Rencontres_du_troisieme_type

 

Genre : science-fiction
Année : 1977
Durée : 2h15

Synopsis : Des faits étranges se produisent un peu partout dans le monde : des avions qui avaient disparu durant la Seconde Guerre mondiale sont retrouvés au Mexique en parfait état de marche, un cargo est découvert échoué au beau milieu du désert de Gobi. Dans l'Indiana, pendant qu'une coupure d'électricité paralyse la banlieue, Roy Neary, un réparateur de câbles, voit une "soucoupe volante" passer au-dessus de sa voiture. D'autres personnes sont également témoins de ce type de phénomène : Barry Guiler, un petit garçon de quatre ans, est réveillé par le bruit de ses jouets qui se mettent en route. Cherchant à savoir d'où proviennent ces ovnis, Roy Neary se heurte aux rigoureuses consignes de silence imposées par le gouvernement fédéral. Obsédé par ce qu'il a vu et hanté par une image de montagne qu'il essaie désespérément de reconstituer, il est abandonné par sa femme Ronnie et ses enfants. Il n'y a que Jillian, la mère de Barry, qui le comprenne. Parallèlement à ces événements, une commission internationale conduite par le savant français Claude Lacombe s'efforce d'en percer le mystère. Une évidence s'impose bientôt à eux : une forme d'intelligence extraterrestre tente d'établir un contact avec les Terriens.  

La critique :

Après le succès pharaonique de Les Dents de la Mer (1975) au box-office américain, Steven Spielberg peut désormais toiser arrogamment les producteurs hollywoodiens. A travers cette oeuvre aquatique et horrifique, le cinéaste réinvente le cinéma de terreur via un nouveau type d'agression animale. Dans Jaws - titre original du film, c'est un squale à l'appétit pantagruélique qui happe et tortore des nageurs dans une station balnéaire. Derrière ce scénario laconique, se tapit une diatribe au vitriol du capitalisme. Le vrai requin, ce n'est pas ce poisson gargantuesque qui se délecte des touristes en déveine, mais ces technocrates et ces édiles politiques appâtés par le lucre.
Après Les Dents de la Mer, Steven Spielberg aspire à visiter d'autres sinuosités du Septième Art. En outre, le metteur en scène souhaite réaliser une pellicule à la fois "tout public" et teintée de réflexions métaphysiques.

Ce sera Rencontres du Troisième Type, sorti en 1977. Le film est réalisé dans la foulée de Star Wars - Episode IV : Un Nouvel Espoir (George Lucas, 1977). A l'époque, le public encense et idolâtre toutes ces pellicules se déroulant dans un monde lointain et dans un univers exponentiel, néanmoins corseté par des batailles intergalactiques. A sa façon, George Lucas revisite et s'approprie le film de samouraï en s'inspirant à la fois des mythes gréco-romains et de ces chevaliers (les Jedi) qui luttent farouchement contre l'oppresseur (l'Empire). En l'occurrence, Steven Spielberg n'a pas pour vocation de marcher dans le sillage et le continuum d'Un Nouvel Espoir.
Le réalisateur n'a jamais caché sa fascination pour 2001, l'Odyssée de l'Espace (Stanley Kubrick, 1968). De facto, Rencontres du Troisième Type va à son tour s'auréoler d'introspections cosmologiques et philosophiques.

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A l'époque, notre vaste univers est donc perçu comme un catalyseur et un révélateur de notre propre conscience. Impression corroborée par la sortie de Solaris (Andreï Tarkovski, 1972). A l'époque, Steven Spielberg l'ignore encore. Mais Rencontres du Troisième Type va influencer plusieurs générations de cinéastes via cette polarisation sur la communication et le langage. Des thématiques qui seront également l'apanage, bien des années plus tard, de Premier Contact (Denis Villeneuve, 2016), soit le digne épigone de Rencontres du Troisième Type.
Dans les années 1970, le cinéma de Steven Spielberg réverbère parfaitement cet espoir, voire cette foi inextinguible, en un monde meilleur, et donc en une humanité qui se bonifierait au contact de l'étranger... Une hérésie.

Presque trente ans après la sortie de Rencontres du Troisième Type, Steven Spielberg changera de vision pour se nimber d'un regard beaucoup plus pessimiste avec le remake de La Guerre des Mondes en 2005. Dans un premier temps, Steven Spielberg et son scénariste, Paul Shrader, griffonnent un premier script dans lequel il serait question d'un contact entre un ancien militaire et une civilisation extraterrestre. Mais Spielberg, mécontent de cette première ébauche, souhaite un personnage central beaucoup plus rudimentaire. De surcroît, "Spielby" aspire à rompre cette dialectique nihiliste ânonnée par la grande majorité des productions de SF depuis le début des années 1950.
Pas question de réaliser une pellicule à caractère inique et propagandiste contre les conséquences de la Guerre Froide, ou encore un pamphlet contre le bloc soviétique.

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A contrario, Rencontres du Troisième Type adopte une rhétorique à caractère pacifiste. Un choix judicieux de la part de Steven Spielberg puisque le long-métrage se solde par un succès colossal. Avec les années, Close Encounters of the Third Kind (titre original de cette pellicule) va s'arroger le statut de film culte et même de classique de la SF. Le métrage s'octroie plusieurs récompenses et notamment deux Oscars (meilleure photographie et meilleur montage pour les effets sonores).
La distribution du film se compose de Richard Dreyfuss, François Truffaut, Teri Garr, Melinda Dillon, Bob Balaban, Warren Kemmerling, Roberts Blosson, Lance Henriksen et Carl Weathers. Attention, SPOILERS ! Des faits étranges se produisent un peu partout dans le monde : des avions qui avaient disparu durant la Seconde Guerre mondiale sont retrouvés au Mexique en parfait état de marche, un cargo est découvert échoué au beau milieu du désert de Gobi. 

Dans l'Indiana, pendant qu'une coupure d'électricité paralyse la banlieue, Roy Neary, un réparateur de câbles, voit une "soucoupe volante" passer au-dessus de sa voiture. D'autres personnes sont également témoins de ce type de phénomène : Barry Guiler, un petit garçon de quatre ans, est réveillé par le bruit de ses jouets qui se mettent en route. Cherchant à savoir d'où proviennent ces ovnis, Roy Neary se heurte aux rigoureuses consignes de silence imposées par le gouvernement fédéral. Obsédé par ce qu'il a vu et hanté par une image de montagne qu'il essaie désespérément de reconstituer, il est abandonné par sa femme Ronnie et ses enfants.
Il n'y a que Jillian, la mère de Barry, qui le comprenne. 
Parallèlement à ces événements, une commission internationale conduite par le savant français Claude Lacombe s'efforce d'en percer le mystère.

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Une évidence s'impose bientôt à eux : une forme d'intelligence extraterrestre tente d'établir un contact avec les Terriens. Indubitablement, Steven Spielberg reste probablement le cinéaste le plus talentueux de sa génération, engoncé entre George Lucas, Francis Ford Coppola et Brian de Palma. Tout au long de sa filmographie, le metteur en scène coalisera à la fois l'intelligence et le divertissement au service d'un cinéma fédérateur. Un didactisme qui n'échappe évidemment pas à Rencontres du Troisième Type. Ainsi, la première partie du film s'apparente à une sorte de fantasmagorie sur le phénomène ufologique. L'arrivée de nos chers visiteurs réactive à la fois toutes les superstitions, les peurs ancestrales, les galéjades mais aussi l'espoir de rencontrer une nouvelle civilisation.
Pour le héros principal du film, Roy Neary (Richard Dreyfuss), cette rencontre inopinée avec un vaisseau alien va bouleverser son existence.

D'un père lambda et visiblement aux abonnés absents, ce dernier se transmute en être égotiste poursuivi par cette obsession ufologique, comme si cette rencontre devait être le catalyseur de sa propre conscience. Dépitée, sa femme le quitte. Ses enfants lui échappent. Inexorablement. Mais peu importe, cette homme - redevenu un adolescent, se rend dans une vallée transformée en théâtre musical. Dès lors, Rencontres du Troisième Type se nimbe d'aspérités linguistiques et cosmologiques.
Pour amorcer le contact avec ces aliens, l'armée et le gouvernement se dotent d'un orchestre philharmonique. Magnanimes, les extraterrestres entonnent les mêmes sons syntones et ravivent cette mémoire de jadis, celle qui a vu disparaître des militaires quelque part dans le triangle des Bermudes. Vous l'avez donc compris. On tient là une oeuvre éminemment complexe qui mériterait sans doute une analyse beaucoup plus précautionneuse.
En l'état, j'espère que vous me pardonnerez pour la frugalité de cette chronique.

Note : 17.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver