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Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 2017
Durée : 1h25

Synopsis : Ray Longway, un adolescent lunatique, devient malgré lui le sujet principal des négociations houleuses entre ses deux parents dans la procédure de divorce qui les oppose. En obtenant la garde de son fils, sa mère, une actrice qui tente désespérément de percer à Hollywood, tient aussi à conserver le train de vie confortable qui était le sien depuis son mariage. La famille décide d'engager une baby-sitter qui va rapidement réussir à combler les manques affectifs de chacun. 

La critique :

Producteur, réalisateur et scénariste américain, McG - Joseph McGinty Nichol de son vrai nom - démarre sa carrière cinématographique via le monde musical. Le cinéaste s'attelle alors à la réalisation de plusieurs clips vidéo, notamment pour Korn (Who then know ?), Cypress Hill (Still Smokin') et The Offspring (Pretty Fly et Why don't you get a job ?). Dès l'orée des années 2000, il signe sa toute première réalisation, Charlie et ses drôles de dames. Cette adaptation d'une célèbre série télévisée - Drôle de Dames - essuie un véritable camouflet auprès de critiques, unanimement sarcastiques.
Hélas, ses autres longs-métrages accréditent cette opprobre lancée par la presse contre le pauvre McG, que ce soit Charlie's Angels 2 (2003), We Are Marshall (2006), Target (2012), ou encore 3 Days To Kill (2014).

Pis, en 2009, McG écope de la réalisation de Terminator RenaissanceCe quatrième volet de la franchise eschatologique est censé asseoir la notoriété de McG sur le petit monde hollywoodien, d'autant plus que le film est attendu avec impatience par les thuriféraires. Ensuite, Terminator Renaissance se situe directement dans un futur tuméfié et régenté par le joug des machines. Quel sera le destin de John Connor ? Nouvelle rebuffade pour McG. Cet échec impromptu signera une longue période de déliquescence pour le réalisateur. Que soit.
Désarçonné, le metteur en scène décide alors de se polariser sur l'univers étriqué des séries B. Inutile alors de préciser que l'on n'attendait rien - ou presque - de son nouveau long-métrage, sobrement intitulé The Babysitter, et sorti en 2017. 

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Pour l'anecdote, cette oeuvre horrifique n'a pas bénéficié d'une exploitation dans les salles obscures et a donc été diffusé sur Netflix, soit le nouvel apanage de certaines productions impécunieuses. A fortiori, The Babysitter part sous de bien mauvais auspices. A l'origine, le film devait être distribué par la firme New Line Cinema. Hélas, le scénario de The Babysitter est plusieurs fois prorogé. New Line Cinema vend alors les droits à Netflix. Au niveau du style et de la mise en scène, The Babysitter - soit La Baby-Sitter dans nos contrées hexagonales - s'apparente à un home invasion version juvénile.
Ce qui n'est pas sans évoquer, par certaines accointances, le script de Maman, j'ai raté l'avion (Chris Columbus, 1990). Petite piqûre de rappel. Le métrage de Chris Columbus s'est soldé par un succès pharaonique en son temps, inspirant plusieurs suites, ainsi que de nombreux avatars.

D'autre part, le public américain a toujours prisé ces héros pré-pubères et désinvoltes qui s'ébaudissent de cambrioleurs d'infortune. Toutefois, The Babysitter n'a pas vraiment pour vocation de s'accointer avec la comédie familiale. En vérité, le film de McG flirte davantage avec 3615 Code Père Noël (René Manzor, 1990), un long-métrage français (cocorico !) qui mélange savamment home invasion, horreur et film noir. Une analogie qui ravive alors subrepticement l'intérêt pour The Babysitter. La distribution du film se compose de Judah Lewis, Bella Thorne, Samara Weaving, Robbie Amell, Hana Mae Lee, Andrew Bachelor, Emily Alyn Lind et Leslie Bibb.
Attention, SPOILERS ! 
(1) Cole Johnson est un jeune adolescent de 12 ans qui se fait harceler de façon récurrente par plusieurs de ses voisins.  

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Intelligent mais naïf, la seule échappatoire de Cole est sa baby-sitter, Bee, une jeune femme charismatique et très jolie. Bee est la seule personne qui ne traite pas Cole comme un enfant et un lien très fort leurs permet de se considérer comme des amis. Mais un soir, alors que Cole espionne Bee, ce dernier pensant que la jeune fille invite des garçons quand il dort, il la surprend avec un groupe de jeune en train de tuer un garçon et de récupérer son sang. Bee est la leader d'une secte dont le but est d'invoquer un démon. Quand le groupe découvre que Cole les espionnait, ce dernier va devoir se battre pour survivre (1). A l'aune de cette exégèse et surtout de cette série B horrifique, on peut d'ores et déjà affirmer que McG a bien eu raison d'opter pour l'univers dégingandé du cinéma bis.
Visiblement, le cinéaste a bien conscience de ses écueils et de ses carences.

Non, McG ne réalisera pas, sans vouloir jouer les extralucides avisés, le nouveau Terminator ni ce blockbuster infatué transportant le spectateur vers des firmaments d'extatisme. Terminator Renaissance et Charlie et ses drôles de dames étaient sans doute des projets cinématographiques trop titanesques pour ce cinéaste. A travers The Babysitter, McG trouve enfin une production à la hauteur de ses compétences. En l'occurrence, le metteur en scène a l'air de s'amuser comme un gosse derrière la caméra. Sa jubilation est communicative et McG ne se prive pas de verser complaisamment dans les archétypes. Il faudra donc se contenter d'un jeune éphèbe poltron, taciturne et ostracisé par ses camarades de lycée, de parents débonnaires et surtout d'une baby-sitter aguicheuse et qui impressionne par sa vénusté. Pourtant, derrière ce sourire angélique et une tenue dépoitraillée, se tapit une adepte des rites sataniques. 

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Dès lors, The Babysitter oscille entre le slasher, le huis clos, la comédie potache et le home invasion. On relève également ici et là plusieurs saynètes gore savamment aiguisées, de quoi satisfaire les néophytes, guère plus. Les autres renâcleront, dès le préambule, l'habile subterfuge. Exit quelques bonnes idées et des qualités irréfutables, The Babysitter n'est pas exempt de tout reproche. Premier constat, le jeune Cole ne raisonne pas vraiment comme un jouvenceau de son âge, mais plutôt comme un adulte étrangement pragmatique. De surcroît, McG élude les personnages subsidiaires qu'il massacre avec une fougue jubilatoire. Autre écueil et pas des moindres, on se demande comment un rejeton aussi famélique peut tenir, bec et ongles, face à une escouade de jeunes roublards, qui plus est, aguerris aux meurtres et aux forfaitures. Les spectateurs les plus pudibonds apprécieront peut-être cette rodomontade, somme toute assez inoffensive. Les contempteurs maronneront et clabauderont, à raison, contre l'inanité et la vacuité de cette bisserie impécunieuse.

 

Note : 10/20

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(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Baby-Sitter_(film,_2017)