planète des singes 2001

 

Genre : science-fiction
Année : 2001
Durée : 2 heures

Synopsis : En 2029, un groupe d'astronautes entraîne sur la station orbitale Oberon des singes pour remplacer l'homme dans des explorations spatiales à haut risque. Suite à la réception d'étranges signaux, les astronautes envoient le chimpanzé Pericles afin d'en connaître l'origine. Toutes les communications entre le primate et la station sont subitement interrompues et le vaisseau disparaît des radars. Désobéissant à ses supérieurs, Leo Davidson embarque dans un des vaisseaux expérimentaux pour aller porter secours à Pericles. Tout comme lui, il perd le contrôle des commandes et s'écrase dans les marais d'une forêt tropicale. L'intrépide pilote voit alors un groupe d'humains affolés foncer droit sur lui, et se fait capturer par des chimpanzés parlants. Qu'est-il arrivé sur cette planète pour que des singes en viennent à dominer la race humaine ?  

La critique :

Drôle d'histoire que celle de la saga consacrée à La Planète des Singes. En 1968, Franklin J. Schaffner signe l'adaptation éponyme de l'opuscule de Pierre Boulle. A travers cette oeuvre de science-fiction et d'anticipation, le metteur en scène met en exergue une planète Terre régentée par une race simienne. Désormais, l'être humain, curieusement aphonique, est un devenu un individu docile et servile assujetti au despotisme d'immenses chimpanzés.
Heureusement, ce régime potentat sera contrarié par l'arrivée inopinée du Capitaine George Taylor, un astronaute provenant d'une autre dimension parallèle. Tout du moins, c'est que ce dernier semble croire ingénument... En l'état, difficile d'en dire davantage. La Planète des Singes se solde par un succès pharaonique au box-office américain et dans le monde entier.

Cependant, Frankin J. Schaffner ne souhaite pas dévoyer l'esprit du premier chapitre. Charlton Heston, vedette adulée et adoubée du premier épisode, non plus. Que soit. L'interprète effectuera une dernière apparition impromptue dans Le Secret de la Planète des Singes (Ted Post, 1970), à condition que son personnage meure. Les opus suivants, Les Evadés de la Planète des Singes (Don Taylor, 1971) et La Conquête de la planète des Singes (J. Lee Thompson, 1972) en particulier, se contenteront de psalmodier une recette anomique avec plus ou moins de sagacité.
A fortiori, La Bataille de la Planète des Singes (J. Lee Thompson, 1973) doit parachever la franchise en apothéose. En l'état, le film fait office de petite série B dispendieuse reléguant la saga dans les méandres de la fastidiosité. 

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Logiquement, on pensait que la franchise ne renaîtrait pas (jamais ?) de ses cendres. Gravissime erreur. Dès les années 1980, Adam Rifkin griffonne le scénario d'un nouveau film qui serait la suite directe de La Bataille de la Planète des Singes. De son propre aveu, la 20th Century Fox est impressionnée par le travail du cacographe et l'exhorte à peaufiner son scénario. Le projet doit alors s'intituler Return of the Planet of the Apes. Tom Cruise et Charlie Sheen sont pressentis pour tenir les premiers rôles. Hélas, la 20th Century Fox est démantibulée dans ses grandes instances.
Adam Rifkin est sommé de réfréner ses ardeurs. Le projet est alors abandonné. En 1990, la 20th Century Fox relance les inimitiés et opte pour Peter Jackson. Mais derechef, le projet est prorogé. La personnalité fantasque et extravagante de Peter Jackson ne convient guère à certains hiérarques de la 20th Century Fox.

L'idée d'un nouveau film revient à maintes reprises sur le bureau de plusieurs réalisateurs éminents. Certains noms circulent, même les plus funambulesques. Ainsi, le nom d'Arnold Schwarzenegger est invoqué durant les années 1990. Même remarque concernant Oliver Stone, Phillip Noyce, James Cameron, Chris Columbus, Michael Bay et même Roland Emmerich ! Tous essuient un camouflet sauf Arnold Schwarzenegger qui continue de s'accrocher chimériquement au projet. A la fin des années 1990, William Broyles Jr. est embauché pour écrire le scénario d'un reboot.
Guère enthousiaste à l'idée de réaliser un remake, Tim Burton se voit lui aussi adjugé le titre honorifique de metteur en scène. Inutile de présenter le cinéaste. Par le passé, Tim Burton s'est déjà illustré avec Beetlejuice (1988), Batman (1989), Edward aux mains d'argent (1990), Batman : le défi (1992), ou encore Mars Attacks ! (1996).

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En l'espace d'une quinzaine d'années, Tim Burton s'est octroyé la couronne du réalisateur le plus fanfaron d'Hollywood. Mais pour le remake de La Planète des Singes, sorti en 2001, la 20th Century le prie gentiment de juguler ses rodomontades. Requête ouïe par le cinéaste, curieusement docile pour l'occasion. La distribution de cette nouvelle version se compose de Mark Wahlberg, Tim Roth, Helena Bonham Carter, Michael Clark Duncan, Paul Giamatti, Estella Warren, Carry-Hiroyuki Tagawa, David Warner et Kris Kristofferson. A noter aussi le caméo de Charlton Heston, cette fois-ci dans le rôle du Sénateur Zaïus. Certes, le remake de Tim Burton se soldera par un succès commercial.
A contrario, il laissera les fans pantois. Même la presse et les critiques spécialisées tancent et admonestent une nouvelle version beaucoup trop policée et hollywoodienne.

A tel point qu'une nouvelle franchise, sous la forme d'une préquelle, sera réalisée dans les années 2010. Reste à savoir si La Planète des Singes version 2001 mérite de telles saillies rédhibitoires. Réponse à venir dans la chronique... Attention, SPOILERS ! En 2029, un groupe d'astronautes entraîne sur la station orbitale Oberon des singes pour remplacer l'homme dans des explorations spatiales à haut risque. Suite à la réception d'étranges signaux, les astronautes envoient le chimpanzé Pericles afin d'en connaître l'origine. Toutes les communications entre le primate et la station sont subitement interrompues et le vaisseau disparaît des radars.
Désobéissant à ses supérieurs, Leo Davidson embarque dans un des vaisseaux expérimentaux pour aller porter secours à Pericles. 

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Tout comme lui, il perd le contrôle des commandes et s'écrase dans les marais d'une forêt tropicale. L'intrépide pilote voit alors un groupe d'humains affolés foncer droit sur lui, et se fait capturer par des chimpanzés parlants. Qu'est-il arrivé sur cette planète pour que des singes en viennent à dominer la race humaine ? Bien curieux remake que celui de La Planète des Singes sous l'égide de Tim Burton. Seul bémol, et pas des moindres, le cinéaste fougueux et irrévérencieux ne semble pas être le réalisateur adéquat pour signer projet aussi dantesque et pharaonique.
En l'occurrence, son univers fantaisiste ne sied guère à cette époque troublée qui oppose l'homme, redevenu un esclave docile, à une hégémonie simienne. En vérité, La Planète des Singes version 2001 est avant tout un film de la 20th Century Fox. 

Impossible de reconnaître le style affûté de Tim Burton qui se contente de mettre benoîtement en scène les velléités. De facto, merci de phagocyter toute doxa politique et idéologique, qui était par ailleurs l'apanage du tout premier volet, au profit d'une production doucereuse qui flagorne le public dans le sens du poil. A priori, ce remake a tout de la production galvaudée. Même le roman de Pierre Boulle est évincé en dépit de quelques menues accointances. En l'occurrence, les changements récurrents de direction et les atermoiements scénaristiques se font furieusement sentir.
Afin de palier à cette indigence narrative, Tim Burton et ses ouailles jouent la carte du paradoxe temporel avec plus ou moins de perspicacité. Certes, ce remake est régulièrement ponctué par des saynètes d'action et de bataille savamment troussée, de quoi faire oublier le marasme de La Bataille de la Planète des Singes.

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Seul problème, ce sixième volet porte le nom du film réalisé par Franklin J. Schaffner et souffre inévitablement de la comparaison avec son auguste devancier. Ce n'est pas un hasard si La Planète des Singes est souvent décrié comme étant le pire film de Tim Burton. De surcroît, le réalisateur reniera farouchement ce remake. A aucun moment, cette oeuvre cinématographique ne porte le monogramme de Tim Burton. Oui, La Planète des Singes version 2001 est une production infatuée. Paradoxalement, le film se démarque par la qualité de sa mise en scène et de ses maquillages.
Ce qui sauve cette production du néant abyssal ainsi que de la catégorie, peu glorieuse, du "naveton" avarié. Seule bonne idée, ce remake revisite à sa manière la genèse et la quintessence simienne à travers un prologue qui ne manquera pas de faire balbutier... Par ailleurs, vous remarquerez que nous avons plus passé de temps à décrire les errances de la production qu'à palabrer sur le film lui-même...

Note : 08/20

sparklehorse2 Alice In Oliver