28 jours plus tard

Genre : horreur (interdit aux - 16 ans)
Année : 2002
Durée : 1h52

Synopsis : Un commando de la Protection Animale fait irruption dans un laboratoire top secret pour délivrer des dizaines de chimpanzés soumis à de terribles expériences. Mais aussitôt libérés, les primates, contaminés par un mystérieux virus et animés d'une rage incontrôlable, bondissent sur leurs "sauveurs" et les massacrent. 28 jours plus tard, le mal s'est répandu à une vitesse fulgurante à travers le pays, la population a été évacuée en masse et Londres n'est plus qu'une ville fantôme. Les rares rescapés se terrent pour échapper aux "Contaminés" assoiffés de violence. C'est dans ce contexte que Jim, un coursier, sort d'un profond coma...    

La critique :

Avant de devenir le cinéaste émérite bien connu des médias et du grand public, Danny Boyle a tout d'abord démarré sa carrière cinématographique via les planches théâtrales. Il devient même "le directeur adjoint de la Royal Court Theatre Company en 1985" (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Danny_Boyle). Par la suite, il s'aguerrit derrière la caméra en signant plusieurs téléfilms, par ailleurs inédites dans nos contrées hexagonales. Vers le milieu des années 1990, Danny Boyle réalise son tout premier long-métrage, Petits Meurtres entre Amis (1994).
Contre toute attente, cette première réalisation recueille les vivats et les acclamations de critiques unanimement extatiques. La presse spécialisé décèle chez ce metteur en scène une certaine dextérité et une véritable érudition derrière la caméra.

Impression corroborée par ses films suivants, notamment avec Trainspotting (1997), Sunshine (2007), 127 Heures (2010) et surtout Slumdog Millionnaire (2008), un long-métrage proverbial qui propulse le cinéaste au firmament du box-office. Vient également s'agréger 28 Jours Plus Tard, sorti en 2002, et qui vient accréditer le caractère à la fois éclectique et prolifique du metteur en scène britannique. Avant la sortie de 28 Jours Plus Tard, Danny Boyle ressort de son premier échec artistique, La Plage (2000), un métrage qui s'est certes soldé par un succès commercial, mais qui a suscité une certaine circonspection ainsi que les quolibets de la part de la presse spécialisée.
Que soit. Danny Boyle n'a jamais caché sa fascination pour le cinéma horrifique et requiert les talents d'Alex Garland pour griffonner le scénario du film.

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A l'origine, Danny Boyle et son cacographe songent à mettre en exergue des zombies capables de courir et surtout d'assaillir au sein d'une immense cité vidée de sa population. Telle est l'idée de départ de 28 Jours Plus Tard. Evidemment, Danny Boyle et Alex Garland possèdent d'autres arguties dans leur besace. Les deux comparses peaufinent un script qui renâcle davantage vers The Last Man On Earth, aka Je Suis Une Légende (Robert Fuest, Ubaldo Ragona et Sidney Salkow, 1964), soit une vieille pellicule horrifique qui se polarisait sur les tribulations du dernier homme sur Terre... Ou presque... Puisque le scientifique en déveine n'est pas tout à fait esseulé...
Puis le scénario de 28 Jours Plus Tard s'achemine vers une variation du roman Le Jour des Triffides de John Wyndham.

Le film de Danny Boyle reprend donc le concept d'un homme qui se réveille dans un lit d'hôpital et découvre un monde tuméfié et vidé de tous ses habitants ou presque... Au moment de sa sortie, 28 Jours Plus Tard se solde par un immense succès commercial, à tel point que le métrage se transmute en diptyque avec 28 Semaines Plus Tard (Juan Carlos Fresnadillo, 2007). Il serait même question d'un triptyque avec un hypothétique 28 Mois Plus Tard, mais à ce jour, le projet reste toujours sur la sellette. A fortiori, selon certaines critiques, 28 Jours Plus Tard serait la nouvelle égérie en matière de zombies décrépits. Reste à savoir si le long-métrage de Danny Boyle mérite de telles flagorneries.
Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution de ce premier chapitre se compose de Cillian Murphy, Naomie Harris, Megan Burns, Brendan Gleeson, Christopher Eccleston, Noah Huntley et Stuart McQuarrie.

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Attention, SPOILERS ! Un commando de la Protection Animale fait irruption dans un laboratoire top secret pour délivrer des dizaines de chimpanzés soumis à de terribles expériences. Mais aussitôt libérés, les primates, contaminés par un mystérieux virus et animés d'une rage incontrôlable, bondissent sur leurs "sauveurs" et les massacrent. 28 jours plus tard, le mal s'est répandu à une vitesse fulgurante à travers le pays, la population a été évacuée en masse et Londres n'est plus qu'une ville fantôme. Les rares rescapés se terrent pour échapper aux "Contaminés" assoiffés de violence. C'est dans ce contexte que Jim, un coursier, sort d'un profond coma...
Il découvre alors une cité en déshérence ou presque... Puisqu'il est bientôt poursuivi par des créatures anthropomorphes et anthropophages...

Sur sa route, il va bientôt être suppléé par quelques survivants isolés, notamment Marc, Hannah et Selena. Vous l'avez donc compris. Certes, à l'époque, 28 Jours Plus Tard a séduit et flagorné les néophytes du cinéma horrifique. A contrario, le film de Danny Boyle n'invente rien et reprend, à sa sauce, les vieilles recettes éculées de jadis, néanmoins avec une certaine sagacité. Autant l'annoncer de suite. Non, 28 Jours Plus Tard n'est pas cette oeuvre iconoclaste et novatrice qu'elle prétend être. Cependant, le film de Danny Boyle s'approprie tous les schémas et tous les codes narratifs inhérents aux vieux classiques horrifiques de jadis. Derechef, impossible de ne pas songer, un instant, à The Last Man On Earth, à la seule différence que Jim n'est pas un scientifique.
De surcroît, le film élude l'écueil de sombrer ou de s'appesantir sur un éventuel vaccin ou remède chimérique.

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Sur la forme, 28 Jours Plus Tard s'apparente à un film de survie dans un monde tuméfié et surtout envahi par des hordes de contaminés, un peu à la manière de La Nuit des Morts-Vivants (George A. Romero, 1968) en son temps. A contrario, Danny Boyle n'a pas pour velléité de transmuer sa production horrifique en une longue emphase ou dénonciation politique. Avant tout, le cinéaste recherche l'efficacité et ce sentiment de nocuité qui peut happer à la gorge à n'importe quel instant. 
C'est sûrement la raison pour laquelle 28 Jours Plus Tard repose sur cette impression d'immersion et de promptitude. Malicieux, Danny Boyle segmente son oeuvre en trois actes bien distincts. Le premier se polarise amplement sur le périple solitaire de son personnage principal. C'est indubitablement la partie la plus réussie du film.

Par la suite, 28 Jours Plus Tard arbore un visage beaucoup plus conventionnel. Non, Jim n'est pas le dernier homme sur Terre. Jim et ses nouveaux comparses doivent alors survivre et surtout éviter les assauts répétés de morts-vivants cannibales. C'est la seconde partie du film. A contrario, la troisième et dernière section est aux antipodes des deux précédentes. Dès lors, Danny Boyle transmute sa pellicule en huis clos militaire et anxiogène. Si l'idée se révèle plutôt perspicace, le film perd, à contrario, de sa célérité pour adopter une tonalité beaucoup plus comminatoire et anxiogène.
Personne ne viendra secourir Jim, Hannah et Selena d'un sort mortifère. Que ce soit le gouvernement ou encore l'armée, tout le monde semble démuni face à cette situation eschatologique. Sur ce dernier point, l'épilogue final paraît un brin angélique surtout à l'aune d'une oeuvre profondément torturée. En outre, 28 Jours Plus Tard justifie surtout son visionnage pour sa mise en scène âpre, réaliste et à la limite du documentaire. Dommage, par ailleurs, que Danny Boyle se montre aussi policé et ne nous gratifie pas davantage de saynètes gore et sanguinolentes.
Indiscutablement, le cinéaste possède un matériel solide qu'il exploite parfois avec une once de frilosité. 
A nos yeux, 28 Jours Plus Tard n'est donc pas cet uppercut asséné, ni ce choc fatidique louangé par une presse un peu trop dithyrambique. Force est de constater que le metteur en scène n'exploite que partiellement son sujet, ainsi que son récit aux allures apocalyptiques. En résulte un bon film de genre, à la fois probe et recommandable. En l'état, ce n'est déjà pas si mal...

Note : 13.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver