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Genre : horreur, épouvante, slasher (interdit aux - 12 ans)
Année : 2017
Durée : 1h40

Synopsis : La dépouille endormie du Creeper repose dans la grange du fermier Jack Taggart. Les 23 ans de sommeil de la créature touchent à leur fin, et Taggart n'attend qu'une seule chose : le réveil du Creeper, pour pouvoir venger la mort de son fils cadet, survenu à la fin du cycle précédent. De son coté, Trisha Jenner, dont le frère Darry fut aussi dévoré par le démon 23 ans plus tôt, est maintenant mère d'un adolescent. Celle-ci est en proie à des horribles cauchemars répétitifs, lui indiquant que son fils subira le même sort que Darry. Elle rencontre donc Jack Taggart et son fils ainé pour mettre un terme au règne du Creeper, une fois pour toutes. 

La critique :

Pour comprendre la genèse de Jeepers Creepers, le chant du Diable (2001), il faut aussi cerner et décrypter le passé ombrageux de son réalisateur, Victor Salva. Dans les années 1980, ce dernier exerce la profession d'éducateur de jeunes enfants. Corrélativement, Victor Salva se passionne pour le cinéma horrifique et réalise son tout premier court-métrage, Something in the basement (1986), une production d'épouvante qui reçoit les congratulations de Francis Ford Coppola.
Mieux, celui-ci devient carrément le mentor de Victor Salva et l'exhorte à poursuivre dans cette voie. Pugnace, Victor Salva signe alors son tout premier long-métrage, Clownhouse (1989). A l'époque, tout le monde lui promet une carrière salvatrice. Mais durant la postproduction de Clownhouse, Victor Salva est accusé d'attouchements sexuels sur des enfants, en particulier sur Nathan Forrest Winters, l'un des acteurs du film (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Salva).

Alors qu'il comparaît dans un procès médiatique, Victor Salva est finalement condamné à trois ans d'emprisonnement. Son passé de prédateur pédophile ressurgit lors de la sortie de Powder en 1995. Nathan Forrest Winters a bien l'intention de poursuivre le cinéaste et fait entendre ses allégations publiquement. C'est dans ce contexte houleux et tempétueux que le scénario de Jeepers Creepers germe dans la tête du réalisateur. Victor Salva aspire à produire un slasher horrifique avec un boogeyman qui se nourrirait de la peur, des failles et des fêlures de ses victimes.
Cette créature protéiforme préfigure également la bête, ainsi que cette peur intérieure qui se tapit sournoisement dans la psyché du metteur en scène. Victor Salva est inlassablement poursuivi par cette pénombre malfaisante. 

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En outre, Jeepers Creepers premier du nom reste son long-métrage le plus proverbial. Une suite, Jeepers Creepers 2 (2003), est réalisée dans la foulée. Mais ce second chapitre déçoit les thuriféraires du film originel. Victor Salva se contente de suivre le cahier des charges et d'ânonner la recette famélique de son auguste devancier. En résulte un slasher probe et recommandable, mais qui ne parvient jamais - ou presque - à transcender sa créature luciférienne.
Que soit. Victor Salva a bien ouï la requête des fans médusés et promet un troisième épisode en apothéose. En l'occurrence, le tournage d'un Jeepers Creepers 3 tient de la spéculation et est maintes fois prorogé. Derechef, le passé pédophile de Victor Salva réapparaît. Inexorablement. Puis, une date de sortie est enfin annoncée.

A défaut d'une exploitation dans les salles de cinéma, Jeepers Creepers 3 a été diffusé sur la chaîne américaine Syfy le 28 octobre 2017 (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeepers_Creepers_3). Du propre aveu de Victor Salva, le tournage et la production de Jeepers Creepers 3 ont longtemps été émaillés par des changements scénaristiques de dernière minute. Dans un premier temps, Jeepers Creepers 3 doit reprendre 23 ans après les faits du second volet. Puis, le script s'achemine à établir le lien intrinsèque entre le premier et le second chapitre.
Autant de modulations et de fluctuations qui vont concourir à rendre le scénario nébuleux et amphigourique. 
Aussitôt la sortie du film annoncée, Victor Salva clame déjà, haut et fort, la mise en chantier d'un quatrième opus. 

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A fortiori, Jeepers Creepers 3 part donc sur de très mauvaises bases. Seul petit bémol : Victor Salva est censé renouer avec la virulence et la condescendance du premier chapitre, et surtout faire oublier un second volet un peu trop timoré. La distribution de Jeepers Creepers 3 se compose de Jonathan Breck, Gabrielle Haugh, Meg Foster, Stan Shaw, Joyce Giraud, Jordan Salloum et Tamsin Sparks. Attention, SPOILERS ! La dépouille endormie du Creeper repose dans la grange du fermier Jack Taggart. Les 23 ans de sommeil de la créature touchent à leur fin, et Taggart n'attend qu'une seule chose : le réveil du Creeper, pour pouvoir venger la mort de son fils cadet, survenu à la fin du cycle précédent.
De son coté, Trisha Jenner, dont le frère Darry fut aussi dévoré par le démon 23 ans plus tôt, est maintenant mère d'un adolescent.

Celle-ci est en proie à des horribles cauchemars répétitifs, lui indiquant que son fils subira le même sort que Darry. Elle rencontre donc Jack Taggart et son fils ainé pour mettre un terme au règne du Creeper, une fois pour toutes. A l'instar de Freddy Krueger, Jason Voorhees, Michael Myers et Leatherface, le Creeper peut s'enhardir d'appartenir à cette catégorie de boogeymen vindicatifs et crépusculaires qui ont longtemps tarabusté les cauchemars des adolescents.
Esotériquement, on l'espérait... Tout le monde croyait ingénument au grand retour du Creeper et de son réalisateur, Victor Salva. D'autant plus que ce troisième chapitre aura mis longtemps - très longtemps - trop longtemps - à sourdre de son sépulcre. 
A l'aune de ce troisième épisode, on finirait presque par regretter l'archaïsme et les facilités scénaristiques de Jeepers Creepers 2

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Autant l'annoncer de suite. Jeepers Creepers 3, aussi baptisé Jeepers Creepers 3 - Cathedral, est le chapitre le plus faible de la trilogie. A tel point qu'on ne ressent plus aucun empressement ni aucun engouement pour l'annonce déjà galvaudée d'un Jeepers Creepers 4En fait, la question qui culmine, tout au long de ce troisième opus, c'est comment Victor Salva a-t-il pu se fourvoyer à ce point ? Qu'est-il arrivé à ce cinéaste irrévérencieux, celui qui toisait, sur le haut des oriflammes, une nouvelle créature de cauchemars ? Indiscutablement, Victor Salva est un cinéaste du passé.
Il aura probablement toutes les peines du monde à justifier l'inanité et la vacuité de ce nouveau slasher. En outre, les tergirversations et les atermoiements narratifs se font furieusement sentir. Déjà, pourquoi réaliser un épisode subalterne qui se déroulerait entre le premier et le second volet ?

Pour raconter quoi ? Réponse : rien... En l'occurrence, Jeepers Creepers 3 se contente benoîtement de psalmodier cet aphorisme comminatoire : "Tous les 23 ans et durant 23 jours, "il" mange...". En vérité, le scénario de Jeepers Creepers 3 repose uniquement sur cette assertion. Afin de palier à ce script inepte et indigeste, Victor Salva tente bien de nous raconter plusieurs historiettes insipides sur divers protagonistes meurtris par le Creeper. Hélas, le cinéaste n'effectue aucun lien entre ces personnages prosaïques. Le spectateur est donc condamné à mater les méfaits d'un Creeper curieusement pondéré. Seule petite nouveauté, la créature méphistophélique agit comme un serial killer inépuisable.
Oui, le monstre se nourrit toujours des organes de ses victimes. 
Seule différence, il conduit désormais un camion blindé. Dès lors, Jeepers Creepers 3 prend les allures (c'est le cas de le dire) d'un road movie sur fond de slasher anémique. Son aura machiavélique semble aussi exercer un hypnotisme morbide sur ceux qui le poursuivent. Sur ce dernier point, Victor Salva se montre particulièrement élusif. Nous n'en saurons pas davantage sur ce magnétisme incoercible... 
Ne parlons même pas des divers protagonistes humains de l'histoire... 
Tous se font chiper la vedette par le Creeper. Reste quelques exécutions plutôt bien troussées qui flagorneront peut-être les néophytes. Les autres se demanderont comment Victor Salva a pu se laisser aspirer et dévoyer par cette production inopérante. Pas un "naveton"... Mais on s'en rapproche sérieusement...

Note : 06.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver