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Genre : science-fiction, horreur (interdit aux - 12 ans)
Année : 2008
Durée : 1h34

Synopsis : Les deux plus mythiques franchises de la science-fiction, Aliens et Predator, reprennent leur combat sans merci. Cette fois, il sera impossible de leur échapper, leur terrain de chasse étant... la Terre. 

La critique :

1987. Une date fatidique et rédhibitoire pour le cinéma d'action et de science-fiction avec la sortie de Predator, réalisé par John McTiernan. Contre toute attente, ce survival, qui se déroule dans une jungle aventureuse, revisite à sa manière le script de Les Chasses du Comte Zaroff (Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel, 1934) ; à la seule différence que Predator confronte une petite escouade de militaires aguerris à un extraterrestre polymorphe qui se tapit quelque part dans la jungle.
Pour vaincre cet alien belliqueux qui collectionne les trophées humains en les suspendant à des arbres, Dutch (Arnold Schwarzenegger) et ses hommes doivent abandonner leurs armes à feu et poser des pièges rudimentaires. En résumé, pour occire cet extraterrestre dolichocéphale, Dutch et son aéropage devront retrouver leurs réflexes ancestraux, ceux du chasseur et plus précisément de l'homme de Néandertal.

Ce n'est pas un hasard si l'action du film se déroule dans une nature archaïque et tribale. Dès 1990, Stephen Hopkins relance les animosités avec Predator 2. Cette fois-ci, les belligérances opposent le Predator à un flic coriace et aux méthodes expéditives dans une cité urbaine (Los Angeles). Des trafiquants de drogue viennent également s'agréger aux inimitiés. Toutefois, en dépit de quelques petites nouveautés et renseignements élusifs sur les créatures bellicistes (entre autres, elles seraient déjà venues sur Terre dans un lointain passé...), Predator 2 s'apparente à une série B lucrative et ne parvient pas vraiment à transcender son sujet. Que soit.
Bien des années plus tard, Paul W.S. Anderson, un autre parangon du cinéma bis, décide d'adjoindre le Predator et l'Alien dans une pyramide enfouie dans les limbes de l'Antarctique.

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Ce sera AVP : Alien Vs. Predator en 2004. Hélas, cette confrontation, à priori titanesque, se solde par un échec artistique. Le film déçoit unanimement les critiques, ainsi que les thuriféraires des deux franchises (donc Aliens et Predator, au cas où vous n'auriez pas compris...). A contrario, AVP : Alien Vs. Predator rapporte suffisamment de pécune et de bénéfices pour justifier la mise en chantier d'un second chapitre, intitulé Aliens Vs. Predator : Requiem, et réalisé par Greg et Colin Strause en 2007. Cérémonieux, les deux frangins se sont écriés sur tous les toits : ils n'ont pas aimé le premier volet. Pis, ils estiment que Paul W.S. Anderson a dévoyé l'esprit et la genèse des deux créatures protéiformes.
Greg et Colin Strause ont bien l'intention de rectifier le tir via un second chapitre beaucoup plus éloquent et tonitruant.

Une assertion qui rassérène les adulateurs de la première heure. Reste à savoir si Aliens Vs. Predator : Requiem remplit - ou non - son office. Réponse à venir dans la chronique... En outre, le film n'établit pas les scores escomptés. Certes, en France, il coalise presque six millions de spectateur dans les salles. Mais aux Etats-Unis, le long-métrage est prestement évincé par le public. Corrélativement, les critiques et la presse spécialisée agonisent le film d'injures.
Non seulement, Aliens Vs. Predator : Requiem ne parvient même pas à ébranler le premier volet, mais il se révèle encore plus catastrophique que son triste devancier. 
Pour l'anecdote, Danny Glover, héros désenchanté de Predator 2, devait logiquement rempiler dans le rôle du sergent Harrigan. Mais le comédien, vaquant sur d'autres projets, décline poliment l'invitation. 

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Même remarque concernant Bill Paxton, pourtant atrocement mutilé dans Predator 2, qui doit logiquement réapparaît dans Aliens Vs. Predator : Requiem. Heureusement, cette idée saugrenue ne sera pas retenue. En l'occurrence, la distribution du long-métrage se compose de Steven Pasquale, Reiko Aylesworth, John Ortiz, Johnny Lewis, Kristen Hager et David Paetkau. Attention, SPOILERS ! (1) Alors que le vaisseau des predators quitte la terre avec à son bord des oeufs d'alien, une créature nouvelle jaillit du corps d'un de leurs congénères et l'astronef s'écrase sur terre dans une forêt, libérant ainsi sa monstrueuse cargaison !
Les predators envoient alors l'un des leurs rectifier l'erreur.
Mais entre-temps, le « predalien » et quelques aliens normaux prennent d'assaut la petite ville d'à côté. Va alors s'engager un terrible combat au milieu duquel les humains vont se retrouver, en charpie le plus souvent... (1).

Indubitablement, les frères Strause ont pour vocation, via ce nouveau chapitre, de s'approprier et de réinventer les sagas Predator et Aliens. Pour ce faire, ils créent une nouvelle créature issue du génome des deux monstres batailleurs. Ce sera le Predalien, une sorte de mutation génétique qui ne tarde pas à inquiéter, puis à courroucer un Predator guerroyeur. La chasse peut enfin commencer. Sur la forme, Aliens Vs. Predator : Requiem est probablement le volet qui ressemble le plus à Predator 2. A l'instar du film de Stephen Hopkins, la pellicule des frères Strause se déroule à son tour dans la ville. Mais cette fois-ci, point de guérilla urbaine entre des flics retors et des trafiquants de drogue écervelés. A défaut d'un militaire ou d'un sergent de police, il faudra se contenter d'un livreur de pizza au physique rachitique. Pourtant, durant ces dix premières minutes, Aliens Vs. Predator : Requiem fait vaguement illusion. 

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A peine débarqué sur Terre, le Predalien étripe un patriarche et son fiston à la lisière d'une forêt. Pour une fois, le cinéma hollywoodien n'épargne personne et n'hésite pas à massacrer la jeune progéniture sous le regard médusé des spectateurs. Malencontreusement, le film des frères Strause s'enlise prestement dans un scénario archaïque qui tourne invariablement dans le vide. De surcroît, Aliens Vs. Predator : Requiem brille avant tout par son néant abyssal et par l'absence totale d'intrigue. A l'instar de son prédécesseur, le long-métrage des frères Strause fonctionne un peu... beaucoup... énormément comme un jeu vidéo. Visiblement, les protagonistes humains intéressent assez peu les deux cinéastes. Ces derniers se focalisent essentiellement sur les échauffourées entre le Predator et le Predalien. Sur cette dernière créature, les deux frérots étaient attendus au tournant.

Hélas, on n'apprend rien ou presque sur ce monstre issu d'expériences scientifiques, si ce n'est qu'il assaille plusieurs parturientes dans un hôpital. Le monstre affectionne aussi les parties de baignade, les frères Strause poussant le vice jusqu'à proposer une saynète ubuesque se déroulant dans une piscine municipale !
On croit fabuler... Mais le désastre cinématographique n'est pas terminé, loin de là... De facto, Aliens Vs. Predator : Requiem s'apparente à un curieux maelström entre action, science-fiction et horreur. 
Résultat : Greg et Colin Strause signent un rejeton curieusement avarié qui se démarque par la laideur de sa mise en scène. Dans cet immense pugilat entre deux créatures mythiques et presque mythologiques, difficile de distinguer le Predalien du Predator et vice versa... et pour cause...
Puisque la grande majorité des saynètes érubescentes se déroulent dans la pénombre la plus arbitraire. Les séquences d'action sont donc totalement illisibles, au grand désarroi du spectateur ulcéré. 
Avec Aliens Vs. Predator : Requiem, Greg et Colin Strause réalisent le pire film des deux sagas réunies. Ce qui n'est pas un mince exploit à l'aune d'AVP : Alien Vs. Predator, Predator 2, Predators (Nimrod Antal, 2010) et d'Alien : Covenant (Ridley Scott, 2017). Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout...

Côte : Navet

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://www.abusdecine.com/critique/aliens-vs-predator-requiem