mexico barbaro

Genre : horreur, gore, trash (interdit aux moins de 16 ans) 
Année : 2015
Durée : 1h50

Synopsis : Entre esprits vengeurs, sacrifices aztèques, créatures maléfiques, les légendes mexicaines prennent vie.  

La critique :

Certes, à juste titre, on vante et on loue les qualités du cinéma horrifique allemand, italien et espagnol sur le continent européen. Mais la palme de l'érubescence revient néanmoins au continent asiatique via une autre culture et une violence totalement débridée (sans mauvais jeux de mots...). Toutefois, attention à ne pas euphémiser le cinéma horrifique mexicain. Par le passé, ce dernier s'est déjà illustré via plusieurs productions notoires, entre autres, L'Orphelinat (Juan Antonio Bayona, 2007), Le Labyrinthe de Pan (Guillermo del Toro, 2006), Here comes the Devil (Adrian Garcia Bgliano, 2013), Ne nous jugez pas (Jorge Michel Grau, 2010), ou encore Atrocious (Fernando Barreda Luna, 2010).
Dernièrement, c'est Lex Ortega qui a déclenché les anathèmes et la polémique avec Atroz (2015), un film trash présenté dans divers festivals.

A fortiori, le cinéma d'horreur mexicain possède de sérieuses arguties dans sa besace et se nourrit à la fois des rites ancestraux et séculaires, ainsi que de la conjoncture sociale et économique d'un pays en plein marasme et gangréné par la criminalité. Encore tout récemment, c'est Mexico Barbaro, aka Barbarous Mexico, et sorti en 2015, qui est parvenu à s'expatrier en dehors de ses frontières. Le long-métrage est souvent cité comme un parangon, voire comme un véritable bréviaire, par les thuriféraires du cinéma extrême. Car Mexico Barbaro, c'est aussi la conjonction entre plusieurs cinéastes éminents. Divisée en huit sections différentes, cette pellicule rougeoyante coalise huit réalisateurs : Lex Ortega (précédemment mentionné), Isaac Ezban, Gigi Saul Guerrero, Aaron Soto, Jorge Michel Grau (lui aussi précité), Edgar Nito, Laurette Flores Born et Ulises Guzman.

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Sans exception, tous ces metteurs en scène sont des adeptes du cinéma d'épouvante. A travers Mexico Barbaro, ces orfèvres de la caméra ont pour vocation d'ouvrir les frontières mexicaines à l'international via différents festivals. Toujours la même antienne... C'est dans ce contexte que Mexico Barbaro a pu s'exporter à l'étranger et s'enorgueillir d'une sulfureuse réputation. Reste à savoir si le long-métrage mérite de telles flagorneries. Réponse à venir dans cette chronique...
En outre, Mexico Barbaro nourrit de grandes ambitions et s'inscrit dans le registre des films horrifiques à sketches, un peu comme Creepshow (George A. Romero, 1982), Terror Tract (Lance W. Dreesen, 2000), Trick'R Treat (Michael Dougherty, 2009), ou encore Darkside : les contes de la nuit noire (John Harrison, 1990) en leur temps.

En soi, Mexico Barbaro constitue une sacrée gageure puisque le risque d'un tel concept est d'entrevoir une certaine iniquité entre les différentes sections du film. 
Inutile de procéder à l'exégèse des huit parties susmentionnées. Chaque segment du film a pour objectif de sonder et de scruter les mythes séculaires et les légendes mexicaines sur fond de meurtres, d'exactions diverses, de démonologie et autres rites lucifériens. Sur le fond comme sur la forme, Mexico Barbaro s'apparente à une anthologie horrifique qui pâtit, en l'occurrence, d'une certaine irrégularité entre les huit sketches présentés. Tel est le principal écueil de ce genre de film. 
Pour le reste, les huit sections possèdent certaines particularités et partagent plusieurs accointances. Indiscutablement, ce florilège de gore et de barbaques se focalise sur la démonologie. 

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De surcroît, la malédiction prégnante assaille presque toujours un seul, ou au pis, deux individus en déveine. La section la plus éprouvante concerne ce tueur en série qui kidnappe des enfants pour mieux les supplicier à posteriori. En filigrane, ce sont certaines problématiques sociologiques du Mexique qui sont abordées. Petite piqûre de rappel. Ce pays, frappé par la pauvreté et la précarité, détient le triste record de séquestrations et de kidnappings. Le sujet est ici abordé sans barguigner.
La cité urbaine se retrouve à son tour menacée par cet "ogre" (tel est le nom mentionné dans le film...) qui peut frapper et happer sa victime à tout moment. En outre, cette section relatant les forfaitures de ce serial killer ne fait pas dans la dentelle. Le criminel s'apparente à une créature démoniaque arpentant les rues étroites de la ville pour épier les gosses d'infortune.

Le sociopathe les enlève, les mutile et les estropie sans sourciller. En catimini, le sujet spinescent de la pédophilie est suggéré. Inutile alors de préciser que cette section particulière du film estourbit durablement les persistances rétiniennes. Même remarque concernant cet autre sketch qui voit un jeune couple énamouré s'égarer, puis batifoler dans une chambre d'hôtel. Hélas, l'endroit est auréolé par un esprit démoniaque. La pauvre mijaurée, encore éprise de chasteté, n'a pas l'intention de s'offrir si facilement à son fiancé. Que soit. La belle sera à son tour rudoyée et violentée, puis emmenée quelque part dans la forêt, avant de subir un viol collectif. La saynète, d'une violence inouïe, se terminera dans un asile psychiatrique (désolé pour les SPOILERS !). Pour le reste, Mexico Barbaro se montre plutôt magnanime en termes d'ignominies et autres lubricités. 

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Au programme des tristes réjouissances, le spectateur hébété assistera à plusieurs décapitations, à toute une série d'énucléations et même à de la nécrophilie (elle aussi insinuée...). L'interdiction aux moins de 16 ans n'est absolument pas usurpée. Indiscutablement, Mexico Barbaro devrait séduire les adulateurs de gore et de tripailles. A contrario, Mexico Barbaro n'est pas non plus l'uppercut promis ni annoncé. Par exemple, on pourra pester et clabauder après la section réalisée par Lex Ortega, en petite forme pour l'occasion. Rien de honteux non plus, mais le cinéaste apparaît curieusement timoré. En revanche, le court-métrage final clôturera cette oeuvre trash en apothéose.
D'autre part, chaque partie a une vraie consonance érotique et sexuelle et fait largement référence au phallus. En l'occurrence, le sexe ithyphallique est ici sérieusement malmené pour promener le spectateur vers de curieuses tortuosités. Subrepticement, c'est bien la thématique de la perversion sexuelle, à travers des démons nantis de satyriasis, qui est invoquée. A l'image de cette jeune femme qui récupère les métrorragies de sa soeur pour satisfaire l'appétit pantagruélique d'une créature vorace. Vous l'avez donc compris. En dépit de quelques tares et carences, Mexico Barbaro se révèle plutôt éloquent sur la durée (soit une heure et cinquante minutes de bobine avec au moins dix minutes de générique...).

Note : 13/20

sparklehorse2 Alice In Oliver