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Genre : horreur, gore (interdit aux moins de 12 ans)
Année : 2008
Durée : 1h22

Synopsis : Pris au piège dans une station service par un parasite qui transforme ses hôtes en d'horribles créatures épineuses, un jeune couple et un prisonnier en cavale doivent trouver un terrain d'entente pour échapper à une mort atroce... 

La critique :

Le nom de Toby Wilkins ne risque pas vous évoquer grand-chose et pour cause... Puisque le cinéaste britannique s'est essentiellement spécialisé dans les courts-métrages. Ainsi, sa carrière cinématographique débute à l'orée des années 2000 via plusieurs courts-métrages (The Unbreakable Likeness of Lincoln en 2000, I lost 20 Ibs in two months, ask me how en 2002, Starring at the sun en 2005, Tales from the Grudge en 2006 et Kidney Thieves la même année), par ailleurs inconnus au bataillon et en particulier, dans nos contrées hexagonales.
Seul The Grudge 3, sorti directement en vidéo (DTV) en 2008, fait figure d'exception. Par ailleurs, ce direct-to-video n'est pas l'immondice subodorée par certaines critiques. Contre toute attente, The Grudge 3, à défaut de marquer durablement les persistances rétiniennes, est un film d'épouvante plutôt fréquentable, surtout à l'aune de ses tristes prédécesseurs.

Toutefois, pas de quoi pavoiser non plus... En outre, Toby Wilkins affectionne tout particulièrement l'univers foisonnant et exhaustif du cinéma bis horrifique. Impression accréditée par Splinter, réalisé en 2008 et lui aussi sorti directement en dvd. Ce long-métrage d'épouvante est un curieux maelström entre le film de contamination exponentielle, le genre zombies décrépits et un hommage non dissimulé à toutes ces séries B horrifiques et science-fictionnelles de naguère.
Par certaines accointances, la tonalité comminatoire et mortifère de Splinter n'est pas sans évoquer des pellicules telles que La Chose d'un Autre Monde (Christian Nyby, 1951), La Nuit des Morts-Vivants (George A. Romero, 1968) ou encore un peu plus récemment Le Blob (Chuck Russell, 1988). Reste à savoir si Splinter justifie ou non son visionnage. 

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Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Nanti d'un budget famélique, cette série B d'épouvante coalise seulement quatre acteurs : Shea Whigham, Paulo Costanzo, Jill Wagner et Rachel Kerbs. La distribution mérite qu'on s'y attarde au moins quelques instants. En l'occurrence, Shea Whigham est un comédien qui a surtout officié dans des rôles subsidiaires. On a notamment pu l'entrevoir dans Tigerland (Joel Schumacher, 2000), Petits suicides entre amis (Goran Dukic, 2006), Fast and Furious 4 (Justin Lin, 2009), Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans (Werner Herzog, 2009), ou encore Happiness Therapy (David O. Russell, 2012).
Quant à Paulo Costanzo, la carrière de l'acteur canadien est hélas beaucoup moins prolifique via des rôles subalternes dans Road Trip (Todd Phillips, 2000), Docteur Dolittle 3 (Rich Thorne, 2006) et 40 Jours et 40 Nuits (Michael Lehmann, 2002).

Même remarque concernant Jill Wagner qui a surtout officié pour le petit monde de la télévision via plusieurs séries télévisées notables et notoires (entre autres, Monk, Bones et Stargate Atlantis). A fortiori, rien ne prédestinait Splinter à s'inscrire parmi ces séries B notables et proverbiales. Pourtant, le film a bénéficié d'une exploitation et d'une distribution à travers différents festivals, notamment à Gérardmer en 2009, dans lequel le métrage s'est illustré.
A défaut de remporter la moindre récompense, cette oeuvre d'épouvante est plutôt bien accueillie par le public. Mieux, Splinter recueille les vivats et les acclamations de critiques unanimement dithyrambiques. Mais ne nous égarons pas et revenons à l'exégèse du film. Attention, SPOILERS ! (1) Seth et Polly ont décidé de faire du camping mais leurs efforts pour monter la toile de tente s’avèrent infructueux.

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Aussi, ils décident de reprendre la route. C’est à ce moment qu’ils vont croiser le chemin d’un autre couple qui les prend en otage. Tout ce petit monde se réfugie dans une station-service déserte alors qu’une étrange menace semble contaminer les environs… (1) Comme nous l'avons déjà précisé, Splinter s'apparente à une sorte d'anthologie horrifique citant à la fois des films tels que Tremors (Ron Underwood, 1990), La Chose (John Carpenter, 1982) et Zombie (George A. Romero, 1978).
Indubitablement, Toby Wilkins connaît par coeur ses classiques et réalise une pellicule éparse et protéiforme, mélangeant allègrement huis clos, horreur, film de contamination et morts-vivants particulièrement agressifs. Heureusement, le cinéaste parvient aisément à se débarrasser de toutes ses augustes références pour réaliser une nouvelle forme d'inoculation.

En l'occurrence, la créature de Splinter correspond à une molécule parasitaire qui s'empare du corps et du cerveau de ses hôtes pour les métamorphoser en créatures épineuses, hargneuses et sanguinaires. Point besoin de morsure pour être contaminé... Hélas, le moindre contact physique avec le parasite débouche, inéluctablement, sur une transformation impossible à endiguer. Contrairement à John Carpenter et à George A. Romero à leur temps, Splinter n'a aucune aspérité politique ni idéologique. Bien conscient de la frugalité de sa pellicule, Toby Wilkins cherche avant tout à signer un film probe, effrayant et d'une efficacité étonnante. Contre toute attente, on se surprend à trembler, à frémir et même à tressaillir devant les assauts répétés de la créature parasitaire, d'autant plus que Toby Wilkins se montre plutôt magnanime en termes d'action, de gore et de saynètes érubescentes.

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D'une durée académique d'une heure et 22 minutes de bobine, le long-métrage va directement à l'essentiel. De surcroît, le cinéaste britannique élude l'écueil des poncifs et des stéréotypes habituels. Pour une fois, les héros principaux sont des personnages crédibles et plutôt charismatiques. Il faudra donc composer avec un couple de ravisseurs qui cherchent avant tout à passer la frontière, et d'un autre couple en déveine. Flanqué d'un budget impécunieux, Toby Wilkins nous gratifie d'une série B efficace et tout à fait recommandable. Toutefois, rien de sensationnel non plus.
Il manque tout de même à cette série B polymorphique une ou plusieurs saynètes réellement terrifiantes pour estourbir durablement les esprits. Splinter a au moins le mérite de ne pas péter plus haut que son derrière et devrait ravir les thuriféraires du cinéma bis. En l'état, c'est déjà pas mal. Chronique courte aujourd'hui, mais sincèrement, je ne vois pas quoi dire de plus sur ce film.

 

Note : 12.5/20

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(1) Synopsis du film sur : http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1850&NamePage=splinter-cine-gerardmer-2009