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Genre : horreur, gore (interdit aux - 16 ans)
Année : 2016/2017
Durée : 16 épisodes de 40 minutes environ

Synopsis : (1) L'intrigue se concentre autour de Rick Grimes et de son groupe depuis leur confrontation avec Negan et son acte punitif pour les asservir puis par la rencontre avec les communautés du Royaume, Garbage Kids et Oceanside (1).

La critique :

Il fallait s'en douter. Après quatre premières saisons en apothéose, la série télévisée horrifique The Walking Dead, agencée par les soins de Frank Darabont et de Robert Kirkman, avait commencé à montrer ses tous premiers balbutiements lors d'une cinquième saison prolixe et parfois fastidieuse. Impression corroborée par la saison 6 qui se démarquait par ses interminables logorrhées. Entre la première et la sixième saison, The Walking Dead s'est octroyé le titre de série culte adulée et adoubée par les fans et une audience exponentielle. Ainsi, chaque nouvel épisode est scruté à la loupe par les thuriféraires. Seul bémol et pas des moindres, en raison des récents atermoiements scénaristiques de la série, on était en droit de se demander dans quelle direction allaient obliquer Frank Darabont et Robert Kirkman...
A priori, nulle part ou presque. En outre, la conclusion finale de la saison 6 inaugurait de meilleurs présages pour la célèbre série télévisée.

Donc, pour ceux et celles qui n'ont toujours pas visionné la septième saison de The Walking Dead, merci de ne pas lire les lignes qui vont suivre ! Cette chronique va évidemment contenir de nombreux spoilers. Pour mémoire, la saison 6 se parachevait sur l'arrivée inopinée d'un nouveau groupe d'humains particulièrement bellicistes et dirigés par Negan. Le quinquagénaire égrillard est armé d'une batte de baseball, gentiment baptisée Lucille. Après avoir stoppé le groupe de Rick, le leader hiératique décide de passer à l'action en fracassant sa batte de baseball sur le crâne d'un ou d'une infortunée.
La saison 6 se concluait donc sur la mort d'un ou plusieurs personnages éminents. Les fans étaient donc priés d'hypostasier sur l'identité de cette ou de ces victimes infortunées... Lors de ses premières diffusions dès septembre 2016, la septième saison a prestement suscité les polémiques et les quolibets, à la fois par les adulateurs de la série et par la presse spécialisée, peu enthousiaste à l'aune de ces seize nouveaux épisodes.

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A fortiori, The Walking Dead ne serait plus cette série âpre, ingénieuse et virulente du passé. Frank Darabont et ses scénaristes vont-ils être en mesure de renouer avec ce discernement de naguère ? Réponse à venir dans cette chronique... La distribution de cette septième saison se compose d'Andrew Lincoln, Chandler Riggs, Norman Reedus, Lauren Cohan, Melissa McBride, Danai Gurira, Sonequa Martin-Green, Christian Serratos, Seth Gilliam, Lennie James, Khary Payton, Jeffrey Dean Morgan et Steven Yeun. Attention, SPOILERS !
Rick Grimes et son groupe sont attaqués puis faits prisonniers par les Sauveurs, une bande de renégats diligentée par Negan, un leader autocratique muni d'une batte de baseball. Estourbi, Rick est sérieusement malmené par le chef des Sauveurs.

Alors qu'il retrouve ses esprits, l'ancien flic se remémore les crimes abominables commis par Negan. 
Ce dernier a occis puis massacré Glenn et Abraham. La perte de ses deux membres prééminents laisse un cicatrice indélébile pour Rick, Michonne, Daryl, Sasha, Maggie et les autres. Rick et les siens sont donc claquemurés dans une nouvelle cité fortifiée. Certes, nos compagnons d'infortune ont été épargnés. Mais une telle mansuétude a un prix. Pour survivre, ils doivent trouver des vivres et des armes pour satisfaire l'appétit pantagruélique de Negan.
Corrélativement, le chef potentat a pris en otage Daryl. Celui-ci refuse de se soumettre aux injonctions du dictateur et devient, bon gré mal gré, son larbin docile et servile. 
Pour Rick et son aéropage de guerroyeurs, impossible de lutter... 

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Ils se retrouvent alors face à un dilemme cornélien : perdre son humanité ou mourir. D'autre part, Negan et son escouade sont bien plus nombreux et solidement armés. Pour Rick et sa bande, c'est une nouvelle vie (de servitude...) qui commence. Mais Daryl, Maggie et les autres n'ont pas abandonné l'idée de reprendre les armes et surtout d'abattre Negan. Voilà pour l'ensemble des velléités ! Indubitablement, les choses ont bien changé depuis la première saison de The Walking Dead.
Jamais, les morts-vivants n'ont paru aussi subsidiaires. Ainsi, la série s'achemine, depuis la saison 2, sur un seul et unique ennemi : l'être humain dans toute sa fourberie et dans toute sa turpitude. Après avoir vaincu le Gouverneur, c'est un nouvel adversaire qui se dresse sur le chemin escarpé de Rick et sa bande. Son nom ? Negan.

Ce leader autocratique est aussi craint que respecté. En l'occurrence, ce dernier possède de solides arguties, notamment un magnétisme animal. A priori courtois et avenant, ce tyran sanguinaire peut jouer de sa batte ou de son opinel pour occire dans la seconde suivante une malheureuse victime. Pour asseoir son hégémonie, Negan dispose d'un réseau avec de multiples collatéraux. A priori, cette septième saison part sous les meilleurs auspices, d'autant plus qu'elle se dote d'un personnage monocratique. Il est par ailleurs amusant de constater que Negan a instauré une certaine forme de phallocratie.
Ainsi, ce sont les hommes qui guerroient et qui dominent alors que les femmes affinent la besogne ou se transmutent en courtisanes malgré elles. 
Malencontreusement, The Walking Dead - Saison 7 ne fonctionne que par intermittence. 

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Visiblement, Frank Darabont et ses prosélytes ont pour vocation d'étirer la série télévisée sur de sempiternelles longueurs, de quoi désarçonner les thuriféraires de la première heure. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard. Au cours de cette septième saison, les audiences se sont sérieusement effritées pour atteindre les pires scores télévisuels depuis la diffusion des premiers épisodes de la série TV. On relève donc de nombreuses ellipses, longueurs et incohérences.
The Walking Dead n'est plus cette série industrieuse qui brillait par ses enjeux narratifs et sa sagacité. Au mieux, cette saison 7 se suit avec un ennui poli. Pour le spectateur avisé, il faudra faire preuve de longanimité et patienter longtemps avant que Rick et sa bande reprennent les belligérances. Entre deux, rien ou presque.

Si ce n'est une myriade d'épisodes qui servent à remplir benoîtement un vide béant et parfois abyssal. On ne compte même plus ces épisodes alternatifs et étrangement digressifs. Par exemple, pourquoi s'appesantir aussi longuement sur les péripéties de Tara ? Ou encore sur ce roi grotesque, un certain Ezekiel, accompagné par un tigre gargantuesque et réalisé en images de synthèse ? Autant d'atermoiements et de tâtonnements qui finissent par agacer sur la durée exponentielle de cette saison 7. Heureusement, la série retrouve parfois une once d'éloquence lorsqu'elle se polarise sur son grand méchant de service. C'était sans doute la thématique à exploiter et à diligenter pour Frank Darabont et ses ouailles. Contre toute attente, cette septième saison contient bien un message politique.
En des temps funèbres et eschatologiques, c'est la dictature qui prédomine. L'oppression et la terreur sont autant de moyens d'assouvir la population. 
Rick et les siens parviendront-ils à renverser ce diktat de la peur et donc à instaurer une sorte de démocratie, voire de République ? A cette question, point de réponse, encore moins d'introspection, Frank Darabont préférant se focaliser sur les longues facondes de ses divers protagonistes. Lors du dernier épisode de cette saison 7, c'est évidemment l'amertume qui point lors du générique final.

Note : 10/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis de la saison 7 sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Saison_7_de_The_Walking_Dead