castle freak

Genre : horreur, gore, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 1995
Durée : 1h30

Synopsis : (1) John Reilly se rend en Italie où il vient d'hériter d'un château appartenant à sa duchesse de tante. Celui-ci est un ancien alcoolique repenti qui a sur la conscience un tragique accident de voiture, dans lequel il a perdu son fils, et où sa fille est devenue aveugle. Le couple bat de l'aile et l'épouse a bien du mal à pardonner au mari. Dès leur première nuit John entend d'étranges bruits lorsque ce n'est pas ce qui ressemble à des gémissements dans l'antre du château. Ailleurs, sa fille aveugle et aux sens exacerbés ressent une forte présence au sein de la forteresse. Ceux-ci apprennent aussi que la défunte duchesse avait également un fils, Giogio, décédé prématurément. Ce qu'ils ne savent pas en revanche, c'est que ledit fiston n'est pas mort et vit enchaîné dans un des cachots du sous-sol. Jadis caché et violenté par sa mère, ce dernier n'a de cesse de briser ses chaînes pour prendre un peu l'air, voire même un peu plus en fait... (1)

La critique :

Scénariste, producteur et réalisateur américain, Stuart Gordon a débuté sa carrière cinématographique en produisant plusieurs pièces de théâtre. Déjà, à l'époque (vers le milieu des années 1970), il adapte plusieurs opuscules horrifiques de H.P. Lovecraft sur scène. Puis, en 1979, après avoir réalisé un téléfilm, Bleacher Bums, par ailleurs inconnu au bataillon, Stuart Gordon signe son tout premier long-métrage, Re-Animator (1985). Un premier film et déjà un succès pharaonique, surtout via le support vidéo. Stuart Gordon exulte. En un seul film, il s'accapare déjà la couronne, tant convoitée, du chantre du cinéma bis. Cérémonieux, le metteur en scène corrobore cette dextérité et cette érudition via ses deux pellicules suivantes : From Beyond - Aux portes de l'au-delà (1986) et Dolls - Les Poupées (1987). Par la suite, le cinéaste connaît une période de vaches maigres.

Ses films suivants suscitent au mieux une indifférence polie. Pis, avec Robot Jox (1990), Stuart Gordon se confine dans les méandres de la nanardise, de l'impécuniosité et de la fastidiosité. Malgré ce déclin artistique, Hollywood fait preuve de mansuétude et lui confie la réalisation d'une série B un peu plus dispendieuse. Ce sera Fortress. Cette production famélique et science-fictionnelle lui rapportera néanmoins suffisamment de pécune et de bénéfices pour se polariser sur des projets un peu plus introspectifs. C'est par exemple le cas de Dagon (2001), King of the Ants (2003), ou encore de Stuck (2007). Vient également s'agréger Castle Freak, sorti en 1995. 
Inutile de le préciser mais ce nouveau film d'épouvante est évidemment l'adaptation d'un nouvelle (Je suis d'ailleurs) de Lovecraft. 

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Castle Freak n'a pas non plus bénéficié d'une exploitation dans les salles obscures, mais a connu un succès d'estime via la vidéo. Dans la filmographie de Stuart Gordon, Castle Freak est souvent considéré comme une oeuvre mineure. Toujours est-il que le cinéaste requiert à nouveau la présence et l'érudition de Jeffrey Combs pour le rôle principal, un comédien avec qui il a tourné et collaboré à maintes reprises. L'acteur a débuté sa carrière dès l'orée des années 1980 avec Honky Tonk Freeway (John Schlesinger, 1981). Pour Jeffrey Combs, il faudra faire preuve de longanimité et patienter jusqu'en 1985 pour connaître son premier grand rôle au cinéma. 
Le rôle d'Herbert West, un savant azimuté, dans Re-Animator, le propulse parmi les parangons du cinéma bis. Ainsi, les thuriféraires de l'interprète citeront également d'autres rôles prééminents, notamment dans From Beyond (déjà mentionné), Re-Animator 2 (Brian Yuzna, 1990), Fortress (lui aussi précité), Necronomicon (Christophe Gans, Shusuke Kaneko et Brian Yuzna, 1993), Fantômes contre Fantômes (Peter Jackson, 1996), ou encore Beyond Re-Animator (Brian Yuzna, 2003).

Hormis Jeffrey Combs, la distribution de Castle Freak se compose de Barbara Crampton, Jonathan Fuller, Jessica Dollarhide, Massimo Sarchielli, Elisabeth Kaza et Luca Zingaretti. Attention, SPOILERS ! John Reilly se rend en Italie où il vient d'hériter d'un château appartenant à sa duchesse de tante. Celui-ci est un ancien alcoolique repenti qui a sur la conscience un tragique accident de voiture, dans lequel il a perdu son fils, et où sa fille est devenue aveugle.
Le couple bat de l'aile et l'épouse a bien du mal à pardonner au mari. 
Dès leur première nuit John entend d'étranges bruits lorsque ce n'est pas ce qui ressemble à des gémissements dans l'antre du château. Ailleurs, sa fille aveugle et aux sens exacerbés ressent une forte présence au sein de la forteresse. Ceux-ci apprennent aussi que la défunte duchesse avait également un fils, Giogio, décédé prématurément.

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Ce qu'ils ne savent pas en revanche, c'est que ledit fiston n'est pas mort et vit enchaîné dans un des cachots du sous-sol. Jadis caché et violenté par sa mère, ce dernier n'a de cesse de briser ses chaînes pour prendre un peu l'air, voire même un peu plus en fait... Certes, Castle Freak n'est pas forcément l'oeuvre horrifique la plus proverbiale dans la filmographique, déjà foisonnante et exhaustive, de Stuart Gordon. Et pour cause... Puisqu'il est difficile de reconnaître le style virulent, nonchalant et arrogant du cinéaste. Pour ceux et celles qui s'attendent à un nouvel ersatz de Re-Animator, merci de quitter gentiment leur siège et de retourner dans leurs pénates.
En outre, Castle Freak s'apparente à un huis clos tétanisant et anxiogène. Stuart Gordon décide d'abandonner les zombies en putréfaction au profit d'une famille tarabustée par une créature protéiforme.

Dès lors, le film se transmute en une tragédie familiale et quasi shakespearienne. C'est sans doute la thématique la plus prégnante et aussi la plus captivante du film, à savoir cette famille encore endeuillée et endolorie par la perte d'un enfant. Depuis un terrible accident de voiture, John Reilly (Jeffrey Combs) vit dans les remords et la culpabilité. Sa fille est devenue amblyope et son épouse n'éprouve que du mépris à son égard. Le couple est sur le point de péricliter et même de divorcer.
C'est sans compter sur l'arrivée inopinée d'un monstre dans un château opulent. En outre, l'endroit est nimbé par une vieille histoire terrifiante (je renvoie au synopsis...). Bientôt, des crimes étranges se produisent et c'est John qui devient le principal suspect de la police. Certes, le patriarche clame son innocence... En vain. Pour vaincre ce monstre terrifiant et nanti de satyriasis, John, sa femme et sa fille devront se coaliser et retrouver une once d'amour familial... 

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Un simulacre ou presque... A l'aune de ce film d'épouvante et de cette exégèse, on se demande comment Stuart Gordon a pu réaliser une oeuvre aussi policée, heureusement sauvée par l'excellence de son casting. De facto, l'intérêt de Castle Freak ne réside même pas sur sa créature retorse et libidineuse, mais sur la seule présence de Jeffrey Combs. Dans la peau de ce mari adultère et pusillanime, le comédien livre une excellente partition et porte le long-métrage à lui tout seul sur ses frêles épaules. Toutefois, attention à ne pas minorer le jeu, tout en délicatesse, des acteurs subsidiaires. 
Barbara Crampton et Jessica Dollarhide livrent une composition tout à fait honorable. A posteriori, Stuart Gordon nous gratifie de plusieurs saynètes gore et érubescentes. Cependant, il faudra patienter un long moment avant de voir débarquer la créature. Captieux, le monstre tuméfié et dolichocéphales se délecte goulûment des tétons puis des orifices génitaux d'une prostituée. Hélas, exit cette séquence rougeoyante, le film reste beaucoup trop timoré pour convaincre sur sa courte durée (à peine une heure et demie de bobine). Rarement, on avait vu Stuart Gordon faire preuve d'autant de frilosité derrière sa caméra à peine ensanglantée. Dommage car Castle Freak possède de solides arguties ainsi qu'un certain potentiel. En résulte un film d'horreur probe et correct mais aussitôt oublié. Que dire de plus ?

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/109-castle-freak