death sentence

Genre : action, policier, drame (interdit aux - 12 ans lors de sa sortie en salles, interdit aux moins de 16 ans lors de sa diffusion à la télévision)
Année : 2007
Durée : 1h45

Synopsis : Entre sa carrière réussie et sa vie de famille épanouie, l'existence de Nick Hume est plutôt confortable. Pourtant, un soir, alors qu'il fait le plein d'essence avec son fils aîné, Brendan, la route de Nick va croiser celle d'un gang. Son fils n'y survivra pas. Bien qu'arrêté, le coupable, Joe Darly, est vite libéré. Pour Nick, il n'est pas question qu'il puisse s'en tirer ainsi. Ravagé par la douleur et assoiffé de vengeance, il décide de prendre les choses en main et de punir lui-même l'assassin de son fils. Après avoir abattu Joe, Nick tente de revenir à son ancienne vie auprès de sa femme, Helen, et de son fils survivant, Lucas. Nick croit que tout est fini, mais il a du sang sur les mains, et le grand frère de Joe, Billy, le chef du gang, est sur ses traces. Jusqu'où iront les deux hommes au nom de leur famille ? 

La critique :

Il faut sans doute remonter à l'orée des années 1970 pour voir apparaître les premières bribes du vigilante movie, à savoir cette quête de vindicte expéditive qui interroge à la fois sur la justice personnelle et sur notre société en déliquescence incapable de réfréner une criminalité et une violence exponentielles. En l'état, c'est sans doute le film L'Inspecteur Harry (Don Siegel, 1971) qui revêt les oripeaux de cette thématique épineuse via l'histoire d'un flic désabusé qui applique des méthodes peu chevaleresques. Trois ans plus tard, c'est au tour de Death Wish, aka Un Justicier dans la Ville (Michael Winner, 1974), de mettre en exergue un Paul Kersey (Charles Bronson) ulcéré par la mort de sa femme et le viol de sa fille. Cet ancien soldat de la guerre de Corée décide de reprendre les armes pour occire et massacrer les voyous dans une cité urbaine en plein marasme.

En raison de son succès commercial, Death Wish se transmute lui-même en une franchise cupide et mercantile et inspire de nombreux succédanés, notamment L'Ange de la Vengeance (Abel Ferrara, 1981), A Vif (Neil Jordan, 2007), Vigilante - Justice Sans Sommation (William Lustig, 1983), Exterminator - Le Droit de Tuer (James Glikenhaus, 1980), Justice Sauvage (John Flynn, 1991), ou encore Tir Groupé (Jean-Claude Missiaen, 1982). En raison de leur discours peu consensuel, tous ces longs-métrages sont tancés par les critiques et taxés de fascistes pour leur apologie d'une violence irrévocable. Vient également s'agréger Death Sentence, réalisé par James Wan en 2007.
Certes, le cinéaste a surtout érigé et façonné sa réputation dans le cinéma horrifique, mais le metteur en scène possède d'autres arguties dans sa besace. 

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En outre, James Wan n'a jamais caché son extatisme pour le cinéma d'action, en particulier pour le vigilante movie, un genre qu'il affectionne tout particulièrement. A l'instar des autres vigilante movies, Death Sentence interroge sur la notion de Justice mais aussi sur sa parfaite antithèse. Tout d'abord interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salles, le film écope finalement d'une interdiction aux moins de 16 ans "lors de sa diffusion sur France 2, le 25 août 2014 avec pour avertissement, en substance : "ce film peut être interprété comme faisant l'apologie de la vengeance et enchaîne les scènes de violence" (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Death_Sentence_(film,_2007).
La distribution du long-métrage se compose de Kevin Bacon, Kelly Preston, Garrett Hedlund, Aisha Tyler, John Goodman, Jordan Garrett, Stuart Lafferty, Matt O'Leary, Edi Gathegi et Leigh Whannell.

La même année, Death Sentence doit également se colleter avec un autre vigilante movie, A Vif (précédemment mentionné). Mais le film de Neil Jordan se soldera par un bide commercial malgré la présence d'une Jodie Foster hargneuse et atrabilaire. En l'occurrence, Death Sentence se veut beaucoup moins introspectif et moraliste sur le sujet, toujours spinescent, de la vengeance personnelle, et s'apparente davantage à une série B. Attention, SPOILERS ! 
Entre sa carrière réussie et sa vie de famille épanouie, l'existence de Nick Hume est plutôt confortable. Pourtant, un soir, alors qu'il fait le plein d'essence avec son fils aîné, Brendan, la route de Nick va croiser celle d'un gang. 
Son fils n'y survivra pas. Bien qu'arrêté, le coupable, Joe Darly, est vite libéré. Pour Nick, il n'est pas question qu'il puisse s'en tirer ainsi. 

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Ravagé par la douleur et assoiffé de vengeance, il décide de prendre les choses en main et de punir lui-même l'assassin de son fils. Après avoir abattu Joe, Nick tente de revenir à son ancienne vie auprès de sa femme, Helen, et de son fils survivant, Lucas. Nick croit que tout est fini, mais il a du sang sur les mains, et le grand frère de Joe, Billy, le chef du gang, est sur ses traces. Jusqu'où iront les deux hommes au nom de leur famille ? Premier constat, Death Sentence n'échappe pas aux poncifs et aux stéréotypes habituels. Objectivement, le personnage de Nick Hume (Kevin Bacon) n'est qu'un nouvel avatar de Paul Kersey. Lui aussi mène une vie pérenne entre réussite sociale, familiale et professionnelle, une épouse qu'il vénère et sacralise, et deux jouvenceaux un peu trop amènes.
Death Sentence, c'est tout d'abord ce couperet acéré qui s'abat insidieusement sur cette vie familiale à priori sans ambages.

Certes, Brendan, le fils aîné de la famille est carrément décapité dans une station-essence anonyme. Hélas, aux yeux de la justice, les preuves et les témoins oculaires ne sont pas suffisamment éloquents pour justifier une peine lourde de prison. Désarçonné, Nick Hume témoigne presque en faveur de l'agresseur. Mais le paternel enragé n'a pas vraiment pour aspérité de pardonner. Rongé par la douleur, le patriarche s'enfonce peu à peu dans une spirale de haine rédhibitoire.
En exécutant lui-même l'assassin de son fils, il s'engage sur une route escarpée et va devoir s'empoigner avec une bande de renégats et de jeunes forcenés. En dehors des archétypes habituels, Death Sentence n'élude pas non plus certaines incohérences. Par exemple, on pourra légitimement se demander comment un cadre aussi flegmatique se transforme, aussi subrepticement, en monstre meurtrier et sanguinaire.

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En sus, comment expliquer que cet homme, à fortiori sans histoire, manipule avec autant de dextérité des révolvers, des grenades et même des fusils à pompe ? Que soit. En dépit de ses habiles subterfuges, Death Sentence ne doit pas masquer l'idéologie prégnante qu'il abhorre en filigrane, à savoir cette Amérique post-11 septembre encore tuméfiée par les attentats terroristes. Dans Death Sentence, le meurtre trouve sa justification dans ce rituel morbide qui consiste à occire pour devenir un homme, à savoir ce chasseur et ce prédateur qui étrille et dilapide sans jamais sourciller.
Personne n'est en mesure de stopper la vengeance frénétique de Nick Hume. Pas même la police, encore moins la justice et son système bureaucratique. Pugnace, Nick Hume sacrifiera le reste de sa famille pour mener à bien sa quête inexpugnable de vengeance. Sur ce dernier point, James Wan nous gratifie de plusieurs saynètes éloquentes, notamment l'incroyable course poursuite dans un parking souterrain. In fine, comment ne pas évoquer la séquence finale ?
Misanthrope, James Wan brosse un portrait peu reluisant de l'âme humaine, à l'image d'un John Goodman qui exhorte Kevin Bacon à occire son propre fils... Au moins, Death Sentence a le mérite de ne pas péter plus que son derrière et évite de verser dans les moralines condescendantes... Sur la forme, Death Sentence ressemble donc à un énième vigilante movie scrutant et décryptant les écueils et les corollaires d'une spirale infernale, celle de la haine et de la violence...

Note : 14/20

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