danny the dog

Genre : action, arts martiaux (interdit aux - 12 ans)
Année : 2005
Durée : 1h42

Synopsis : Bart a élevé Danny comme un chien, dressé pour tuer. A 30 ans, il ne connaît de la vie que son maître, la pièce dans laquelle il est resté reclus et les combats sanguinaires pour lesquels il est entraîné. Après un règlement de compte, Danny se retrouve seul, perdu. Sam, doux, humain, artiste, et sa belle-fille mélomane le recueillent. A force d'amour, de patience et de gentillesse, Sam et Victoria vont défaire le long apprentissage de la violence qu'il a connue.    

La critique :

Réalisateur, producteur, scénariste et acteur français, Louis Leterrier a débuté sa carrière cinématographique en tant que comédien vers le milieu des années 1980 via une apparition élusive dans Scout Toujours... (Gérard Jugnot, 1985), une comédie triviale et goguenarde. Par la suite, Louis Leterrier décide d'officier derrière la caméra en tant qu'assistant réalisateur. C'est dans ce contexte qu'il participe et collabore au tournage de Jeanne d'Arc (Luc Besson, 1999) et de Restons Groupés (Jean-Paul Salomé, 1998). Puis, le cinéaste s'acoquine avec le cinéma hollywoodien en réalisant Le Transporteur, un film d'action porté par le charisme et la magnétisme de Jason Statham.
Via cette production racoleuse et un tantinet grandiloquente, Louis Leterrier devient la nouvelle égérie du box-office américain.

Il enchaîne alors avec Le Transporteur 2 (2005), L'incroyable Hulk (2010), Le Choc des Titans (2012), Insaisissables (2013) et Grimsby : agent trop spécial (2015). Vient également s'agréger Danny The Dog, sorti en 2005, un long-métrage griffonné par les soins de Luc Besson, un scénariste, un producteur et un réalisateur avec qui Leterrier a collaboré à moult reprises. Par mansuétude envers le lecteur, nous éluderons la présentation fastidieuse de sieur Besson qui a caracolé - hélas - à maintes reprises au box-office du cinéma américain...
A travers Danny The Dog, Louis Leterrier et son fidèle acolyte aspirent à réconcilier le cinéma d'action hollywoodien avec le cinéma d'arts martiaux asiatique. Une gageure utopique claironneront les plus circonspects... 

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Malicieux, Leterrier requiert l'érudition et la dextérité de Jet Li, à la fois producteur et acteur principal du film, pour chorégraphier les saynètes martiales. Une requête ouïe par le comédien. Depuis la fin des années 1990, Jet Li est parvenu à imposer sa stature robuste et indélébile sur le cinéma hollywoodien. Des films tels que L'Arme Fatale 4 (Richard Donner, 1998), Le Baiser Mortel du Dragon (Chris Nahon, 2001), Le Maître d'Armes (Ronny Yu, 2006), ou encore Rogue : l'ultime affrontement (Phillip G. Atwell, 2007) l'ont rapidement érigé parmi les parangons infrangibles du cinéma bourrin et d'action. Viennent également s'ajouter d'autres acteurs notables et notoires, entre autres Morgan Freeman, Bob Hoskins, Kerry Condon, Vincent Regan et Scott Adkins.
Pour le rôle de Bart, le mentor pernicieux de Danny (Jet Li), plusieurs acteurs seront envisagés et même approchés, notamment Albert Finney, Michael Caine, Anthony Hopkins et Brian Cox (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Danny_the_Dog), mais la production essuiera un camouflet. 

En outre, c'est Bob Hoskins, plutôt habitué à des rôles comiques, qui écopera du costume rondelet de cet être couard, vaniteux et cupide. De surcroît, Danny The Dog réalise d'excellents scores au box-office, surtout pour une production aussi impécunieuse et nantie d'un budget de 18 millions de dollars. Même les critiques et la presse spécialisées se montrent (presque) unanimement panégyriques. Reste à savoir si Danny The Dog mérite de telles flagorneries.
Réponse à venir dans cette chronique... Attention, SPOILERS ! Bart a élevé Danny comme un chien, dressé pour tuer. A 30 ans, il ne connaît de la vie que son maître, la pièce dans laquelle il est resté reclus et les combats sanguinaires pour lesquels il est entraîné. 
Après un règlement de compte, Danny se retrouve seul, perdu. 

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Sam, doux, humain, artiste, et sa belle-fille mélomane le recueillent. A force d'amour, de patience et de gentillesse, Sam et Victoria vont défaire le long apprentissage de la violence qu'il a connue. A l'aune de ce nouveau film d'action américain, difficile de s'extasier par l'association Louis Leterrier/Luc Besson. Pourtant, le duo produit et réalise, sans soute, le ou l'un de leurs meilleurs films. Indubitablement, Danny The Dog désarçonne à la fois par la frugalité de son scénario et par l'efficacité avec laquelle le film éploie son héros d'infortune. Ici point de Jason Statham qui s'empoigne avec la pègre et corrige tous ses adversaires avec une aisance déconcertante.
La grande force de Danny The Dog repose sur son personnage principal, donc Danny, incarné par un Jet Li totalement méconnaissable.

Ainsi, la première partie du long-métrage s'apparente à un film d'arts martiaux se déroulant sous les sous-sols urbains. Certains esprits, sans doute un peu trop cérémonieux, y verront une sorte d'allégorie, version coup de poing, de l'enfant sauvage. Que soit. Louis Leterrier n'a pas vraiment pour vocation d'imiter François Truffaut en son temps. En l'occurrence, c'est Jet Li qui campe un personnage puéril, limite aphonique, privé de tout repère élémentaire et régulièrement molesté par Bart et ses sbires. Rien à redire non plus sur les séquences martiales.
Visiblement, Louis Leterrier a écouté doctement les précieuses instigations de Jet Li et de Corey Yuen. Danny The Dog n'a rien à envier aux meilleures productions d'arts martiaux des années 2000 tant le film estourbit par sa précision, ses fulgurances et ses coups de semonce. 

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Dans cet exercice, Jet Li est évidemment à son avantage. Mais avec Danny The Dog, le comédien élargit son éventail. Jusqu'ici, l'acteur a essentiellement interprété des personnages vaillants, coi et impavides. Le film étoffe et étaye son principal protagoniste lors d'une seconde partie beaucoup plus intime et humaniste. Le passé de Danny, jusqu'ici phagocyté par des combats à mort, retrouve enfin quelques rémanences et réminiscences par cette image maternelle. 
Corrélativement, Louis Leterrier n'omet pas de développer ses personnages subsidiaires, sans néanmoins céder aux archétypes habituels. Il faudra donc se contenter de gangsters captieux et fallacieux (Bart et ses hommes de main principalement), d'un vieil homme vertueux et amblyope (Sam) et d'une jeune femme avenante et roublarde (Victoria). Que soit. Danny The Dog remplit largement son office et ne pète jamais plus haut que son derrière.
Louis Leterrier et Luc Besson seraient bien avisés de réitérer ce genre de production plutôt que de renâcler vers les blockbusters ineptes et sans âme. Certes, cette oeuvre désargentée n'a clairement pas inventé l'eau chaude. A contrario, on se prend d'affection pour cet homme réduit à quia et à l'état de vulgaire canidé. Mieux, Louis Leterrier parvient à rendre ce guerroyeur ingénu... crédible ! Une aubaine pour Jet Li. Le comédien avisé retiendra assidûment la leçon et campera, derechef, un rôle dramatique et mélancolique avec Le Maître d'Armes l'année suivante.

Note : 13.5/20

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