warrior

Genre : action, drame
Année : 2011
Durée : 2h20

Synopsis : Ancien Marine brisé, Tommy Conlon rentre au pays et demande à son père de le préparer pour un tournoi d’arts martiaux mixtes qui lui permettrait de gagner une fortune. Personne ne sait ce qu’il espère faire de cet argent. Le propre frère de Tommy, Brendan, décide lui aussi de s’engager dans la compétition pour essayer de sauver sa famille. Entre les deux frères, les années n’ont pas adouci les rancœurs. Immanquablement, les routes de Tommy et de Brendan vont bientôt se croiser. Au-delà de l’affrontement qui s’annonce, pour chacun, quelle que soit la cause qu’ils défendent, il n’est pas seulement question de remporter un prix, mais de mener le combat d’une vie…    

La critique :

Le cinéma a toujours apprécié et prisé ces boxeurs robustes et opiniâtres qui cherchent à s'accomplir à travers le Noble Art. Pléthore de films ont exploré cette thématique sociologique, notamment la franchise consacrée aux exploits sportifs de Rocky Balboa, Million Dollar Baby (Clint Eastwood, 2004), Raging Bull (Martin Scorsese, 1980), La Rage au Ventre (Antoine Fuqua, 2015), De l'ombre à la lumière (Ron Howard, 2005), Ali (Michael Mann, 2002), ou encore Fighter (David O. Russell, 2010). Vient également s'agréger Warrior, réalisé par Gavin O'Connor en 2011.
Le cinéaste, scénariste et producteur américain a débuté sa carrière cinématographique vers le milieu des années 1990 via un court-métrage, American Standoff (1994). On lui doit également Libres comme le vent (1999), Miracle (2004), Le prix de la loyauté (2008), Jane got a gun (2015) et Mr. Wolff (2016).

Inutile de le préciser, mais Warrior reste son long-métrage le plus proverbial, d'autant plus que le film a recueilli des avis presque unanimement panégyriques. Mieux, Warrior a même bénéficié d'une exploitation dans nos contrées hexagonales, mais se soldera par un bide commercial, coalisant péniblement 195 000 spectateurs dans les salles. C'est surtout par l'intermédiaire du support vidéo que le film va asseoir sa notoriété, se hissant parmi les meilleures séries B de baston.
De surcroît, Warrior peut s'enorgueillir de réunir un casting de qualité via la présence de Tom Hardy, Joel Edgerton, Frank Grillo, Kevin Dunn, Nick Nolte et Jennifer Morrison. Le casting mérite qu'on s'y attarde quelques instants. A l'époque, Tom Hardy n'est pas encore la star flamboyante de Mad Max : Fury Road (George Miller, 2015).

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Le comédien a tout d'abord débuté via des rôles subsidiaires. Les thuriféraires de l'acteur citeront aisément La Chute du Faucon Noir (Ridley Scott, 2001), Star Trek : Nemesis (Stuart Baird, 2002), Layer Cake (Matthew Vaughn, 2004), Marie-Antoinette (Sofia Coppola, 2006), Bronson (Nicolas Winding Refn, 2009), Inception (Christopher Nolan, 2009), The Dark Knight Rises (Christopher Nolan, 2012), ou encore La Taupe (Tomas Alfredson, 2011) parmi ses longs-métrages les plus populaires. Que soit. Pour interpréter le rôle de Tommy Conlon, Tom Hardy a dû prendre de la masse musculaire et s'aguerrir aux sports de combat.
C'est dans ce contexte qu'il s'initie à la boxe, au kick-boxing et au muay-thaï. Il suit assidument un régime protéiné et arbore un physique robuste et impressionnant pour les besoins du film (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Warrior_(film,_2011).

Et comment ne pas mentionner la présence de Nick Nolte, un acteur en résipiscence qui n'a jamais caché ses déboires avec l'alcool ? Justement, avec Warrior, le comédien trouve un rôle qui lui sied à ravir via ce père débonnaire et alcoolique impénitent. Attention, SPOILERS ! Ancien Marine brisé, Tommy Conlon rentre au pays et demande à son père de le préparer pour un tournoi d’arts martiaux mixtes qui lui permettrait de gagner une fortune. Personne ne sait ce qu’il espère faire de cet argent. Le propre frère de Tommy, Brendan, décide lui aussi de s’engager dans la compétition pour essayer de sauver sa famille. Entre les deux frères, les années n’ont pas adouci les rancœurs.
Immanquablement, les routes de Tommy et de Brendan vont bientôt se croiser. Au-delà de l’affrontement qui s’annonce, pour chacun, quelle que soit la cause qu’ils défendent, il n’est pas seulement question de remporter un prix, mais de mener le combat d’une vie…

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A fortiori, rien ne semble distinguer Warrior de la concurrence habituelle. A l'instar des autres séries B martiales et virulentes, Warrior se singularise par l'âpreté de ses pugilats en nous immergeant au sein des combats estampillés UFC ou MMA. Telle est la grande mode, depuis quelques années, des films d'arts martiaux qui pullulent dans les bacs à DTV (direct-to-video). D'autre part, Warrior repose sur un scénario basique et de facture conventionnelle.
Pour des raisons personnelles, deux frangins antagonistes décident de participer à un tournoi MMA. Que le meilleur gagne ! Mais Tommy et Brendan ne s'empoignent pas seulement pour le prix final, mais pour sauver leur honneur ou leur famille. Telle est, par ailleurs, la scansion laconique de l'affiche du film : "Se battre pour son honneur. Se battre pour sa famille".

Sous ses faux airs de série B indolente (environ deux heures et vingt minutes de bobine tout de même), Warrior ânonne bel et bien une rhétorique, celle de cette middle class américain tuméfiée par la vie. Ainsi, Brendan Conlon, un professeur de lycée, ne parvient plus à vivre de son métier ni de ses maigres subsides. Pour rembourses ses dettes, il doit donc exercer une activité subalterne, au grand dam de son épouse effarouchée. Quant à Brendan, le jeune homme fougueux et atrabilaire est toujours rattrapé par son passé de militaire un peu trop téméraire.
Bientôt, l'histoire tumultueuse des deux frangins devient la nouvelle égérie des médias américains. Les deux frérots, pourtant promis à une défaite sévère et expéditive, triomphent des meilleurs guerroyeurs du moment. 

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Dès lors, Warrior se polarise sur une triade familiale. Exempt Tommy et Brendan, Gavin O'Connor se centre également sur le paternel, Paddy Conlon, un alcoolique qui s'est fâché avec ses deux fistons pour des petites peccadilles. Indubitablement, Gavin O'Connor est un magnifique technicien et orchestre ingénieusement ses comédiens. Mieux, le cinéaste nous gratifie de séquences martiales éloquentes et insiste lourdement sur l'âpreté des combats. On assiste même à des saynètes émouvantes entre deux frères et leur patriarche. En dépit de ses bonnes intentions et de sa mise en scène apprêtée, Warrior n'est pas exempt de tout reproche. Premier constat, le film est parfois un brin longuet.
En sus, le long-métrage n'élude pas certains archétypes habituels. Sur ce dernier point, le spectateur hébété pourra tonner et clabauder, à raison, après une conclusion finale un peu trop angélique ; un dénouement en contradiction avec la rhétorique plutôt nihiliste du film. Car Warrior, c'est avant tout le portrait peu reluisant d'une Amérique anomique et de personnages atones qui retrouvent néanmoins un simulacre d'humanisme dans le sang et la sueur. Dommage que Gavin O'Connor n'étaye pas davantage cette thématique spinescente, sans quoi Warrior aurait pu aisément s'ériger dans le haut du panier.

Note : 14/20

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