king kong 2005

Genre : fantastique, aventure 
Année : 2005
Durée : 3h07

Synopsis : New York, 1933. Ann Darrow est une artiste de music-hall dont la carrière a été brisée net par la Dépression. Se retrouvant sans emploi ni ressources, la jeune femme rencontre l'audacieux explorateur-réalisateur Carl Denham et se laisse entraîner par lui dans la plus périlleuse des aventures... Ce dernier a dérobé à ses producteurs le négatif de son film inachevé. Il n'a que quelques heures pour trouver une nouvelle star et l'embarquer pour Singapour avec son scénariste, Jack Driscoll, et une équipe réduite. Objectif avoué : achever sous ces cieux lointains son génial film d'action. Mais Denham nourrit en secret une autre ambition, bien plus folle : être le premier homme à explorer la mystérieuse Skull Island et à en ramener des images. Sur cette île de légende, Denham sait que "quelque chose" l'attend, qui changera à jamais le cours de sa vie... 

La critique :

Souvenez-vous, c'était en 1925, Harry O. Hoyt bouleversait le petit monde du Septième Art et en particulier des registres de l'aventure et du fantastique avec Le Monde Perdu, une adaptation du célèbre opuscule d'Arthur Conan Doyle, le démiurge de Sherlock Holmes. Sous les précieuses instigations et l'érudition de Willis O'Brien qui diligente les effets spéciaux du film, Harry O. Hoyt révolutionne le cinéma et donne naissance à une nouvelle technique d'animation : la stop motion.
Ainsi, les dinosaures et les créatures de l'ère paléontologique sont exhumés de leurs pénates sous les yeux médusés des spectateurs. En catimini, Ray Harryhausen, un autre parangon de la stop motion, admire sournoisement le travail de Willis O'Brien. Par ailleurs, ce dernier sera derechef appelé pour besogner sur les effets spéciaux de King Kong (Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper, 1933).

Le long-métrage triomphe dans le monde entier et ouvre une nouvelle ère : les monstres préhistoriques ou les créatures radioactives issues d'expériences nucléaires. Dans le dernier cas, Godzilla (Ishiro Honda, 1954) et Le monstre des temps perdus (Eugène Lourié, 1953) se chargeront de mettre en exergue une nouvelle forme de menace pour l'espèce humaine. Certes, le monde paléontologique a disparu de la surface de la planète depuis plusieurs millénaires...
Ou presque... puisque se tapissent en secret (le plus souvent sur une île inconnue ou au centre de la Terre) des formes de vie archaïques et reptiliennes. Evidemment, une telle découverte attise la curiosité et la cupidité de scientifiques et de vils entrepreneurs. Telle est, par ailleurs, la rhétorique de King Kong premier du nom. 

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Mais une fois écroué puis exposé sous le regard ulcéré des médias, le primate aux incroyables rotondités se déchaîne, jusqu'à exhaler son dernier soupir, après avoir été abattu par des bombardiers. En outre, Peter Jackson n'a jamais caché son extatisme pour ce chef d'oeuvre du cinéma fantastique. Scénariste, producteur et réalisateur néo-zélandais, Peter Jackson a tout d'abord officié dans l'univers impécunieux du cinéma bis. Les thuriféraires du metteur en scène citeront aisément Bad Taste (1987), Meet The Feebles (1989) et Braindead (1992). Que soit.
Peter Jackson aspire à davantage de reconnaissance dans le petit monde corseté du cinéma. Après Créatures Célestes (1994), Forgotten Silver (1995) et Fantômes contre fantômes (1996), le nom du réalisateur est de plus en prégnant sur la planète Hollywood.

Confiants, les producteurs décident de lui confier la réalisation de la trilogie Le Seigneur des AnneauxLe talent et la dextérité de Peter Jackson sont enfin érigés aux yeux du monde entier. Non seulement, Le Seigneur des Anneaux triomphe au box-office américain et dans le monde entier, mais la trilogie devient un véritable bréviaire pour plusieurs générations de fans et de cinéastes. C'est donc sans sourciller que Peter Jackson obtient le droit de signer le remake de King Kong en 2005. Cette nouvelle version sera donc un blockbuster reprenant, à la ligne et à la virgule près, la trame scénaristique du film d'Ernest B. Schoedsack et de Merian C. Cooper. A la seule différence que le long-métrage de Peter Jackson s'étale sur une durée astronomique de trois heures et sept minutes de bobine contre une heure et quarante minutes pour la version originale.

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Autant mettre les bouchées doubles et assurer le spectacle ! Reste à savoir si ce King Kong (2005) est bel et bien cette production titanesque et démesurée, finalement à l'image de sa créature simienne. Réponse à venir dans cette chronique... Cette fois-ci, Peter Jackson dispose d'un budget conséquent et de la collaboration des meilleurs scénaristes. Philanthrope, le metteur en scène rappelle la même équipe, soit celle qui a officié pour Le Seigneur des Anneaux, pour diligenter les effets spéciaux du film. Un choix judicieux puisque King Kong se soldera par un succès pharaonique dans les salles. Mieux, le métrage s'octroie même plusieurs récompenses, notamment trois oscars (meilleur mixage de son, meilleur son et meilleurs effets visuels). La distribution du film se compose de Naomi Watts, Adrien Brody, Jack Black, Colin Hanks, Jamie Bell, Evan Parke et Kyle Chandler.

Vient également s'ajouter Andy Serkis qui prête sa voix et ses mimiques au roi de la race simienne. Attention, SPOILERS ! New York, 1933. Ann Darrow est une artiste de music-hall dont la carrière a été brisée net par la Dépression. Se retrouvant sans emploi ni ressources, la jeune femme rencontre l'audacieux explorateur-réalisateur Carl Denham et se laisse entraîner par lui dans la plus périlleuse des aventures... 
Ce dernier a dérobé à ses producteurs le négatif de son film inachevé. Il n'a que quelques heures pour trouver une nouvelle star et l'embarquer pour Singapour avec son scénariste, Jack Driscoll, et une équipe réduite. Objectif avoué : achever sous ces cieux lointains son génial film d'action. Mais Denham nourrit en secret une autre ambition, bien plus folle : être le premier homme à explorer la mystérieuse Skull Island et à en ramener des images. 

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Sur cette île de légende, Denham sait que "quelque chose" l'attend, qui changera à jamais le cours de sa vie... Peter Jackson nous avait avertis dès le début de ce projet pharaonique. Cette nouvelle version des années 2000 a pour vocation de supplanter celle des années 1930. Une gageure pour le moins compliquée tant le chef d'oeuvre de Schoedsack et de Cooper brillait à la fois par son lyrisme, sa mélancolie, sa truculence et sa sagacité. De surcroît, depuis le King Kong de 1933, la stop motion a été évincée par les images de synthèse, la technique, la technologie et la 3D.
A l'instar d'Avatar (James Cameron, 2009), le métrage de Peter Jackson se démarque par cette volonté farouche d'en mettre plein les mirettes. 
Mission plus que réussie en l'occurrence tant King Kong version 2005 impressionne et estourbit par ses effets visuels.

Ainsi, Peter Jackson prend son temps pour planter le décor et ses personnages. Il faudra donc faire preuve de longanimité et patienter un petit moment avant de voir débarquer le gorille gargantuesque. De prime abord, Peter Jackson préfère se polariser sur ses protagonistes. Certes, le cinéaste n'élude pas les archétypes habituels. Il faudra donc se contenter d'un Jack Black avide et mercantile, d'un bellâtre aventurier et d'une belle potiche grimée en actrice. Toutefois, Jackson parvient à rendre ses personnages crédibles. Evidemment, les animosités s'accélèrent sérieusement sur l'île du Crâne.
Peter Jackson a bien conscience de la prééminence d'une telle séquence. Dès lors, le metteur en scène métamorphose son King Kong en un nouvel avatar de Jurassic Park (Steven Spielberg, 1993). Ce qui ne manquera pas de faire tiquer les contempteurs... A tort ! 

A l'origine, n'oublions pas que King Kong est une libre adaptation et donc le digne héritier de Le Monde PerduUne fois sur l'île, le film nous transpose dans un monde aventureux grouillant d'insectes gigantesques, de dinosaures affamés et d'autres créatures ventripotentes. Pour Peter Jackson, c'est l'occasion de mettre en exergue son primate intrépide. Jamais, King Kong n'aura paru aussi véloce et robuste. Sous les traits d'Andy Serkis, le gorille s'humanise et vient même s'énamourer de la belle Naomi Watts. Vous l'avez donc compris.
Ce King Kong-là possède de sérieuses arguties dans sa besace. 
Indubitablement, on tient un blockbuster pragmatique et solide. Toutefois, exit toutes ses qualités intrinsèques, il manque à cette production démesurée une petite once d'extatisme et/ou de jubilation qui pourrait faire la différence. A certains moments, on regrette de ne pas retrouver ce Peter Jackson de jadis, celui qui réalisa Braindead et Meet The Feebles en son temps.

Note : 15/20

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