Squirmfest

Genre : pornographique, trash, extrême, scat-movie (interdit aux - 18 ans)
Année : 1989
Durée : 1h20

Synopsis : Une jeune femme se livre à des expériences urophiles et scatophiles extrêmes tout en dégustant des insectes grouillants sous les caméras d'une équipe de tournage underground. 

La critique :

Amis de l'art et de la délicatesse, je vous salue bien bas. Alors, ces fêtes se sont bien passées ? Pas trop ballonnés, pas trop vaseux ? Au niveau digestif, tout va bien ? Bon, tant mieux parce qu'aujourd'hui, vous allez avoir besoin d'un estomac en béton armé pour parcourir (ou subir plutôt) cette nouvelle chronique malodorante. Après NF713 et sa violence terrassante, poursuivons donc notre ascension sur l'échelle de l'ignominie cinématographique pour arriver aux sommets vertigineux où trône l'invraisemblable Squirmfest. Cet objet filmique infamant est considéré par certains comme l'oeuvre la plus extrême (comprenez écoeurante) jamais réalisée. L'est-elle encore aujourd'hui ?
Certainement plus, mais à l'époque où il fut conçu, ce "film" se positionnait sans aucun doute à la place peu glorieuse de numéro un au top de l'abjection projetée sur pellicule. Incontestablement, nous tenons là un énorme poids lourd du cinéma trash dans ce qu'il a de plus infect et de repoussant. 
Squirmfest est un film absolument dantesque de par le spectacle décadent qu'il propose. Lointain ancêtre des Vomit Enema Ecstasy et autres Gusomilk, cette monstruosité filmique a été réalisée en 1989 par Susumu Saegosa, un illustre inconnu dont la "renommée" n'aura pas dépassé la (très relative) notoriété de Squirmfest.

Cinéma Choc étant par définition l'endroit propice pour présenter ce genre de... chose, je n'avais d'autre choix que de vous imposer la présence fortement incommodante du susdit Squirmfest. Ma foi, cette chronique aura peut-être le mérite de faciliter votre transit intestinal ou de soulager vos nausées stomacales au sortir de ces fêtes de fin d'année en vous faisant vous précipiter directement aux toilettes ! Plus puissant qu'un Dulcolax (le soir Dulcolax, le matin relax), plus efficace qu'une biture d'un samedi soir, plus infaillible qu'un parfum de fosse septique, Squirmfest est la solution qu'il vous faut pour soulager vos encombrements passagers. Un peu d'humour pipi caca pour vous mettre dans l'ambiance... Mais trêve de plaisanterie, passons aux choses sérieuses.
Peut-on réellement qualifier cette pellicule de film ? Difficile à dire. Nous avancerons un timide "oui", dans la mesure où le réalisateur a tenté d'instaurer un (petit) semblant d'histoire ; nous affirmerons un très gros "non" car cette histoire ne contient aucun scénario, aucune trame digne d'intérêt sinon d'aligner un maximum de scène outrageantes. Et on ne pourra pas compter sur de quelconques efforts artistiques dans la mise en scène comme un Tohjiro ou un Amano savent le faire.

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Ici, nous sommes en plein dans un tournage amateur ultra underground, brut de décoffrage, sans fioritures. L'ignoble est montré en détail et en gros plans sous l'oeil complaisant d'une caméra voyeuriste qui semble se délecter du spectacle vomitif qu'elle propose. Tourné en vidéo, le film possède pour tout décor une pièce minimaliste où les exactions se déroulent à un rythme effréné. La victime de ces exactions ? Une seule et unique jeune femme soumise corps et âme aux affres des humiliations. Humiliations qu'elle a l'air de prendre plutôt sereinement puisqu'elle s'y soumet avec un plaisir non dissimulé et une évidente lubricité. Attention spoilers : Dans une grande pièce où trône un piano, une jeune femme est assise à une table. D'entrée et pour se mettre en condition, elle déguste goulument une assiette de spaghettis assaisonnée d'asticots gluants. Pour faire passer le tout, elle boit un grand verre de lait où baignent des vers de terre. Puis, un domestique vêtu d'un smoking lui amène une partition et elle commence à jouer au piano. Prise de convulsions et d'hallucinations, la jeune femme commence à uriner tout en se représentant le maître d'hôtel avec la tête de Groucho Marx (!).
Aussitôt, elle se retrouve accroupie obligée d'uriner et de déféquer sur le plancher. L'homme la force à ingurgiter ses excréments puis à les manger comme un animal, à même le sol. La scène est filmée sous toutes les coutures par une l'équipe technique où l'on voit clairement le cameraman, le preneur de son et d'autres techniciens s'agiter autour de l'actrice.

Par la suite, la femme se retrouve allongée alors qu'un participant lui défèque un énorme étron dans la bouche tout en l'étalant sur son visage. Arrivent les scènes de sexe (obligatoires) où fellation, pénétration et sodomie se déroulent au milieu des déjections laissées préalablement par la demoiselle. Après ces ébats vomitifs, la performeuse pisse dans une cuvette afin de boire son urine. On la replace au piano sur un coussinet recouvert d'aiguilles qui lui perforent le fessier, ce qui ne l'empêche toutefois pas de jouer malgré la douleur procurée. Le film est alors interrompu pour présenter une sorte de making of où l'on voit acteurs et membres de l'équipe technique s'adonner à de la dégustation d'excréments, ou au tournage d'autres scènes qui ont dû être coupées par la suite.
J'avoue ne pas avoir saisi le but de cette coupure dans le déroulement du métrage, mais Saegosa n'est pas du genre à se préoccuper de ce genre de détail. Pour la scène finale, nous retrouvons les deux protagonistes en tenue de soirée, à nouveau attablés. Si l'homme se contente d'un repas normal, la jeune femme, elle, devra déguster de gros cafards vivants qu'elle fera craquer sous ses dents face à une caméra qui s'approche au plus près de l'orifice buccal.

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Le final sera tout autant ubuesque que le métrage lui-même puisqu'un acteur, sortant de nulle part et habillé en chef cuisinier, concoctera le désert : un mélange d'urine, d'asticots et de cafards passés au robot mixeur. En ressortira une texture blanchâtre que l'actrice avalera sans rechigner jusqu'à la dernière goutte. Au fait, si vous vous apprêtez à passer à table, je vous souhaite un bon appétit ! Ah, le bon goût des oeuvres nippones ; j'étais sûr que ça vous manquait... Avec Squirmfest, Cinéma Choc confirme un peu plus encore sa réputation et son patronyme. Le fait que ce film n'ait absolument aucun intérêt est moins important que le témoignage édifiant qu'il apporte.
Nous avons ici la preuve vivante (et puante) que "l'art" du cinéma extrême ne date pas d'aujourd'hui. Cette immondice filmique affiche bientôt trente ans au compteur et pulvérise en matière d'indécence, la quasi-totalité de la production underground actuelle. Je devine que vos poils doivent se hérisser en lisant le mot "art" employé dans cette chronique. Contre-art devrait être le terme plus approprié. Un objet visuel aussi répugnant et underground ferait passer sans problème les films de John Waters pour des blockbusters hollywoodiens lisses et aseptisés.

Que peut-on dire qui ne soit pas à charge ou à l'encontre de cet objet tout entier dédié à l'apologie de la souillure ? Pas grand-chose. Stylistiquement, le métrage se déroule dans les brumes incertaines produites par les images d'un caméscope des années 80, rendant encore plus obscur le résultat à l'écran. Susumu Saegosa n'a pas non plus pris la peine d'écrire une ligne de scénario, ou était-il sous l'emprise de substances illicites ? Que représentent les visions hallucinogènes de la jeune femme lorsqu'elle joue du piano ? Qu'est-ce que Groucho Marx vient faire dans ce délire ? Nous n'en saurons rien. Le reste, ce n'est que du trash, encore du trash, toujours du trash.
Surpuissant certes mais sans aucune intention de développer le début du commencement d'une histoire. L'actrice-performeuse a l'air d'être là en touriste, faisant là où on lui dit de faire, sans transmettre une once d'émotion ou d'empathie au spectateur. Quant à ses partenaires (sans doute des potes du réalisateur qui étaient au chômage), ils font office de faire valoir et de bouche-trous, cela dit sans jeu de mot mal placé. Reste pour le "metteur en scène", le plaisir jouissif et dégénéré d'étaler de la merde à l'écran.

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Au sens propre comme au figuré. s'en suivent donc, et de manière ininterrompue, des scènes paroxystiques de débauche, d'humiliation, d'avilissement et d'atteintes à la dignité humaine. Car le métrage repousse loin, très très loin les limites de l'abjection puisqu'à la déjà insoutenable coprophagie, il accable le spectateur par des détails ignominieux en ajoutant l'absorption de vers et de cafards aux dimensions impressionnantes. Confinant au néant artistique, dénué de toute velléité (même un tant soit peu) de création, pourquoi donc j'ai du mal à qualifier de film, a-t-il les faveurs d'un article ici et aujourd'hui ? Deux raisons à cela : tout d'abord son extrême rareté qui fait, qu'à ma connaissance, aucun blog français n'en a jamais parlé. Une fois de plus, Cinéma Choc est et restera le premier à avoir publié la chronique d'un film rarissime et inconnu de l'immense majorité des cinéphiles.
Et puis, il y a ce niveau démentiel de dépravation qui fait de Squirmfest l'une des oeuvres les plus dégradantes jamais réalisées. Rien qu'à ce titre, cet infâme objet filmique mérite sa présence dans nos colonnes... sans pourtant que nous n'en méritions une médaille ! 
Voilà, j'espère que avez passé un bon moment de lecture relaxante et laxatif en compagnie de Squirmfest, l'ultime cauchemar en date (mais certainement pas le dernier) de Cinéma Choc.

Note :  ?

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