanar Wilson par des "biiips" pour nous donner l'impression qu'il cache le message que l'actrice supposée non consentante, adresserait directement aux spectateurs, leur témoignant face caméra  des atrocités qu'elle subirait contre son gré. Cela est très finement joué de la part de Michaël Stamp et de son assistant, Chine Hamilton (qui interprète le docteur Mueller).

Autre détail troublant, la version uncut présente une image beaucoup moins nette que la version édulcorée. L'image est granuleuse, sautillante, parfois raccordée ; le son est beaucoup plus sourd et les fameux "biiips" recouvrant les paroles hurlées de l'actrice interviennent régulièrement aux moments des sévices explicites. Bref, l'effet snuff est totalement maîtrisé et rendrait presque crédible l'hypothèse d'un tournage illégal. Là aussi, la ressemblance avec Juvenile Crime s'impose. Si NF713 n'est pas le snuff que certaines rumeurs annonçaient, le film n'en est pas moins d'une violence inouïe.
Je vous laisse "apprécier" le programme des réjouissances : distorsion de tétons, ingurgitation forcée d'eau bouillante, piqûre clitoridienne, écrasement de langue, coups de cravache sur la poitrine, flagellations féroces du dos et du fessier, gavage buccal d'un mouchoir humidifié par des sécrétions intimes, humiliations urophiles, sodomie à l'aide d'un martinet et surtout, introductions vaginales de fils électriques par lesquels un haut (?) voltage est envoyé. Ainsi, peut-on apercevoir les parties génitales de l'actrice soumise à de violents soubresauts, se tuméfier à vue d'oeil. Impressionnant... Alors que les tortures à l'encontre de la malheureuse victime sont insoutenables, le réalisateur réussit pourtant le tour de force de ne pas faire verser une goutte de sang au cours des 91 minutes que dure le métrage. En cela, le film se démarque totalement des torture porn actuels qui s'adonnent sans vergogne à une surenchère effrénée aux étalages de boyaux. 

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Mais résumer NF713 à une litanie ininterrompue d'actes de barbarie serait une lourde erreur. On pourrait certes se demander comment Michaël Stamp va faire pour maintenir l'intérêt du spectateur durant une heure trente en ne présentant qu'un face à face étouffant plongé dans une obscurité caverneuse. La réponse est très simple : nous assistons à un long et méthodique processus de déshumanisation envers la pauvre Eleanar Wilson ; à une destruction totale de son identité ; à la négation progressive de sa propre existence. Un jeu du chat et la souris où le docteur Mueller ne se contente pas de soumettre le corps de sa victime à de terribles souffrances, mais où il s'applique aussi à la broyer psychologiquement, la rabaissant sans cesse par des propos injurieux et avilissants. "Say I'm a whore !" ("Dis je suis une pute !) répétés cinq fois de suite, "Nobody has ever loved you !" (Personne ne t'a jamais aimé !), "Your parents didn't conceive you in love !" (Tes parents ne t'ont pas conçu dans l'amour), "Your birth is only an error of God !" (Ta naissance n'est qu'une erreur de Dieu !)... Voilà quelques-unes des amabilités proférées par le terrifiant et pourtant impassible docteur Mueller (véritable sosie d'un Donald Pleasence qui aurait pris trente kilos...), et martelées à l'envi comme des coups de pilon dans l'inconscient de la jeune femme.

Aussi, celle-ci devient peu à peu un pantin démantibulé, une marionnette n'opposant plus aucune résistance à ces brimades réitérées. Peu à peu, la victime ne se débat plus et cède toute entière à la merci de son bourreau. Un bourreau dont le travail de sape est d'autant plus pervers qu'il est fréquemment interrompu par des moments de répit où le docteur détache Eleanar pour discuter plus posément, aimablement parfois, allant même jusqu'à lui prodiguer quelques gestes de tendresse. Bien évidemment, il ne s'agit pour le démoniaque scientifique que d'amadouer son "jouet psychologique" par des simagrées de douceur avant de repartir de plus belle dans ses tortures cruelles.
Le déroulement du film dans sa première heure, se découpe ainsi entre scènes violentes et séquences de dialogues ; monologue pourrait-on dire puisqu'il s'agit d'un interrogatoire auquel la victime se contente de répondre le plus souvent par des pleurs et des gémissements. 
L'interprétation de Chine Hamilton est à souligner dans ce rôle de scientifique, tortionnaire à sang froid qui semble prendre un réel plaisir à tourmenter sa proie. Le jeu de Niki Flynn ne pourra pas être apprécié à sa juste valeur puisqu'il s'agit plus pour l'actrice d'effectuer des performances hardcore que de développer son rôle au maximum de ses possibilités. Au niveau formel, comme je l'ai précisé plus avant, autant la version édulcorée présente des images en DV de qualité correcte, autant la version uncut se complet dans une pellicule nébuleuse au teintes délavées et au rythme saccadé, jouant à fond sur l'effet faux snuff. On a presque l'impression qu'il s'agit de deux films différents.

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Pour la clarté de l'article et aussi pour ne pas enfreindre les limites de la bienséance, les captures d'écran illustrant cette chronique sont donc extraites de la version cut du film. Franchement, j'ignore si NF713 est comme l'a prétendu mon correspondant, interdit dans 180 pays. En fait, peu importe que ce film détienne le "titre" très anodin d'oeuvre cinématographique la plus censurée au monde. La seule vérité est celle du visionnage. Et celle qui saute aux yeux du spectateur est très brutale. Tel un 38 tonnes lancé à pleine vitesse, le film de Michaël Stamp défonce tout sur son passage et met sérieusement à l'épreuve les nerfs des spectateurs, même ceux des plus endurcis.
Le réalisateur a vraiment frappé très fort avec cette pellicule autant extrême graphiquement que psychologiquement. Aucun doute là-dessus : NF713 est à ce jour (à ma connaissance) le torture porn occidental le plus violent jamais réalisé. Sa rareté et le mystère qui entoure sa conception lui confère, en plus, une aura sulfureuse qui contribuera à lui valoir certainement dans un futur proche, un culte auprès des amateurs de films "maudits". 
Depuis Michaël Stamp semble avoir disparu de la scène cinématographique sans laisser d'adresse, sinon comme dernier témoignage, un téléfilm au titre étrange d'Halbblut, réalisé en 2010 d'après le site IMDB, toujours lui.
Quoiqu'il en soit, NF713 est de ces films que l'on n'oublie pas de sitôt. Rarissime, ultra violent, terriblement perturbant, ce coup de tonnerre filmique possède tous les ingrédients pour accéder au panthéon des oeuvre les plus traumatisantes de l'histoire du cinéma.


Note : ???

TumblingDollOfFlesh Inthemoodforgore